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Les crises d’excitation

Enfin les agitations motrices peuvent être encore plus diffuses, encore plus incoordonnées.

A propos de quelque effort impuissant de la volonté ou de l’attention, ou à propos d’une légère émotion, les voici qui se lèvent tout d’un coup, qui renoncent à leur travail en déclarant qu’ils en sont définitivement incapables ou même qui interrompent une manie mentale, une rumination interrogative, par exemple, et qui se livrent à une agitation désordonnée. Nadia veut essayer de me jouer un morceau de piano, elle s’arrête au bout de quelques mesures, mécontente d’elle-même et recommence; même arrêt au même point, même recommencement; puis elle s’impatiente, se livre à son bavardage ordinaire de formules et de pactes « si je ne joue pas bien ce morceau tout entier, je veux mourir ce soir... si je ne le joue pas bien c’est à cause de moi que ma mère est morte, etc. ». Maintenant l’agitation, de mentale qu’elle était devient physique; la malade se lève, jette sa musique, et alors la voici qui va et vient dans la pjèce, renversant les meubles, jetant les coussins, cassant les vases. Au moment le plus fort de sa maladie, elle brisait beaucoup d’objets et semblait dans un état de fureur

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maniaque, en apparence dangereuse a approcher. En réalité elle n’a jamais fait de mal à personne, et même elle ne brisait que des objets insignifiants ; de même que Claire dans ses crises d’efforts, elle restait toujours capable de s’arrêter au point qui lui semblait nécessaire et de cesser brusquement s’il entrait une personne à qui elle ne voulait pas se montrer dans cet état.

Ces crises d’agitation ne sont pas rares chez les scrupuleux et peuvent se présenter sous différentes formes. Chez Tf..., homme de 32 ans, ce sont des crises de tremblement ou « un besoin fou de casser de la vaisselle ». Chez IIo. ..(99), fillette de i3 ans, ce sont d’abord des tics divers qui se mêlent, se répètent : elle met les doigts dans son nez, ronge ses ongles, se frotte le ventre, puis des contorsions de tout le corps, puis des cris de toute espèce qu’elle ne peut pas retenir, dit-elle « c’est comme si j'avais le devoir moral de me secouer, de crier ». M. Dubois de Saujon décrit de même « un tiqueur si agité qu’on eût pu croire à une chorée suraiguë1 ». M. Pitres2 décrit aussi des tics convulsifs généralisés qui, dit-il, ont reçu différents noms, chorée électrique de Hénoch-Bergeron, électrolepsie de Tordeus, névrose convulsive rhytmée de Guerlin. Plusieurs des malades précédents pourraient être rapprochés de ces descriptions, car ils ressemblent à ce moment à des choréiques extrêmement agités.

D’autres, comme Lkb..., femme de 28 ans, tourmentée par une obsession du suicide, Sv — femme de 29 ans^ qui a une obsession d homicide, Al... (39), Kn... (3y), vont, viennent, sautent, gesticulent, crient et cassent tout; puis elles finissent par se précipiter sur leur lit, ou même par tomber à terre et se tordent dans tous les sens comme en proie à une grande crise convulsive.

Dans quelques cas la ressemblance de ces agitations avec une crise d’hystérie devient si grande que, à la simple inspection, le diagnostic est impossible. Qes..., obsédée, comme on l’a vu, par 1 idée de tuer sa mère, prétend résister à l obscssion en se jetant par terre et en faisant des contorsions. Avant qu'elle n’entrât à l’hôpital, cet acte avait visiblement son cachet, on voyait bien qu’elle ne perdait pas conscience, qu elle se couchait elle-même

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