I. Ibid., p. 585, 5^9, 59a
a. Ibid,, p. 55, 65, 595, 596.
LBS OBBBSSIOflS. II. — b
XVIII LfiS OBSESSIONS ET LA PSYCHASTHfiNIE
tout a fait absurdes. Cela r^sulte de plusleurs faits tres simples qui caract6risent cette maladie. Les obsessions out, a notre avis, UD point de depart r^el dans la diminution de la .volont^, de la croyance, de I'^motion : c'est pourquoi comme ielles portent toujours sur des id^es de maladie, de honte et de crime, elles restent, par quelque cot^, raisonnables. Quand une malade nous a d^crit tons ses sentiments d'automatisme, en rapport avec des ph6nomenes d*aboulie que nous avons r^ellement observes et qu'elle ajoute avoir, malgr^ elle, Tid^e de se jeter par la fenetre, nous ne voyons pas de contradiction trop grande entre cette id^e et son ^tat mental et nous ne la trouvons pas compl^tement absurde. Le d^faut d*absurdit6 tient encore a ce fait que le trouble mental du psychasth^nique est un abaissement g^n^ral des fonctions psychologiques, sans qu'il y ait beaucoup de ce r^tr^cissement du champ de la conscience que Ton rencontre chez d'autres malades. C*est pourquoi Tobs^d^ ne va jamais au terme de ses id^es : bien qu'il aitlamanie de rechercher toujours Textr^me, il n*ajoute jamais, a une conception, cette affirmation precise, cette execution reelle, cette hallucination complete qui la mettraient franchement en contradiction avec la realite et qui constitueraient Tabsurdit^. Pour etre absurde, il faut aller jusqu'au bout d*une id^e: les plus grosses sottises, exprimees avec doute, rencontrent toujours aupres de nousTindulgence ; or le psychasth^nique doute.toujours. Enfin, nous trouvons, dans son 6tat d'esprit, une troisieme raison qui nous explique pourquoi les obsessions sont si rarement tout a fait absurdes : c'est que Tabaisscment du niveau mental n*a enlev6 que les operations superieures de Tesprit, celles qui demandaient une haute tension, Taction reelle ou la croyance, et qu'il laisse subsister intactes, souventmenxe tres developpees, les operations inf^rieures, de basse tension, comme la m^moire ou le raisonnement. Le psychasth6nique est loin d'etre un imbecile ou un confus et, tant qu'il s'agit de pures id^es exprimees par le langage, il se garde bien des contradictions flagrantes et des absurdites grossieres. II est Evident que, si Ton constate une veritable absurdite dans les propos du malade, il est presque toujours prudent de se m^fier et de se demander si une autre maladie mentale n'est pas sur le point de se developper.
Onremarque encore, a ce propos, que les id6es obs^dantes sont tout a fait en opposition avec les tendances normales du sujet. Ton ajoute que c'est la ce qui cmpeche ces id^es de se r6aliser et ce