I. iKévroses et Idées fixes ^ II, p
malade toute cette semaine et en revenant vous voir j^avais Timpression de sortir de chez vous, je ne puis pas me figurer qu*il y a huit jours d^écoulés... Pendant mes périodes de maladie, le temps est toujours très court... s'il existe... ou plutôt je n'en sais rien, il me semble qu'il n'y a plus de temps quand je suis très malade... » M. Fouillée disait déjà « même chez l'homme, il y a des cas maladifs où toute notion du temps semble disparue, où l'être agit par vision machinale des choses dans l'espace sans distinction du passé et du présent' ».
On explique ordinairement ces faits en disant que le sujet s'absorbe dans le sentiment du présent. Quoiqu'il soit difTicile d'avancer sur ce point autre chose que des hypothèses je serai disposé à dire que mes malades perdent la notion du temps d'une manière bien plus complète, parce qu'ils perdent le sentiment du présent. Pendant la durée de leur crise, quand la perception ne donne que de l'irréel ou du passé, ils n'ont point le sentiment du présent, c'est du moins ce qu'expriment des malades comme Bei. . . et Lise « qui sont dans un rcve et ne sentent plus le temps s'écouler ».
Ces modifications du sentiment du temps prendront plus tard une grande importance, nous ne pourrons ici que les signaler et attirer l'attention sur elles.