‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 121 sur 288 · Sentiment de dédoublement · texte numérisé non relu

Sentiment de dédoublement

uble du sentiment de la personnalité déjà plus prosentiment de division, de dédoublement : on le 5 communément. Moreau (de Tours) remarquait fréquent dans les monomanies ^ Krishaber le siirs reprises : « Une idée des plus étranges qui s'im- Bsprit malgré moi, dit un de ses malades, c'est de uble, je sens un moi qui pense et un moi qui Je me fais l'effet d'être double, je sens comme qui se combattent, dit également un malade de 'une qui est bien mienne, qui cherche à raisonner es, l'autre qui me serait en quelque sorte imposée s toujours. »

un sentiment de dédoublement plus ou moins ac- >rès chez tous mes malades et je pourrais présenter ic d'exemples. Je signale seulement quelques valénomène. « On me discute en dedans, c'est comme moi deux personnes. » (Pr... 210) « Je renferme le raisonnable et l'irraisonnable qui luttent constamtr© l'autre. » (Za... 216) « Je suis comme dédoublé, en spectacle à moi-même. » (Nah...) « Pourquoi ble » (Ver...) « Depuis la fin de ma grossesse, tout nouveau et étrange et il me semblait que je deve- » (Dd...) 18) (( C'est comme s'il y avait en moi pense sur la vie un tas de choses auxquelles je ne , l'autre répète : pourquoi faire toutes ces bêtises m

Tours), Psychologie morbide, iSSg. p. ao8. a névropathie cérébro-cardiaque, observ. 6. is cliniques sur les maladies mentales, 1896, p. ia5

Dob... donne de ce dédoublement une expression matérielle qui si elle était générale nous conduirait à faire jouer un rôle à la dualité des hémisphères. « J'éprouve un sentiment qui me fait horreur, je marche comme dans un rcve, ma tête me semble nettement divisée en deux parties Tune tout entière plongée dans rinertie la plus profonde, dans une sorte de rêve, à tel point que rœil de ce côté me semble fixe, Tautre partie reste lucide et m'appartient seule ; c'est insupportable. »

Lise se sent toujours l'esprit dédoublé en plusieurs personnes et elle sent toujours en elle-même plusieurs pensées qui se déroulent simultanément et indépendamment. « Il y a toujours, dit-elle, une partie de mon cerveau qui est libre et qui fait ce qu'elle veut. Je ne parle jamais sans avoir une autre idée en tête. J'ai toujours le besoin de penser à trente-six choses h la fois, une ne me suffît pas. » Elle va jusqu'à dire que la nuit elle ne dort jamais complètement. « Quand je dors tout ne dort pas. Il y a un côté qui ne dort pas, qui ne sait à quoi penser et qui s'ennuie. 11 en résulte que les deux côtés de la tête se disputent. Si je pense à maudire Dieu, une partie de l'esprit l'accepte et l'autre pas et je ne sais plus laquelle à raison. » Quand elle va mieux elle est tout étonnée de ne plus avoir deux idées à la fois et cela la gêne. Cela est si vrai et si curieux, qu'elle se réveille en sursaut la nuit, comme nous l'avons déjà vu, sentant qu'il y a en elle quelque chose d'anormal parce qu'elle dort tout entière.

Si Lise ne parle jamais que de deux personnes, il n'en est pas de même de Claire. Pour elle la personne d'autrefois est absolument disparue, elle est partie, c'était la bonne. « 11 me semble qu'elle n'existe plus en moi, qu'elle pleure à côté de moi, qu'elle est en délire, ma vraie personne n'arrive plus à se rendre compte des choses. Pour remplacer cette vraie personne il en est survenu une autre, moins bonne, qui a cédé le pas à une troisième, à une quatrième. Il s'est formé au moins six personnes, des bonnes et des mauvaises qui se présentent simultanément ou successivement, qui se manifestent par des voix, qui se traitent réciproquement de Judas. » Trois de ces personnes lui paraissent assez précises, les autres sont vagues, on ne sait ce qu'elles pensent. En général elles se disputent et ne pensent jamais toutes la même chose. Pour accepter complètement une action ou une idée il lui faudrait la faire accepter par les six personnes et elle se répète cette idée autant de fois qu'il y a de personnes.

:S PSYCFUSTHÉNIQUES

le. Elle n'arrive jamais au bout parce intercalent, a C'est pour cela, ditais acceptée complètement, il me s personnes qui ne Tont pas comc dédoublement étrange existe aussi e sommeil il y a moins de personnes,-

mais elles rêvent toutes les quatre t le rêve est si loin et si vide qu'on e autre dont le rêve est vague mais proche : c'est la plus mauvaise. »

semble qu'elle remonte en supprirécemment formées, c'est ce qu'elle les. » On peut les « passer physiive l'état de sensibilité organique qui j personne antérieure; mais il est bien moralement », c'est-à-dire d'unifier ujours plusieurs qui se disputent, nal, quand elle descend, elle reprend

j'avais en moi deux personnes qui is, maintenant il y en a six ou huit. » vation très complexe on remarque a vraie personne pleure à côté de raconte immédiatement une foule de si sa vraie personne en dehors d'elle, hors (( jolie, aimable, vive, bonne, est une figure si différente de ce que

souvent elle se voit triste : sa vraie ;me. Ces hallucinations bizarres qui e en dehors sont fréquemment citées

dépersonnalisation. Le malade agois se voyait à quelques mètre en rnard Leroy cite une malade « qui se h trois ou quatre mètres... en même I d'être comme transportée en dehors ui semblait qu'elle assistait comme it de ses propres états de conscience IX d'une personne étrangère*. » J'ai isions ce que je pensais des halluci-

\u]uc, i8g8, II, p. 161.

nations du scrupuleux, elles sont incomplètes et manquent de réalité. Le sujet « croit se voir pleurer en dehors, il n'en est pas sûr ; il lui semble qu'il devrait être en dehors h pleurer sur lui-même ». Ces images sont des symboles plus ou moins précis, plus ou moins vivement colorés que le sujet, en vertu de ses manies de précision et de symbole, s'efforce de concevoir pour exprimer ce sentiment de dédoublement : le sentiment luimême reste le phénomène essentiel.

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