‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 127 sur 288 · Les mouçements subconscients · texte numérisé non relu

Les mouçements subconscients

Un autre phénomène que l'on est tout disposé h rechercher chez les scrupuleux c'est le mouvement involontaire et subconscient dont le type idéal est l'écriture automatique des médiums. Les malades parlent comme s'ils constataient sans cesse en eux des phénomènes de ce genre « j'agis sans me faire d'idées de ce que je fais, dit Ver..., mes mains s'occupent, ce n'est pas moi qui m'occupe, » ces malades parlent certainement d'automatisme beaucoup plus que les médiums eux-mêmes.

Mais la vérification expérimentale ne correspond pas du tout à cette apparence, j'ai essayé sur un grand nombre de ces sujets psychasthéniques de reproduire les expériences classiques qui consistent h deviner le nombre qu'ils pensent par le mouvement de leurs doigts, les expériences du pendule enregistreur, de l'écriture automatique au moyen de la tablette, etc. : dans la grande

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résultats sont absolument nuls. Exceptionuelques gestes suggérés à l'état de veille 'oublie pas sa main, elle la sent remuer et )urs l'arrêter quand elle veut et il y a beaudans son obéissance. Claire dit toujours rendre compte; mais certainement cela ne e veux le vérifier. Elle obéit un peu aux ;, elle y a quelques mouvements en appai doigt, mais comme Lise elle peut toujours 3ndre : la subconscience n'est jamais coraî question doit être généralisée en cherint chez ces malades les phénomènes d'hyption.

- Le sommeil hypnotique.

étudier cette question de l'hypnotisme chez {ue soin, car la plupart des malades récla-

suggestion hypnotique comme le remède t ils s'y prêtaient de la meilleure foi du

désir de se laisser endormir; sur quelquespu prolonger les essais pendant trois et linsi dire sans interruption, meil hypnotique? Ici il faut faire attention , les scrupuleux sont des individus chez

en nuances et en mesures. Si l'on cherche le véritable et complet, un somnambulisme îr deux choses : i° pendant l'état de somnt intellectuel suffisant pour que le sujet Dins comprendre la parole et agir en conforn sans se réveiller; 2° un oubli complet au

le les obtient jamais chez les scrupuleux, les plus complètes est celle de Lise. Les es cinq ans tous les huit jours, nous verrous î raison. Aujourd'hui encore elle n'est pas hénomcne caractéristique l'oubli du somli existe un peu, les souvenirs sont confus, l'elle ne fasse aucun effort pour les recherîrche, ses souvenirs se précisent et réappa-

raissent fort bien. Et encore cet oubli léger dont elle se contente n'a commencé à apparaître qu'à la 53* séance.

Quant à cette hypnose elle-même, elle consiste simplement en un engourdissement dans lequel le sujet a de la peine à remuer, à ouvrir les yeux. Cet état ressemble à ce que Lise éprouve spontanément quand elle retombe dans une idée fixe, dans une rumination en pensant au démon. Mais ce qui est caractéristique, c'est qu'elle peut triompher de cet engourdissement; si elle y tient, elle peut faire un effort volontaire et arriver à ouvrir les yeux ; elle peut aussi par un effort remuer et parler. Mais alors ces mouvements, et la parole surtout, la réveillent, si bien qu'elle se plaint d'être troublée, si je veux la faire parler pendant qu'elle dort. Ajoutez que l'esprit reste lucide, qu'elle ne perd jamais conscience et continue à se surveiller pendant l'hypnose.

Dans ce cas cependant il y a quelques phénomènes d'hypnose intéressants obtenus par une prolongation extraordinaire des essais : il y a un engourdissement notable, non seulement des mouvements mais, ce qui est plus curieux, des idées. La malade a de la peine à retrouver ses idées fixes et a les décrire, il y a des choses qu'elle ne peut pas arriver h exprimer dans cet état et qu'elle exprime bien étant réveillée, elle conserve même quelques heures après la séance un certain engourdissement et une légère envie de dormir. Enfin cet état est devenu chez elle assez habituel pour se reproduire sur un signe, par exemple quand je lui mets la main sur le front.

Chez les autres malades je n'obtiens même pas ce résultat incomplet. Lod... a à peine les paupières un peu tremblantes, rien de plus, aucun engourdissement ni des mouvements, ni des idées, bien entendu aucun trouble de la mémoire. ChezWe... petit début d'engourdissement après une vingtaine de séances, aucun oubli après la séance. Chez On..., chezTr..., rien de plus. Mb... s'endort un peu plus, mais ne présente pas d'oubli. Kl... arrive à une somnolence très incomplète avec persistance des souvenirs.

Chez Claire, les essais sont diiliciles, elle est si longue à faire aucun acte, qu'elle est interminable a-vant d'accepter qu'on essaye de l'endormir; elle voudrait me parler auparavant, dire ce qui lui charge la conscience en commençant par le commencement. Ce récit, à supposer qu'elle puisse le faire, serait interminable, puis elle a des craintes sur ce qu'elle dira pendant le sommeil, des scrupules sur l'hypnose qui retardent les essais. Enfin à force de

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LES STIGMATES PSYGHASTHÉNIQUES

;e je suis parvenu h essayer sérieusement au moins 3o 5 qui serait largement suflisant pour hypnotiser complèteme personne un peu prédisposée : les résultats sont insits : tête lourde, quelques tremblements des paupières, un

résolution des membres, le tout cesse dès qu'elle veut se r, même sans mon ordre.

insuccès vraiment considérable dans Thypnotisme des leux tient-il uniquement a la façon dont j'ai dirigé les ese ne puis pas le croire, quand je mets en face de ces îs le nombre aujourd'hui très considérable d'hystériques i pu amener à tous les degrés possibles du somnambulisme, rait donc là un premier fait, c'est que le même auteur, en ant de la même manière, détermine l'hypnotisme comme il ; chez les hystériques en quelques séances, très souvent en Lile, et qu'il ne parvient h rien chez les scrupuleux même en ) cent séances comme dans le cas exceptionnel de Lise. Mais )lus à dire, le hasard a fait que beaucoup de mes malades ant, soit après avoir été étudiés par moi, ont passé entre les de plusieurs de mes confrères qui ont fait les même tenta- ^uelques-uns ont essayé de se faire illusion en appelant bisme n'importe quel engourdissement, mais toutes les lie j'ai pu avoir des renseignements précis, j'ai constaté un d'eux n'avait rien obtenu de plus que moi. r ne citer qu'un exemple Jean a été longtemps soigné par montpallier qui avec une grande confiance a fait tous ses pour l'hypnotiser ; après des essais très nombreux montpellier a été obligé de dire au malade a qu'il avait t trop vagabond pour arriver au sommeil provoqué ». marqué aussi que les auteurs qui ont une grande pra-

de l'hypnotisme, comme M. Bernheim, se montrent » et devinent rien qu'à l'allure et au récit de ces malades ne sont pas hypnotisabics. Dans quatre de mes observations rnheini a habilement refusé de tenter un traitement par otisme : je ne dis pas qu'il ait eu raison au point de vue eutique, ces essais d'hypnotisation peuvent avoir, comme e verrons plus tard, des résultats utiles ; mais au point de ientifique je trouve qu'il a complètement raison en consi- . ces malades comme rebelles au sommeil hypnotique.

recherches sur ce point, je suis heureux de le constater, >ut à fait d'accord avec les conclusions auxquelles MM. Pitres

et Régis sont parvenus. « D'une façon générale les obsédés présentent cette particularité curieuse que, très sensibles à l'action de la suggestion ordinaire, au réconfort moral du médecin, ils sont rebelles à la suggestion hypnotique qui n'a pas souvent prise sur eux. Ils ressemblent encore en cela aux neurasthéniques qui se trouvent momentanément soulagés et même guéris de leurs maux par une simple visite du médecin et qui ne sont pas d^habitude hypnotisables ^ »

Il est vrai que quelques auteurs, en très petit nombre, ont publié des observations de sommeil hypnotique déterminé chez des agoraphobes ou des obsédés. M. Bérillon en a signalé^ plusieurs, M. Auguste Voisin surtout en a décrit un très grand nombre au congrès de Psychologie tenu à Munich en 1896^: « Phobies et manies multiples, habitudes de religiosité, améliorations par la suggestion hypnotique. — Manies et phobies multiples, craintes de manquer à des promesses, sommeil absolu à la 2° séance, guérison à la /|** séance. — Agoraphobie, claustrophobie, peur des chemins de fer et des voitures, sommeil hypnotique en une séance, guérison en 3 séances, etc.. » J'avoue que je suis resté très étonné en entendant ces communications.

Ces opinions opposées ne me paraissent pouvoir s'expliquer que de deux façons. Ou bien les auteurs, uniquement préoccupés du point de vue thérapeutique, ne se sontpas inquiétés de préciser le diagnostic de l'état qu'ils ont appelé sommeil hypnotique, ou bien, ils ne se sont préoccupés que du contenu de l'obsession et non du diagnostic de la névrose sous-jacente et ils ont eu affaire à des idées fixes chez des hystériques. Je reste disposé à croire que l'un des grands caractères des psychasthéniques c'est de ne pas pouvoir présenter l'état de somnambulisme naturel ou provoqué qui, au contraire, caractérise les hystériques.

l\, — La suggestion.

Pendant ces états hypnotiques tout à fait insuffisants et mal

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