Le misonéisme
ères précédents étaient en somme assez légers, nous s caractères de plus en plus graves qui se présentent ladie avance et qui d'ordinaire accompagnent alors t des obsessions, quoique à mon avis ils n^en dépen-
ésent les actes étaient mal faits, avec hésitation, lene, mais ils finissaient par être faits tout de même. !nant certains actes qui se suppriment, c'est-à-dire ions que le sujet ne parvient pas à faire et cela au lavoir pourquoi. Nous voyons d'abord disparaître des elles, toutes celles qui demandent une adaptation à nces nouvelles. J'ai tant insisté autrefois sur ce fait, Je de l'aboulie qu'il suffit de le rappeler. « Tout ce lau me fait peur )), dit Nadia en ne se rendant pas le donne la définition du misonéisme. Tous ces scrudes individus routiniers qui recommenceront indé- I ennui et tristesse la même existence monotone et pables d'aucun eflFort pour la changer, re précédent il faut naturellement rattacher l'imposrrompre les habitudes une fois acquises, ces personnes e énorme à s'accoutumer k une situation nouvelle, ux que l'on observe ces individus curieux qui « ne s'habituer k leur femme » quand ils se marient une fois habitués après un grand nombre d'années plus s'en passer. C'est parmi eux que l'on trouve manies » dans le sens vulgaire du mot avant qu'il n'y blés manies mentales : se coucher de la même raala même place à table, la même plume et le même
d, etc. « Ce qui change mes habitudes me boulers, dit Lise. » Nous verrons, en étudiant l'évolution
e, comment les grands changements, changement
d'appartement comme changement de situation changement du mariage provoquent les graves
lo. — Les aboulies sociales^ la tin
Après les actes nouveaux il y a une catégor très fréquemment supprimés, ce sont les actes doivent être accomplis devant quelques persoi leur conception impliquent la représentation d nos semblables.
Cette impuissance à agir devant les homi sociale me paraît constituer Tessentiel de la t auteurs ont déjà insisté sur ces troubles de la ^ tion dans la timidité; « La timidité, dit M. D mouvements volontaires, paralyse la volonté, souvent les mouvements ordonnés en respectai instinctifs et ressemble à l'aboulie... * ,» ce cette qu'on nomme la timidité, disait aussi M.Lapie dans son étude intéressante sur les timides sur l'aspect émotif que prend le phénomène mais il note bien cependant cette suppressi appelle une abstention. « Eviter les occasic trer, voila le soin du timide ; comme ces oc en contacts sociaux il en résulte une tends l'isolement... il y a chez lui une inhibition qui tanément la volonté, qui retient le mot su empêche aussi bien le timide de refuser que d'à pêche même d'exprimer les sentiments de rec( tendresse ^. »
Cette inhibition ou mieux cette disparition d en présence des hommes, car nous aurons à voi inhibition, joue un rôle énorme chez presque psychasthéniques. Il en est bien peu qui à un existence et quelquefois pendant toute leur vie impuissants par la timidité.
Voici un bel exemple de cette timidité : « ind
I. Dugas, La Timidité, Revue philosophique, 1896, II, p. a. P. Lapie, Logique de la volonté, 1902, p. 39^. (Paris, " 3. Hartenberg, Les timides et la timidité, p. 89. (Paris, F.
LES STIGMATES PSYCHASTHÉNIQUES
Dres de ma famille, dît une malade, il a été très restreint le re des personnes avec qui je n'ai pas été gênée. Devant la rtj'étais absolument paralysée, une simple addition je ne poulasla faire devant quelqu'un. J'étais obligée d'être fausse pour uer cette impuissance, de chercherdes prétextes, de casser mon n, d'aller chercher un canif, je faisais mon addition au dehors, lérobéc. J'avais le sentiment que si j'accusais cette impuisce serait fini, que je serais perdue, que je n'arriverais plus { )).
pas pouvoir jouer du piano devant des témoins, ne plus >ir travailler si on vous regarde, ne plus pouvoir même 1er dans un salon et surtout ne plus pouvoir parler devant u'un, avoir la voix rauque, aiguë ou rester aphone, ne plus er une seule pensée à exprimer quand on savait si bien auant ce qu'il fallait dire, c'est le sort commun de toutes ces unes, c'est l'histoire banale qu'ils racontent tous, (c Quand IX jouer un morceau de piano devant quelqu'un, dit Nadia, ;me devant vous que je connais beaucoup, il me semble action est difficile, qu'il y a des gênes à l'action et, si je surmonter, c'est un effort extraordinaire, j'ai chaud à la |e me sens perdue et je voudrais que la terre s'ouvre pour floutir. » Cat..., un homme de 3o ans, se sauve dès qu'il d quelqu'un entrer, il a de la peine a faire sa classe devant èves (( je ne ferais réellement bien ma classe que si je la i tout seul sans élèves et surtout sans directeur ». « Je vouvous parler, disent Dob... ou Claire, et je ne peux pas, cela te dans ma gorge, je suis une heure pour demander quelque d'insignifiant. Je ne vous parle réellement bien que si je eule, si vous n'êtes pas là. » Lev... fait bien ses comptes le sous-sol du magasin, mais ne peut plus écrire un chiffre, est pris par la crampe des écrivains, quand il est mis au er devant le public. Tous répètent comme Simone : (c Je parfaite; je ferais tout si je pouvais être tout à fait seule, e une sauvage dans une île déserte ; la société est faite empêcher les gens d'agir, j'ai de la volonté pour tout, mais i cette volonté que si je suis seule. »
admet d'ordinaire que ces troubles de la timidité sont des ►mènes émotionnels. Qu'il y ait des troubles émotionnels, igoisses chez les timides, j'en suis convaincu ; il y a aussi eux de l'agitation motrice, des tics et même de la ru-
LES TROUBLES DE LA VOLONTÉ 3i7
mination mentale, dont on ne parle pas assez. Mais il ne faut pas oublier qu'il y a chez ^ux de l'impuissance volontaire. M. Hartenberg, qui explique tout par Témotion, le remarque lui-même à propos d'Amiel « le manque de foi simple, Tindécision par dé6ance de moi, remettent presque toujours tout en question dans ce qui ne concerne que ma vie personnelle. J'ai peur de la vie objective et recule devant toute surprise, demande ou promesse qui me réalise; j'ai la terreur de l'action et ne me sens à l'aise que dans la vie impersonnelle, désintéressée, subjective de la pensée. Pourquoi cela? Par timidité^ », et M. Hartenberg ajoute « veut-il dire par là qu'au moment d'accomplir un acte, il est arrêté brusquement par une émotion poignante qui le paralyse ? Non, ce qu'il désigne par timidité, c'est la peur instinctive d'agir, c'est aussi la peur de prendre une détermination avec les conséquences utiles ou fâcheuses qu'elle comporte. C'est sa maladie de la volonté en somme qu'il appelle timidité* ».
Pourquoi hésite-t-on à appliquer cette remarque si juste aux autres cas de timidité? On est frappé de ce fait que les timides incapables de faire une action en public, la font dans la perfection, quand ils sont seuls. Nadia joue du piano dans la perfection quand elle se croit seule, et Cat... ferait très bien sa classe s*il n'y avait pas d'élèves, on en conclut qu'ils ne sont pas impuissants à faire l'acte et qu'il faut faire appel à un trouble extérieur à l'acte lui-même pour expliquer sa disparition dans la société.
11 y a là un malentendu, l'acte de faire une classe imaginaire sans élèves et Tacte de faire une classe réelle devant des élèves en chair et en os ne sont pas le même acte. Le second est bien plus complexe que le premier, il renferme outre l'énoncé des mêmes idées, des perceptions, des attentions complexes à des objets mouvants et variables, des adaptations innombrables à des situations nouvelles et inattendues, qui transforment complètement l'action. Pourquoi un individu aboulique peut-il faire le premier acte et ne peut- il pas faire le second? Je réponds simplement, parce que le second est bien plus difficile que le premier, il en est ainsi dans tous les actes sociaux, car il n'y a rien de plus complexe pour des hommes que les relations avec les hommes. Que des émotions, des agitations motrices, des crampes des écri-