Troubles de la nutrition
Ces troubles de la digestion retentissent sur la nutrition générale. Sauf des cas assez rares d'obésité, les malades sont maigres. Jean, pendant des années, présentait une maigreur effrayante ; malgré une alimentation plus que suffisante et une digestion presque toujours passable, il reste étonnamment maigre et garde un teint plutôt mauvais. Lise, toujours très maigre, maigrit encore cl*une façon remarquable, quand elle traverse une mauvaise période mentale. Elle a passé de 54 kilogrammes à 46 en 3 mois, sous rinfluence de crises répétées de ruminations sur le démon. Quand on réussit à calmer son esprit, elle reprend rapidement du poids et augmente de près de 5oo grammes par semaine. lo..., dans une crise d'hypocondrie qui a duré lo mois, a eu tous les troubles digestifs précédents et a perdu 20 kilogrammes.
Gisèle pour sa taille excessive (i'°,82), a un poids très petit de 57 kilogrammes. Pendant certaines périodes elle maigrit encore plus, s'épuise et semble dans un état désespéré. Comme chez la malade précédente le poids augmente rapidement dès que l'esprit se calme. J'ai suivi ainsi une vingtaine de malades en prenant leur
I. A. Brocchi (de Plombières), A propos de la palhogénio de l'entéro-colite muco-membraneuse. Presse médicale, 28 août lyoï.
tation de l'acide urique et de Tacide phosphorique. Je constate cette augmentation de i'indican et du skatol, de ces produits en rapport avec les fermentations intestinales, qui a déjà été signalée par M. de Fleury*, mais je ne suis pas frappé comme lui par l'augmentation du chlorure de sodium chez ceux qui ont des troubles gastriques. Je constate le plus souvent pour les 24 heures io^%20 (Lise), 9*^5o (Lise), i3^,65o (Bal...), ii grammes (Dob...), ce sont des chiffres normaux, la moyenne étant de lo à 12^.
Ce qui a été particulièrement Tobjet de mes études c'est l'acidité urinaire. Frappé de l'importance des travaux de M. Joulie sur ce point, j'avais essayé de les vérifier en examinant à ce point de vue les urines des névropathes. Je dois tous mes remerciements à M. Lacroix, interne en pharmacie de la Salpêtrière qui, avec une très grande complaisance, a bien voulu faire pour moi un nombre considérable de ces analyses suivant la méthode de M. Joulie.
Je laisse ici de côté les analyses très nombreuses faites sur des hystériques et je ne donne que les résultats obtenus sur des psychasthéniques. L'analyse est faite sur la i'" urine du matin avec la solution de sucrate de chaux dont le titre est vérifié très fréquemment. Le chiffre d'acidité obtenu et calculé en SO^HO est rapporté à l'excès de densité de l'urine examinée à l'eau, la densité étant ramenée à celle du liquide à i5^.Je note aussi la quantité d'acide phosphorique par litre et le rapport de cette quantité à l'excédent de densité calculée de la même manière. La plupart de ces malades ont été soumis au traitement proposé par M. Joulie, par l'acide phosphorique. Je donnerai plus loin à propos du traitement et les analyses des urines modifiées par cette médication. Je n'indique ici que les analyses des urines antérieurement à tout traitement.
Pour apprécier ces chiffres il faut se souvenir des chiffres donnés par M. Joulie comme normaux.
Densité corrigée à i5° 10170,8
Acidité totale en SO^HO 0,8^9
Acide phosphorique en PhO* a,o83
Rapport de Tacidité à l'excédent de densité. ... 4t 55
Rapport de l'acide phosphorique à Texcédent de densité . 1 1 > 1 7