Les tics de perfectionnement
imier groupe des manies mentales nous a paru être par des manies d'oscillation par des doutes et des dés. De telles manies sont presque exclusivement menîs contiennent des opérations qui ^'accompagnent diffide mouvements matériels.
voulait rechercher l'attitude qui accompagne ce genre 5, il faudrait considérer comme tics les immobilités, ce t souvent assez juste. Lise s'arrête bien souvent com- : immobile au milieu d'une action. Tantôt elle prend une position qui puisse justifier aux yeux des specta-
immobilité, par exemple, elle tient un livre à la main, irtout si elle ne se croit pas surveillée, elle reste immo-
unc position quelconque, debout, le pied levé pour
de SaujoH, Société de thérapeiUiquey 37 mars 1901.
avancer et elle s'arrête indéfiniment. Cet arrêt demande enc( un eflort musculaire, c'est bien un tic d'attitude. Il lui seml qu'elle ne doit pas bouger avant d'avoir trouvé ce qu'elle ch< chaity avant d'être sortie de son doute. Claire se force ains rester immobile dans son lit en gardant la première positi jusqu'au matin, et elle se réveille toute raidie.
Le second groupe des manies, les manies de Tau delà imp quent de nombreux mouvements et bien souvent ces mouvemei semblent au sujet être forcés par la manie sous-jacente. Qua ces manies s'accompagnent ainsi de tics, elles sont mentaleme moins développées et ne contiennent guère toutes les subtilil que nous venons de décrire. Elles contiennent simplement l'id vague ou le sentiment qu'il faut perfectionner l'acte ou le pi: nomène primitif, y ajouter quelque chose, et que le mouveme du tic est une adjonction urgente.
Un grand nombre de tics se rattachent h ces manies de pré sion, de vérification qui sont parmi les plus fréquentes. Un n lade de Brissaud secoue la tête pour mettre son chapeau bien place. Nadia et Claire inquiètes sur leur personne ont besoin vérifier leur état, elles détournent rapidement les yeux pour regarder en passant dans toutes les glaces : il a fallu dans l'a partement de Nadia couvrir toutes les glaces. Nadia, en outi tâte perpétuellement son corps, ses jambes, sa poitrine po vérifier rapidement si elle n'a pas engraissé.
Myl... préoccupé au début par ses maux de tête secoue temps en temps la tête « pour savoir si elle est bien à sa place Fok... préoccupé de l'état de son ventre le secoue par une bri que contraction des muscles droits; Ul... fait une grimace av ses yeux « pour sentir s'ils ne sont pas égarés » Ser..., Agée 16 ans, se touche à tout instant l'oreille et frappe trois pet coups sur sa tête « pour être sûre que la boucle d'oreille i bien attachée et qu'elle ne tombe pas ». Beaucoup, comme no l'avons vu, secouent leur tête pour voir si leur col les gêne. Pei peu ridée, la recherche déterminée qui amenait ces mouvemei s'efface à peu près de l'esprit ou n'est plus représentée qi peine par un bref sentiment d'inquiétude et le mouvement fait rapidement, d'une manière incomplète et perpétuelle. Ul... 1 plus qu'un petit mouvement de rotation des yeux que l'on croir convulsif, Myl... un petit hochement de tête.
e la symétrie amène des tics de la marche comme e de Azam qui saute d'une pierre sur l'autre pour s deux pieds des sensations analogues.
in symbole devient le point de départ d'un très ) de tics, puisque, ainsi que nous l'avons vu, des résument et expriment des idées. Lod... imagine ion religieuse ou irreligieuse à certains actes, fer-
c'est comme si on disait : je ne crois pas en Dieu ; ense à chaque instant qu'elle ne croit pas en Dieu e a besoin de formuler vite cette pensée pour ne rop dérangée dans le cours de la vie, elle se conser rapidement le geste de fermer le poing. Si elle
instant l'acte de se retourner à demi dans In rue, reste représente pour elle la pensée de la religion, Q si en traversant une église on se retournait devant ».
) interprétation semblable bien bizarre : il se croit butte aux tentations génitales et il considère une tion comme l'image du plaisir sexuel. Or il a éprouvé que plaisir en se grattant le nez : ce plaisir était
impressionnant qu'il lui rappelait une impression tiennes masturbations : il les accomplissait, parait-il, ; le nez contre un mouchoir ayant appartenu à la ambre. De là naturellement une association d'idées titre le fait de se gratter le nez et la pensée des plai- 'un devient le symbole de Tautre ; mais comme le fait
le nez est beaucoup plus simple et dans son esprit ►ins dangereux que la masturbation, le symbole )étuellement l'impulsion génitale. Ces interprétations iont venues se mêler à une habitude malpropre, lui
l'importance et ont contribué h la fixer. Le même s cesse besoin d'un appui moral, il symbolise ce lant toujours son bras droit à demi levé au-dessus de puyé sur un objet plus élevé, « c'est comme si je ur quelqu'un de plus fort que moi à mon côté ». entiment a joué un rôle dans la formation d'un vé- »lis spasmodique, chez Brk..., « j'ai toujours eu bepuyer, je voudrais avoir un soutien, un ami, je ne nent cela a amené le besoin d'appuyer ma tête de
épaule ».
Par la même raison que précédemment, ces mouvements ont plus ou moins perdu leur interprétation et Lod... se retourne en marchant, Jean se gratte le nez ou s'arrache les ongles ou lève le bras en l'air, Brk... tient la tête de cAté à peu près perpétuellement sans trop savoir pourquoi et en apparence malgré eux.
On pourrait rattacher h ce besoin de symbole le tic intéressant attribué par Rodenbach à la sœur aux scrupules « de temps en temps de son mouchoir déplié elle se tapotait, elle s'époussetait, aurait-on dit, comme pour éparpiller Tinvisible chute sur elle de la poussière, ces molécules du silence ^ ».
La manie de la tentation y la manie de V impulsion qui joue un grand rôle dans les obsessions criminelles a déterminé les tics de Sau... (i3), enfant de i6 ans, elle a Tidée fixe qu'elle veut se tuer. « On voit bien que cette idée est sérieuse, dit-elle, puisque, malgré moi, mon bras commence tout le temps des petits mouvements pour me frapper, pour piquer ». Nous avons déjà vu beaucoup d'exemples semblables à propos des obsessions du crime.
Il faut faire une assez grande place à la manie du contraste^ qui est toute voisine de la manie de l'impulsion, M. Séglas remarquait déjà que les tics de langage sont souvent en contradiction avec l'expression normale des sentiments du moment*. Beaucoup de psychasthéniques, au moment de faire un acte avec attention, pensent aux opérations tout à fait opposées qui seraient contraires à leurs désirs et qu'ils redoutent; chez beaucoup cette pensée reste un simple phénomène conscient et ils font une rumination sur la pensée de ces actes opposés. Mais chez quelquesuns ces pensées amènent une action en contraste avec l'acte initial. Do..., toutes les fois qu'il s'agit de faire un mouvement délicat, se sent gêné par l'idée de faire une maladresse, il croit qu'il va jeter le verre par terre, commettre une incongruité. Son pouce, au lieu de saisir l'objet, se plie fortement dans la paume de la main. Peu à peu ce tic se produit presque sans réflexion et Do... ne peut plus accomplir aucun acte délicat. Il en résulte qu'il ne peut plus écrire à cause de ce tic : le pouce se met dans la paume avant qu'il n'ait touché la plume. La crampe des écrivains est un