I. Vaschide et Marchand, op. cit., p. 3o
polypnée chez Chm..., 28 respirations par minute, on note aussi un léffer tremblement dans les mouvements de l'abdomen. Il est probable que les troubles se sont réduits pendant que je disposais l'expérience. Ul... (45), dans la figure 4> nous présente déjà les mêmes phénomènes plus accentués; il y a 25 respirations par minute et elles sont beaucoup plus irrégulières ; la respiration
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Fiu. 4. — Rcspiralion angoissée de Ul... quand elle essaye de regarder quelqu'un dans les yeux. 2 5 respirations par miaute.
abdominale est à peu près supprimée et remplacée par une trémulation désordonnée.
Dans la figure 5 la polypnée de Lkb... est tout à fait énorme, 88 respirations par minute, avec de grandes irrégularités. Un autre tvpe de respiration dans l'angoisse est celui que non?
FiG. 5. — Respiration angoissée de Lkb... 88 respirations par minute.
voyons, dans la figure 6 prise sur Sy... ; il n'y a pas de polypnée, il y a au contraire diminution du nombre des respirations, lo à peine par minute. Mais la respiration se fait par soupirs brusques. et prolonds. Chaque inspiration est une sorte de mouvement convulsif surtout du diaphragme. Même quand la malade est un peu calmée (figure 7) elle conserve quelque chose de celte respira-
LES AGITATIONS ÈMOTIÛMNELLES DIFFUSES. - LES ANGuISSES -237
LKS AGITATIONS FORGÉES
tion brusque. Ces deux troubles principaux, la polypnée et les spasmes inspiratoires, se combinent le plus souvent et la figure 8 prise sur Rib... (68) doit présenter le trouble le plus commun : la
Fio. 7. ■ — I\espiration de Sy.,, quand l'angoisse diminue. iS respirations par minule.
respiration très irrégulière surtout au diaphragme est entrecoupée de grands soupirs convulsifs.
Je n'ai pu qu'une seule fois mesurer au spiromètre de Verdin ia quantité d'air absorbé et je l'ai trouvée malgré la polypnée très inférieure à la normale ; je n'ai pu, comme je l'avais fait
Ki«. 8. - IWpiraUon angoissée de K,b... 2b ■.^pi.ulions pai minule, soupirs a polypx.é«. irrégularilé complète de la respiraUon abdonamale.
pour les hystériques, taire l'analyse des gaz de la respiration. TI est probable que l'on verrait là d'autres troubles qui s'ajouteraient aux précédents.
Tels sont sommairement résumés les principaux troubles physiologiques que l'on observe dans les angoisses.
LES AGITATIONS ÉMOTIONNELLES DlFiUSES. — LES ANGOISSES 'U',)
2, — Troubles psychologiques de l'angoisse, l'angoisse mentale.
Il existe dans Tangoisse des troubles physiologiques, nous les avons constatés : il est même probable, comme nous l'avons répété, que ces troubles doivent être souvent plus considérables que nous n'avons pn l'observer et surtout l'enregistrer. Dans des circonstances plus heureuses on pourra noter encore plus de niodilications cardiaques, vaso-motrices et respiratoire. Mais faut-il en conclure que ces altérations soient tout dans l'angoisse des scrupuleux et qu'elle soit uniquement la conscience en retour de ces quelques modifications organiques. Je crois qu'il y a sur ce point bien des réserves ii faire.
Cette discussion sera reprise à propos des diverses théories de la maladie. Pour le moment il suffit de constater que ces malades se plaignent encore et souvent bien davantage de troubles qu'ils éprouvent dans la tête et de grandes perturbations de leur conscience. M. Arnaud remarquait justement que « l'angoisse est surtout cérébrale intellectuelle, c'est une anxiété mentale plutôt qu'une angoisse organique* », sans aller peut-être aussi loin, je dirai simplement ici que l'angoisse n'est pas seulement viscérale, qu'elle est également cérébrale et intellectuelle.
Dans bien des cas cette seconde partie de l'angoisse semble être la principale et peut même subsister seule ; en un mot, à côté de l'angoisse viscérale qui peut se trouver chez un simple cardiaque en accès d'asystolie et qui n'a rien de spécifique, existe une angoisse mentale qui est propre aux scrupuleux et qui par conséquent a ici beaucoup d'importance.
Ces malades décrivent tous des sensations, des souffrances qu'ils ressentent dans la tête et que nous aurons à revoir en détail. Ils insistent beaucoup sur certains sentiments très pénibles qui sont exclusivement d'ordre mental. « J'éprouve, dit Dob. . . , des sentiments étranges dans ces moments de détresse morale où je m'acharne à ressaisir ma raison. » Ils ont, en effet, le sentiment dominant qu'ils perdent la tête (Dob..., Jean, Cer...). C'est à ce moment qu'ils croient tous devenir fous. « Je sens dans ma tête comme un bourdonnement, à la fois une exaltation et une torpeur, la peur de devenir folle m'a saisie » (Fy...). « Il me passe des
I. Arnaud, Les lliéorics de lobscssion. Arcltioes de neurologie, iqoî. II, p. aOfi
idées drôles tout d'un coup, j'ai le sentiment frappant que je deviens folle et c'est alors que j'ai peur. J'ai envie de crier moimême que je deviens folle et idiote » (Sy...).
Un autre sentiment très bien noté par Claire, c'est celui de mourir. « Je pei'ds non seulement la raison mais la vie, dit-elle, il me semble que je meurs, heureusement que c'esttrès rapide. » Ils ont aussi le sentiment de ne plus percevoir le monde extérieur. « Vous ne pouvez pas comprendre le nuage, le rideau noir, dit sans cesse Jean, qui vous tombe sur les yeux et sur la tête à ce moment-là. » « Ce qui me donne l'anxiété, dit Dob..., c'est que j'ai le sentiment de ne plus comprendre où je suis, qui je suis, que j'ai comme un froid et un engourdissement dans toute la tête. »
Enfin ils ont le sentiment de perdre leur liberté, de devenir comme des automates, de ne plus pouvoir commander à leurs actes et c'est ce qui leur donne de telles terreurs de faire des sottises. « Quel moment, écrit Dob..., non décidément je n'ai plus une parcelle de volonté, je suis comme une épave battue par les Ilots et ma tête se perd parce que je sens que je ne suis plus du tout maîtresse de moi. »
Ces sentiments me paraissent de la plus grande importance dans l'angoisse, ils soulèvent un problème capital qui, si je ne me trompe, n'a encore été bien entrevu que par M. Séglas^ le problème des troubles psychologiques qui se manifestent pendant la crise et qui existent peut-être perpétuellement à un degré moindre chez les scrupuleux.
IL faut analyser ces altérations des fonctions psychologiques avant de chercher à interpréter le mécanisme des obsessions et des processus irrésistibles. Il me semble difficile de sé[)arer l'étude des tioubles psychologiques pendant la crise d'angoisse mei.lale de celles des troubles psychologiques qui existent plus ou moins constamment chez les obsédés, le uns n'étant que les exagérations des autres. Aussi- les étudierons-nous simultanément
sous le nom de stigmates psychologiques des psychasLhéniqiies dans le chapitre suivant.
Pour le moment, contentons-nous de résumer dans un tableau les principales formes des agitations émotiojinelies qui viennent d'être étudiées.
I. Séglas, Leçons clin'ujiies sur les mnlmlii-i inrnlnlcs et nerveuses, i8()5, 5»^ leçon, p. ii8.
LES AGITATIONS ÉMOIIO.N.NKLLES UlilLsES. — LES ANGOISSES "241
AGITATIONS FORCEES EMOTIONNELLES
les algies.
I les plioliies du corps.
les phobies des fonctions.
A. forme syslémaliqiie.
les phobies des objets.
/ de la poitrine, des seins.
I de la peau, de la tèle,
des dents, de la langue,, des membres, des organes génilau.\.
de la vessie, de riin'trc, de l'anus, etc.
des mouvements dos bras,
de l'écriture.
de la marche ,
de l'alimentation, I de la déglutition, I de la digestion, I d<' la défécation, I de la respiration,
de la parole,
de l'odorat,
de l'ouïe,
de la vue, etc.
f des objets dangereux,
y des objets sales,
J des objets de valeur.
j des hommes ou des femmes. .
des animaux,
des instruments professionnels, elc.
les phobies des situations.
des situations \^g°'"3P'^''^i^' . „
, . 1 phobie des endroits élevés,
phvsicrues. / \ , , .
^ " * V clauslropnobie, etc.
éreutophobie,
dysmorphophobic, 1 phobie des poils, des traits dr < figure, des mouvements I visage ou des membres.
' phobies des domestiques, "^ — du mariage, etc.
des >;!iialions sociui^i.
la d..
les phonies des idées.
. „ C les angoisses physiologiques. .■
A forme > i .- c i i
diffus.'. / ,
i' des idées religieuses,
* des idées moralf-,
^ de l'idée de mort,
' de l'idée de maladie, etc.
i dige^iives, circiilaloircs.
respiratoires
les an croisses mentales.
LES OBStSSlOXS.
LES AGITATIONS FORGEES
QUATRIÈME SECTION