UNITÉ CLINIQUE DES AGITATIONS FORCÉES
ment ces divers groupes de symptômes. Griesinger, en 18G8, mettait à part la manie du pourquoi et du comment dont il faisait une obsession avec conscience sous forme de question et de doute. Il ne faisait pas la moindre allusion aux troubles du mouvement, ni aux troubles de l'émotion. Bien mieux il allait jusqu'à soutenir que dans le délire du doute il n'y avait aucun trouble émotionnel. Quand Legrand du Saulle chercha à résumer ce que l'on savait sur ces manies bizarres, il écrivit deux petits livres : l'un sur le syndrome intellectuel qu'il appelait la folie du doute, l'autre sur le syndrome émotionnel qu'il désignait sous le nom de l'un de ses types principaux, l'agoraphobie. Plus tard, il fut bien obligé de remarquer qu'il y avait des rapports entre ces deux maladies et il imagina de faire de ces deux syndromes deux phases successives d'une même maladie : les sujets devaient suivant lui débuter par le délire du doute et terminer ensuite par une seconde période où se montrait la crainte de toucher certains objets.
Après lui on conserva encore presque toujours la distinction des deux syndromes, sans admettre son correctif et sans en faire deux phases successives d'une môme maladie. M. Cullerre ne veut pas admettre avec Legrand du Saulle, que le délire du toucher, soit une seconde phase de la folie du doute. « En réalité, dit-il ', ce symptôme a une existence indépendante et mérite d'être examiné à part. » M. Ladame ^, dans son étude remarquable sur ces maladies, termine en donnant deux observations qui à son avis démontrent « la complète indépendance de la folie du doute et du délire du toucher ». C'est à peine s'il admet que ces deux maladies distinctes s'associent quelquefois comme la pleurésie et la pneumonie.
Cependant depuis quelque temps l'opinion inverse se développe, les derniers travaux sur les tics de M. Dubois (de Saujon) et de M. Meige nous ont montré bien souvent la coexistence des manies mentales et des phobies avec les tics. M. Ritti ^ dans son étude sur la folie du doute, montrait déjà en 1876 qu'un rapprochement de cette maladie avec le délire du contact serait légitime. Krafft Ebing, 1882, Wille, 1882, Mendel, 1888, expriment des