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Sentiment de dédoublement

Un autre trouble du sentiment de la personnalité déjà plus profond c'est le sentiment de division, de dédoublement : on le rencontre très communément. Moreau (de Tours) remarquait déjà qu'il est fréquent dans les monomanies'. Krishaber le signale à

ï. Moreau (de Tours), Psycholo'jie morbide, iSSg, p. 268.

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plusieurs reprises : « Une idée des plus étranges qui s'impose ;i mon esprit malgré moi, dit un de ses malades, c'est de me croire double, je sens un moi qui' pense et un moi qui exécute \ » « Je me fais reffet d'être double, je sens comme deux pensées qui se combattent, dit également un malade de M. Séglas". l'une qui est bien mienne, qui cherche à i-aisonner mais sans succès, l'autre qui me serait en quelque sorte^ imposée et f|uc je subis toujours. »

J'ai observé un sentiment de dédoublement plus ou moins accentué à peu près chez tous mes malades et je pourrais présenter ici une centaine d'exemples. Je signale seulement quelques variétés de ce phénomène. « On me discute en dedans, c'est comme s'il y avait en moi deux personnes. » (Pr... 210) « Je renferme deux hommes, le raisonnable et l'irraisonnable qui luttent constamment l'un contre l'autre. » (Za... 216) « Je suis comme dédoublé, je me donne en spectacle à moi-même. » (Nah...) « Pourquoi que ça me double... » (Ver...) « Depuis la fin de ma grossesse, tout me paraissait nouveau et étrange et il me semblait que je devenais double... » (Dd... 18) « C'est comme s'il y avait en moi deux moi, l'un pense sur la vie un tas de choses auxquelles je ne pensais jamais, l'autre repète : pourquoi faire toutes ces bêtises » (Pot... 19).

Dob... donne de ce dédoublement une expression matérielle qui si elle était générale nous conduirait à faire jouer un rôle à la dualité des hémisplières. « J'éprouve un sentiment qui me tait horreur, je marche comme dans un rêve, ma tête me semble nettement divisée en deux parties Tune tout entière plongée dans l'inertie la plus profonde, dans une sorte de rêve, à tel point que l'œil de ce côté me semble fixe, l'autre partie reste lucide et m'appartient seule ; c'est insupportable. »

Lise se sent toujours l'esprit dédi)ublé en plusieurs personnes et elles sent toujours en elle-même plusieurs pensées qui se déroulent simultanément et indépendamment. « Il y a toujours, dit-elle, une partie de mon cerveau qui est libre et qui fait ce qu'elle veut. Je ne parle jamais sans avoir une autre idée en tête. J'ai toujours le besoin de penser à trente six choses à la fois, une ne me suffit pas. » Elle va jusqu'à dire que la nuit elle ne dort

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