I . — L'indolence
Presque toutes ces personnes présentent quelquefois depuis
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leur première enfance un caractère bien leconnaissable : ce sont des mous, des indolents, des paresseux. Avec des termes variables, les familles et les malades eux-mêmes décrivent toujours ce même caractère « quelle enfant molle, disait-on de Tr..., on dirait qu'il faut la battre aussi bien pour la faire jouer que pour la faire travailler. » Claire a toujours été, sans doute, une bonne enfant, elle prétend qu'elle était plus active autrefois et que maintenant les actes sont supprimés par les idées maladives; mais ce n'est pas tout à fait exact, elle a toujours çié paresseuse, elle a toujours eu le déo-oût du travail « elle se souvient qu'étant jeune elle avait déjà besoin de s'exciter au travail par des menaces ou des promesses qu'elle se faisait à elle-même ». Notons que c'est une ieune fille qui n'a jamais eu la manie du serment et que cependant le travail ne se faisait chez elle que par des excitations du même
genre.
Sera-t-on étonné d'apprendre que Jean a toujours été « endormi, apathique, indolent, sans énergie ». Quoique doué d'une intellioence plutôt supérieure à la moyenne il n'est jamais arrivé à rien, même dans son collège. Cette paresse est donc fondamentale, bien antérieure aux manies et aux obsessions, on la retrouve chez tous les malades, sinon pendant toute la vie comme chez les précédents, au moins pendant toutes les périodes maladives.
Cette mollesse générale peut* se décomposer en un certain nombre de troubles particuliers de l'action, le plus frappant est antérieur à l'acte même, c'est une indécision perpétuelle qui existe à mon avis en fait, bien avant que le malade n'en ait le sentiment et qu'il n'en parle, bien avant qu'il n'ait des crises de doute et de délibération. Tous les auteurs qui ont parlé des obsédés et des douteurs ont bien décrit cette indécision*. Que d'exemples on pourrait citer de cette irrésolution, choisis, je le répète, tout à fait en dehors des crises d'excitation pathologique. Tod..., tout enfant, passait des heures interminables à ranger son tiroir parce qu'elle « ne pouvait jamais décider si un objet devait être adroite ou à gauche. » Bsn..., une femme qui a actuellement 5i ans, raconte- en riant des incidents de sa