‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 182 sur 380 · ES STIGMATES l'SYCHASTHÉNIQUES · texte numérisé non relu

ES STIGMATES l'SYCHASTHÉNIQUES

des autres malades, ses émotions s'arrêteraient toutes seules à un degré peut-être un peu supérieur et se transformeraient contre sa volonté en ruminations et en angoisses. Celles-ci sont évidemment des phénomènes d'une autre nature que les émotions de joie, d'affection, de plaisir artistique qui avaient commencé à se développer. On peut noter à ce propos un petit détail assez démonstratif. Lise a supporté pendant dix ans sans 'se fâcher et sans se plaindre les bizarreries de caractères de son mari. Quand elle commence à se guérir, elle ne peut plus conserver le même calme. Quoiqu'elle désire encore arrêter les émotions et surtout les manifestations des émotions elle n'y parvient plus et malgré sa volonté elle s'irrite et elle souffre de ce mariage. C'était donc bien son état maladif qui l'empêchait d'en souffrir.

Ces observations sont tout à fait concordantes, elles sont faciles à vérifier et montrent que ces malades ont beaucoup moins de sentiments et d'émotions normales qu'on n'est disposé à le croire.

a. — Sentiments mélancoliques.

Les sentiments qui subsistent avec une certaine acuité sont des sentiments de tristesse analogues à ceux que l'on rencontre chez les mélancoliques. La suppression de toute émotion vive jointe à la dépression de toute activité donnent naissance à un sentiment perpétuel d'ennui. M. Tissié remarque fort bien le rôle du sentiment de l'ennui dans toutes les fatigues. « Le sentiment de l'ennui domine toutes les psychoses et on le retrouve toujours à un moment donné de l'entraînement intensif chez tous les sujets les plus gais et les mieux équilibrés \.. » Il n'est pas surprenant que l'on retrouve ce sentiment chez tous nos psychaslhéniques perpétuellement fatigués.

Ku..., Dk..., Dd..., etc., tous d'ailleurs répètent qu'ils ne peuvent prendre leur part des joies de la vie pas plus que de ses souffrances d'ailleurs etqu'ils s'ennuientincurablement. Lise. . . prétend qu'elle était ainsi dès sa première enfance, qu'elle ne s'amusait jamais complètementet qu'elle n'a jamais pu se laisserallerà un plaisir ou à une émotion quelconque à cause d'un fond d'ennui incurable.

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