‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 311 sur 380 · I. Pitres ft Régis, op. cit., p · texte numérisé non relu

I. Pitres ft Régis, op. cit., p

LE SEXE ET L'AGE t)23

Mais il est certain aussi que dans l'enfance et l'extrême jeunesse les cas que l'on présente au médecin sont fort rares, de même à partir de 5o ans on note dans les deux tableaux une décroissance très rapide. Les cas d'obsession dans l'enfance ou dans la vieillesse sont toujours si'onalés comme des raretés cliniques *. La période la plus favorable au développement de cette maladie semble être entre 20 et 5o ans, c'est-à-dire dans làge adulte. Enfin par une coïncidence qui ne peut pas être fortuite, les deux tableaux nous montrent le maximum au même âge entre 26 et 3o ans, il semble bien que ce soit là la période la plus active de la maladie si on veut bien admettre que la gravité de la maladie est en rapport avec l'activité que mettent les malades à rechercher les soins du médecin.

Une statistique qui serait beaucoup plus intéressante nous donnerait non plus làge où les malades se présentent chez le médecin, mais l'âge où la maladie a débuté ; malheureusement cette statistique est presque impossible à établir. La maladie des obsessions procède souvent par rechutes successives séparées par des périodes d'amélioration relative. Les malades sont trop portés à donner comme le début de leur maladie la date du début de leur dernière rechute orave et laissent de côté la date du début véritable quelquefois très éloignée. Par exemple Vor..., femme de 58 ans, vous dira volontiers que sa maladie actuelle, le scrupule urinaire, a commencé il y a deux ans ; ce n'est qu'incidemment qu'elle raconte avoir été soignée par Charcot à l'âge de 18 ans. pour une crainte bizarre de dire des mensonges en confession. Elle est toute surprise quand on lui fait reconnaître que c'est toujours la même maladie. On commet ainsi, en prenant la date d'une rechute pour la date du début, de grossières erreurs.

Mais une deuxième difficulté est plus grave encore ; qu'est-ce qu on appelle le début véritable d'une maladie semblable ? Est-ce le début de l'obsession proprement dite ? Mais il peut y avoir auparavant des crises de rumination, des phobies, des tics qui sont, comme on l'a vu, la préparation de l'obsession ; admettra-

1. H. Borirer. Ob?Pssîon et impulsion cliez un enfant de 10 an?. Areh. f. Psychiatrie, XVIII, 3,. 1890. J. SiL'la>, Neurasthénie tardive avec idées obsédantes et folie du doute chfz un liomme de 56 ans. Société rnédico-psych., 20 mai 1891.

LES OBSESSIONS. 1. — 4o

t-on ces crises comme début ? Mais il y a auparavant des sentiments pathologiques d'irréel, des inquiétudes, des aboulies qui sont à notre avis la maladie elle-même. Or, ces phénomènes ont pu commencer des années avant l'éclosion de l'obsession. Choisir la date entre ces deux extrêmes est tout à fait arbitraire.

Il en résulte une conséquence singulière : plus l'observation d un malade est étudiée, plus on reconnaît que les troubles sont anciens et plus on est disposé à prendre comme date du début un âge très jeune, plus l'observation est sommaire, plus on accepte d'après les dires du malade un âge avancé. Il résulte de ces difficultés qu'une statistique de l'âge du début est presque impossible ou du moins qu'il faut la considérer comme une indication vague sans pouvoir y attacher une grande précision.

MM. Pitres et Régis ont essayé une statistique de ce genre dont voici les résultats ' :

De 5 à lo ans.

II à i5 ans.

i6 à 20 ans.

21 à 25 ans.

26 à 3o ans.

3i à 35 ans.

36 à 4o ans.

4i à 45 ans.

46 à 5o ans.

5i à 55 ans.

56 à 60 ans.

Pour établir le tableau suivant portant sur 186 malades seulement, mieux connus que les autres à ce point de vue, j'ai essayé dans la mesure du possible de noter le début du premier accident indépendamment des rechutes et je n'ai considéré, comme début, que des accidents réels, en général des agitations forcées sous forme de manies mentales, de tics ou d'angoisse, inquiétant le malade ou son entourage sans remonter jusqu'aux troubles du caractère qui dans la plupart des cas s'étaient manifestés beaucoup plus tôt.

i. Pitres et Régis, op. cit.. p. 70.

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