‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 77 sur 380 · LES AGITATIONS MOTRICES DIFFUSES. — ^LES CRISES D'AGITATION · texte numérisé non relu

LES AGITATIONS MOTRICES DIFFUSES. — ^LES CRISES D'AGITATION

par terre et qu'elle avait des contorsions volontaires. Depuis qu'elle a séjourné longtemps dans une salle où il y a de vraies hystériques et des épileptiques, elle a perfectionné son procédé et je mettrais aujourd'hui au défi un observateur étranger de aire le diagnostic, en voyant simplement sa chute brusque et ses convulsions.

Quoique je compte reprendre à part dans un chapitre spécial le diagnostic entre les phénomènes psychasthéniques et les troubles hystériques, je rappelle ici ce qui distingue une crise d'hystérie typique de ces agitations motrices des psychasthéniques. Ces malades ne perdent jamais conscience d'une manière complète, ils n'ont pas d'amnésie nette après la crise, ils sont toujours capables d'arrêter leur crise à n'importe quel moment, s'ils en comprennent la nécessité ; ils n'ont pas d'automatisme véritable, ils n'assistent pas aux phénomènes, ils les font eux-mêmes; ils ont conscience de faire effort pour produire tous ces mouvements et ils se sentent simplement poussés à les faire. Ces caractères sont inverses dans une crise d'hystérie qui serait tvpique. Dans les cas incomplets le diagnostic ne peut être fait que par l'étude des phénomènes antécédents et de toute l'évolution de la maladie.

Dans tous ces mouvements on retrouve facilement les caractères essentiels des agitations. Ce sont évidemmeiît des mouvements exagérés et inutiles : il n'y a pas lieu de démontrer que ces efforts, ces excitations sont inadaptés à la situation donnée et inutiles, comme étaient les tics. Il est bon de rappeler que ces mouvements sont simples, grossiers, sans délicatesse et sans précision réelle. Les tics représentent grossièrement un acte, mais un acte exécuté d'une manière très incorrecte ; les marches, les crises de contorsions sont des mouvements simples, sans délicatesse. N'a-t-on pas remarqué ce petit détail que le... se salit beaucoup plus dans CCS crises de marche qu'il ne le ferait dans une promenade exécutée dans des conditions normales. On remarque que les tics et surtout les crises d'excitation donnent lieu à des mouvements symétriques : les deux épaules se lèvent en même temps, les deux bras frappent à la fois des coups de poing ou se tordent de la même manière. Ces mouvements symétriques fréquents chez les enfants se retrouvent chez les sujets fatigués; comme le remarguc M. Féré ils indiquent une diminution de la complexité du

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mouvement, une sorte de décadence motrice*. Il est trop évident que les sujets sont capables dans d'autres circonstances de monvemenls plus précis, plus adaptés et plus délicats. Nous retrouvons donc ici le troisième caractère déjà noté dans les agitations mentales, le caractère inférieur des mouvements qui constituent ces agitations motrices.

Dans ces derniers phénomènes de grande agitation motrice, les eirorts de pensée, les ruminations mentales ont beaucoup diminué quoiqu'il en subsiste encore des traces. On voit qu'une ao-itation motrice a pu remplacer presque complètement les agititions mentales précédentes. Non seulement cette agitation motrice peut prendre dans les tics une (orme systématisée analogue aux manies mentales, mais elle peut prendre une l'orme diffuse ai'.alogue h la rumination mentale et h la rêverie forcée.

On peut donc présumer par le tableau ci-contre les principales formes des agitations motrices.

les immobilités,

les tics de vérification,

, . l — do précision,

les lies I 111

— de symbole,

, . , , , — d'impulsion,

à forme systématisée, 1 perfectionnement. ^^ contraste,

les tiC3, \ î — ç|g précaution,

— de recommencement, etc.

, .. ( les lies de lutte,

les tics > , , .

\ — de réparation, de delense. / i ■ .•

\, — de conjuration, etc.

les crises des efforts, à forme diffuse, \ — de marclie, les agitation». i — de parole,

d'excitation.

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