‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 81 sur 380 · Les algies · texte numérisé non relu

Les algies

Beaucoup de psychaslhcniqucs piésentent, en apparence comme les hystériques, sur certains points du corps, des régions douloureuses où ils ne peuvent supporter aucun contact, ni aucun mouvement. Quand on etfleuro ces [)arties, ou quand ils doivent faire fonctionner ces organes, les malades semblent éprouver des douleurs et des troubles tout à l'ait énormes et, bien entenilu, tout à fait disproportioniiés avec la modification opérée; ils ont des troubles de la circulation et de la respiration, ils sont couverts de sueur, ils se contorsionnent, reculent avec des gestes d'épouvante et poussent des cris de souffrance. Ces douleurs disproportionnées, ces émotions inopportunes se produisent dans deux circonstances légèrement différentes. Tantôt elles sont à peu près continuelles, à propos d'une partie déterminée du corps, même quand cette partie reste immobile : ce sont les algies proprement dites. Tantôt elles ne se développent qu'au moment où l'organe doit entrer naturellement en fonction, ce sont les pJiobies des fonctions. 11 est évident d'ailleurs que dans bien des cas ces deux troubles se rapprochent et se conlondent.

Nous considérons d'abord le phénomène des algies. Leuret* signalait déjà une jeune fdle « qui se croit frappée gravement et qui pousse de hauts cris quand on la touche seulement du bout du doiot ». Legrand du Saulle rapportait l'observation d'une femme qui avait l'obsession d'un cancer au sein et qui y souffrait constamment". Les observations de ce genre devinrent bientôt très nombreuses dans les ouvrages de Beard, de Charcot, de Huchard, de Bouveret, deVerneuil. Je rappellerai seulement l'article intéressant de M. Galippe sur les obsessions dentaires^ Cet auteur décrit toutes les souffrances terribles qui se développent chez certaines personnes à propos de dents absolument saines, les angoisses d'une malade « qui sent un amoindrissement de sa personnalité » parce que l'on veut lui faire portei- de fausses dents; il insiste sur les cas de cancer imaginaires de la bouche et de la langue. A la même

1. Leuret, Fragments psychologique sur la folie, i84o, p. 86.

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