IV. Légèreté
» Dans l'endroit suivant, la rapidité du second » vers ne le disputc-t-cllc pas à celle des chevaux » dont Homère décrit la coutse !
Iliad. l.J O<oi Tpaîi'01 «ffwoi , f «twcrîat/Mjyoi mJïoio
Kpauiryct putx'tiQct xï hôet Sioxt/utv «A». QiCtffBau.
» Peut-être Virgile at-il voulu rendre cette beauté m par ce vers :
Quadrupedante putrem sonitu quatit ungula campuru.
» Avec quelle élégance décrit-il ailleurs la légèreté *> et la vitesse des cavales dVEnce L
A« fthifASv ffxtflcfti tiari ÇttfcDpQr etpotffctv ,
Axpov kn fltvôspweov K&pirh ô*ov , «<fi xecJ«eA»ir. v> ' aj ^ »
AAX'orf S» aKifieSvi \ii ivpict 1&Q& detXoanrç
Axpov «n-/ fury/uunç ctKoç 0-0X10*0 ôita*ov.
» Les quatre vers suivans , où le Poète décrit y> la marche de Neptune , courent plus vite que » le Dieu môme. ( * )
' S» «T'iXfluty Xiri KUfutr , otTcttt.« c/^c juitV uirctuttS - h 1 j» r»ôoa«v» ^* 6fltx*«ya. SnaBcûo. Toi ^'«7r*T0*T0 r
» U suffit d'avoir des oreilles , pour sentir la ■> rapidité du char de Neptune, dans le son même 9> du premier et des deux derniers vers , qui j ne » sont composés que de dactyles , à la réserve du a» spondée , par où chaque vers finit nécessairement.
M. Rollin nous fait entendre auss? les mêmes sons dans Virgile. Ecoutons- le encore à l'article Douceur.
» Pour exprimer la douceur , on choisira les » mots où il n'entre presque que des voyelles , qui
[*] M* Rollin dit ici qu'il ne fait que copier les remarques de M* Boivin*
biij
C u 1 » forment beaucoup de syllabes avec trèvpeu de ~ » lettres , et dont les consonnes soient douces et » coulantes. On évitera les syllabes composées de » plusieurs consonaes. Les élisions dures , les lets> très xudes et aspirées.
Mollia luteola pingit vaccinia caltha. Ecl. i, v. 50.
» Pour faire sentit la dureté , on préférera 1 °. Les » mots qui commencent et finissent par des R , w comme rigor , rimantur , qui redoublent les rr , . » ferri , «rr* $ i°. on emploiera les consonnes » rudes , comme Vx , axîs , comme l'aspirée h , » trahat^ 3°. On se servira des mots formés par s> l'assemblage de plusieurs consonnes , junctos , m fractos , rottris. 4 . On fera des élisions par la » rencontre de mots et dé voyelles , dont le choc » est fort dur*
Géor. 1.x Tum ferri rigor, atqne arguta: lamina serra:.
Géor. 1. 3 Ergo a?grè rastris terram rimantur ....
Anéide , Unà omnes ruere , ac totum. spumare reductis
Convulsum remis rostrisque tridentibus xquor*
» Les dactyles sont propres à exprimer la lé* » géreté. <
Mox aère lapsa quieto.
jEn. I, f 9 t
v. 216. Xvadit itex liqutdum , celexes neque commovet aJas.
La pesanteur demande des spondées.
Illi inter sese magna vi bracftht tollunt
In numerùm, versanrque terïaci forcipe ferrara. y, ij^,' *
M. Roflin savoit encore cjue l'Harmonie imitativê peint les différentes passion» de l'a-fte. Aussi pour enseigner à rendre ces divers sentimens , a-t-il donné des règles et proposé des modèles dans des articles séparés.
» La tristesse demande a être exprimée par des a» spondées et de grands mots ,' qui donnent aux ■» vers beaucoup de lenteur* et de pesaWteuf.
Extincrom Nymphe cràdelr funére Daprmttu Kd f Plcbànt v. 10.
Cunctteqtre profuiïdtfm * n ^ K T*
Pontura aspectabanr fientes.
» La joie, au contraire, inspirant à l'aine des » sentimens vifs ,. précipités , rapides f exigée la ra- »> ptdtté des dactyles.
Saltantes satytos imitabitur Atphésibœus. Ecl - 1- S*
.... . Juvehum manus emicatardens mm. 1.' ^ Littus in hesperium. . ..... t v . . v * *" .
Enfin il montre à varier , selon la diversité* des ' ?
sujets , les cadences , d'où dépend aussi l'Harmonie imitative de la Poésie.
A ce sujet, il donne encore diffère*? préèeptts,
b iv
C *4 3 tu divisant les cadences en cadenets gravis & nom*
breuses , en cadences suspendues , en cadences coupées»
Suivons-le dans tous ces articles où il marche
toujours précédé des plus grands Maîtres.