‹ Les œufs de Paques de mes critiques, dialogues mêlés de vaudevilles [Pieces justifison, et sur l'Hermonie Imitative des langues Grecque, Latine et Françoise]Chapitre 4 sur 36 · ADRESSÉES AUX MÊMES · texte numérisé non relu

ADRESSÉES AUX MÊMES

JL'HONNEUR que j'ai eu de présenter mon Poëme au Roi , à Monsieur , e£ à Monseigneur Comte d'Artois y les suffrages distingués que ce pénible ouvrage m'a valus , les remercîmens , flatteurs des ; compagnies savantes , auxquelles je l'ail oflbrt , enfin , l'indulgence générale avec laquelle le public a daigné l'accueillir , tout m'impose également la iriste nécessité de repousser vos injustes critiques* N'attribuez donc point la publication de mon Apologie à. cet excès de s en si « bilité , dont la nature m'a fait le présent funeste ; ne l'attribuez poinf à. un retour d'amour - propre irrité, a U est bien vrai , » comme dit Montesquieu , qu'on auroit

» continué à garder le silence , si , de ce » qu'on le gardoit , plusieurs personnes n'a- >> voient conclu qu'on y é toi traduit» » Mais je prétends que ces dialogues aient un intérêt moins borné , que la défense de mon opinion particulière.

J'y joindrai des pièces qui formeront un tableau comparé du. système des anciens sur l'Harmonie imitative , avec ce que nos modernes ont pu écrire sur cette ma»

tiere. Ces mêmes vers de mon- Poème, que

vous avez pesamment , ou malignement ridiculisés dans vos feuilles , invoqueront* en leur faveur des vers d'Homère ', de Virgile, d'Horace, de Racine, deBoileau, de La Fontaine, de Voltaire , de M, l'abbé de Lille, &c. , faits suivant les circonstances avec la même combinaison , et dans Jes mêmes principes d'imitation affectée.

Cette prétendue puérilité du conseil de rapprocher les consonnes ou les voyelles douces et rudes , disparoîtra par rapport ' à la langue françoise , ou, tous oserez y

Relativement aux langues grecque et la* tine , faire le même reproche à Denya d'Halicarnasse , à Platon , à QuintAlien , à Roilin , Sec. ,

Ai - je dit , ou non , en tête du second Chant de mon poëme ?

N'allez pas toutefois , Poète Géomètre ; Outrer un tel système , ou le prendre * la lettre , Et tourmenter la langue , au point de calculer Des vers que le lecteur craindroit d'articuler , &c.

De même n'allez point , ainsi que du Bartas s Prendre pour harmonie un yain galimathias , &c.

Ai - je imprimé , ou non , cette note i la suite démon ouvrage ? « Quel est Je Poè'te » raisonnable qui pourra dire que je l'en-r 9 gage à tomber dans l'abus de mon sys* 30 terne, et qui ne sentir^ pas , au çon* ?» traire , qu'il doit disperser en détail t> ce que le plan de mon Poème m'a forcé » de présenter en masse.. »

. Comment , après cela , plusieurs d'entea vous ont «• Us été d'assez mauvaise foi,

ru

pour 'diriger ces mêmes observations contre le Poëme > *x Comment plusieurs d'entre Vous onoils été assez passionnés, pour soustraire 'de leur examen et ces vers et cette note ? Ne sont-ce donc pas des pièces essentielles au procès., ou plutôt , y aur oit-il eu procès , si on les avoit citées ?

J'ai prouvé , par mon Poëme et par ses notes , l'existence et l'utilité d'un système d'Harmonie imitative en poésie. En supposant que l'exécution de ce Poëme ne répondit pas à mon intention patriotique > ce ne seroit pas une preuve de la défectuosité du sujet. Personne n'a contrarié le juste accueil qu'on a fait à la Poétique de la Musique y excellent ouvrage de M. le Comte, de Lacépcde ; oh s'est prêté , en le lisant, à l'enthousiasme du compositeur.

^Pourquoi avez-vôus cherché à troubler le plaisir de ceux qui goûtoient ma musique de la Poésie ? II faut , en déclamant mon

* Les Petites Affiches et les' Ettcnacs du Parnasse •c sont eçunis cette gaîté.

Poë'me , se pénétrer de l'enthousiasme nâ« tionâl qui me Ta dicté. La Motte a die que les vers étoienc enfans de la Lyre, et qu'il falloir moins les lire , que Jes chanter. C'est sur - tout des vers d'imitation que cela est vrai.

Cependant l'un de vous a déclaré que mon sujet étoit absolument vicieux ; l'autre, qu'il étoir bon , tout au plus , pour fournir le sujet d'une épître ; un troisième , que tous mes vers étoient durs ^ sans exception ; un quatrième , qu'il n'y avoit dans l'ouvrage ni sujet , ni plan , ni poésie. Ceux d'entre vous que la partialité n'aveugle point, n'ont osé en dire tout le bien qu'ils en pensoient , de peut de choquer leurs confrères. Enfin , il est résulté de cette Harmonie de critique un

préjugé défavorable à l'ouvrage , dans l'esprit dp ceux qui sont accoutumés à croire l'autorité des Journaux infaillible. Leur influence est malheureusement telle , que des Littérateurs , plus ou moins estimables,

ébranlés pat leur décision , ùnt été jusque sue dire d'abandonner tout Cela , et de fair* des Opéra-Comiques., genre auquel , ajou-»

Soient- ils, je suis exclusivement appelle* c Mais que rénondoit Boikau , quand les Journalistes de Trévoux déchiroient Se* productions? Pars, disoit-il, à l'équi-

Et si plus sûrement tu veux gagner ta cause , Portes -la dans Trévoux , à ce beau Tiibunaf ; Où de nouveaux Midas un Sénat Monacbat , Tons les mois appuyé de ta sœut l'ignorance , Pour juger Apollon , tient > dit-on, sa, séance."

Une vengeance aussi éclatante ,- je dirai même aussi dure , n'appartçnoit , sans doute, qu'au législateur de la critique»

JLes Journalistes de Trévoux en valoient fl'autrcs par leur esprit et leur malignité ; mais quand il seroit vrai de dire que vous les surpassez à tous égards , comme il est vrai de dire que j'ai cherché, à imiter Boî* leau dans sa versification > je laisserais

lui

encore à des écrivains plus ulcérés que*u>î à vous donner de pareils coups de massue* C'est à vous - même , le Public assembla , que je me plains de vous. Vous n'avez point tenu compte des recherches immenses qu'il m'a fallu faire , et du m'échanisme laborieux auquel il a fallu me soumettre* Vous aviez prévu que l'intention et l'ensemble eftàceroient y aux yeux des gens de goût , les défauts de détail. Vous avez donc conspiré unanimement contre ce Foëme , en haine de ma réputation naistante. Au reste , il a marqué , malgré vous , *et essai poétique , dont l'objet est d'étendre les privilèges de notre langue ; et j'ai bien mérité de la patrie , en le composant. Mais vous , êtes-vous entrés dans les vues -de l'administration , en décriant dans le royaume un Panégyriste de la lan«% gue françoise ? « Il nefaut point, ditMon- » tesquieu , argumenter contre un ouvrage » fait sur une science , par des raisons qui * pourroient attaquer la science méme.*£>

Jamais Journaliste n'a dit qu'il avoif eu tort , et n'est revenu sur son premier jugement , quelque forte raison qu'on ait eu pour en appellcr. Je suis autorisé plus que personne à le croire. Plusieurs d'entre vous m'ont refusé la voie de leur Journal, pour me justifier , "sous le prétexte spécieux que ie public étoit ennemi des controverses littéraires. Mais quel est le François lettré , à qui des observations sut l'Harmonie de la langue auroient pu paraître indifférentes ? Quelques fécondes que soient vos feuilles , n'y a-t-il pas des lacunes , et des momens de stérilité dont vous auriez pu profiter , pour rendre mon apo* logie publique.

Si , comme vous l'avez observé , les bornes de vos feuilles sont telles , qu'une discussion grammaticale , il est vrai , mais poétique à la fois ? n'y puisse trouver place; si , comme je l'ai observé moi - même , il n'est permis qu'à vous , à vos coopérateurs ,

et à vos amis , de s'y disculper , rien ne.

tous 'empéchoît d'annoneer, purement et simplement, que je ne me tenois pas pour battu , et que je pubiierois incessamment l'apologie de mon ouvrage. Vous m'avez refusé cette satisfaction légitime ; l'auto-* rite , selon vous, eût été compromise, en vous forçant à me la rendre. Mais je dévoilerai au public votre prévention et Votre malveillance. Ce public saura que j'ai sollicité vainement cette justice de vous. Il ouvrira les yeux sur les procédés secrets de ces inquisiteurs littéraires , qui veulent mettre un bâillon à l'Auteur qu'ils dévouent aux flammes. Ce public saura que je vous avois engagés à différer votre critique , pour des raisons personnelles d'avancement, et que, loin d'accéder à ces considérations particulières , vous, .vous êtes hâtés de frapper , à coups redoublés , sur mon ouvrage , en ajoutant que j'avois eu la foiblesse de vous demander grâce.

Je sais qu'il est impossible de multiplie* les copiés de ma défense à l'égard du nom-

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