BE EE DEAN
mg uttér
eq
Le 55
= qe À. à EZ y we "4 hi — æ Æ o ES per on Le EE gen. pr ma 10 LT ni taie > RS = ARR ne
Blande pour leur souhaiter uu bon voyage et.
les prier de revenir quelquefois les voir dans cette solitude ; ce que ces derniers promirent de bon cœur, Au moment où Rosalinde allait monter dans la lourde voiture qu’on avait amenée pour elle, une des charbonnières les plus aisées de la vallée se fraya un passage à travers la foule, lui préseuta un bouquet de romarin, et lui dit d’une voix fortement émue :
‘ Permettez-moi,. noble dame, . d'élever pour la dernière fois une voix reconnaissante Pour vous témoigner notre gratitude de tout ce que vous avez fait pour nous pendant votre séjour dans cette contrée. Pour tout dire én peu de mots, nous vous devons beaucoup plus que nous ne pourrions exprimer: Vous avez appris à lire à nos enfans, vous leur avez inspiré l’amour de Dieu et du bien, vous avez enseigné à nos filles mille choses avantageuses Pour un ménage, vous nous avez douné des animaux dont nous apprécions tous les jours davantage l'utilité; mais ce qui l'emporte infiniment sur tout cela; c’est que vous nous avez donné de beaux exemples, vous avez formé nos cœurs à la vertu par votre piété, Par votre modestie, par votre générosité et surtout par votre résignation. Oui, noble dame, nous avons souvent admiré en silence Passemblage heureux des précieuses qualités qui ornent votre personne, et pendant que tout
autour, de vous faisait l’éloge de vos vertus, vous seule paraissiez ignorer votre véritable
£ grandeur. Mais maintenant que vous allez
nous quitter, nous ne pouvons taire plus longtemps ce qui a fait si souvent l’objet de notre confusion, Ah! noble dame! puissiez-vous jouir en paix de toute la félicité que vous méritez, et que vous avez acquise par. votre conduite irréprochable au milieu de nous !” Rosalinde, émue par ce témoignage de vénération et par ce profond attachement, aurait voulu répondre à la bonne. charbonnière ; mais cela lui fut impossible : elle présenta sa maïn, que [a femme couyrit de baisers: à linstant, foutes les autres en firent de mème. Des armes coulèrent de tous les yeux, :et.ce fut un spectacle vraiment touchant que ce départ de la bonne comtesse : on eût dit que
* chaque famille perdait en elle son soutien et
sa consolation.
Arno, qui n'avait connu qu’une faible partie du bien que son épouse avait opéré daps cette vallée, fut extrêémement surpris en entendant de la bouche de la charbonnière l’énumération de tout ce que ces braves gens devaient à Rosalinde. Il forma aussitôt dans son cœur le projet louable de donner suite à ces heureux commencemens. . Le cortége se mit donc en marche, suivi des bénédictions d'une multitude avide de contempler pour la dernière fois
les traits chéris de la femme supérieure dont la présénce avait été une source de grâces pour la contrée. La marche ressemblait'à’ un triomphe : partout où Rosalinde passait, elle trouvait des cœurs pénétrés d’amour et d’admiration pour ses vertus, pour son héroïisme et sa noble résignation.
Lorsque le cortége fut arrivé sur les terres du domaine d’Arno, un nouveau plaisir avait été ménagé à cet heureux couple. Le baillis de ta contrée avaient fait élever un superbe arc de triomphe sur lequel brillaient les armes d’Arno et de Rosalinde. Autour de cet arc étaient rangés les vassaux du comte, tenant en , main des branches de chêne et faisant retentir les airs d’acclamations pour féliciter cette famille chérie sur son heureux retour au milieu d'eux. Les enfans, qui n’avaient jamais rien vu de semblable, ne purent revenir de leur étonnement, à l'aspect de ces signes unanimes d’amour et dévoûment : ils avaient cru que les charbouniers étaient les hommes les plus attachés à leur mère, et voici que des milliers de cœurs recounaissans se pressäient autour de leursparens. Rosalinde profita de cet enthousiasme général pour pénétrer ses enfans du désir de se faire aimer un jour de ceux que la Providence avait confiés à leurs soins pour les diriger dans la voie de la justice.
. Arrivée etifin dans le vieux manoir de sa fa.
dont y pour o tri- , (lle d’ad-
roisme
terres + avait e bailuperbe s armes cet arc nant en retentir ette familieu ais rien leur éanimes que les us attaiers de our de anthou- | du déque la Dour les
e sa fa-
mille, la comtesse versa des la
le, la comiésse versa ! rmes b .
ces de se retrouyer chez elle après Be rs
gi? parent. Malgré le zèle d’Arno à faire sparaître les traces de destruction, on ne
; S ré put s'empêcher d’éprouver des sensations pé-
pe À la ve de l'état pitoyable dans lequel ALU ce domaine autrefois si florissant.
Mk curiez dit qu’une armée ennemie y:aait pus e y avait livré plusieurs batailles sanpi A ant était générale la dégradation.
Hb iers d'arbres avaient êté coupés par les ques pes partisans de Schroffeneck ;le jardin a évaaté et ressemblait à un cimetière où Fa nent pêle-mêle toutes sortes de plantes | utiles et parasites. Le château n’offrait pas Pas l’image de la désolation : obligés de l’aë gr onner par suite des nouvelles de la guerre et. à retour de son possesseur légitime, les soldats de Sch roffeneck emportèrent une foule do’b jets précieux, ou détruisirent ce qu’ilsne poené emporter ; de ce nombre était une collection
de tableaux dus aux pinceaux des plus habiles.
maîtres de l’époque, et représe les principaux traits de la age Tésus- Christ, plusieurs portraits des ancêtres de Rosalinde. La pieusc omtesse ne peut que gémir en comparant l'étate actuel de ce domaine à ce qu’il était quand elle fut obligée de le quitter au moment de sa fuite. Elle déplora l'avanglement, l'injustice et l’ambition des hommes et pria Dieu de Îa préserver, elle ainsi que
son époux, de jamais descendre à des sentimens si bas Plusieurs jours furent employés à recevoir les félicitations d'un peuple si heureux de revoir son ancien maître. ‘Are no présenta à Rosalinde plusieurs des guerriérs qui avaient combattu à côté de lui, et dont il éleva jusqu au ciel la bravoure.
Mais il ne terit point en parlant d’un jeune homme qui avait à peine dix-neuf ans, et qui lui sauva la vie dans une occasion où Arno auait infailliblément péri sans la présence d’esprit et la rare intrépidité de ce jeune héros. Le comte lui avait offert de l’attacher à sa personue et de lui faire un ‘sort heurenx ; mais
ce jeune homme avait un père septuagénaire |
qu’il ne pouvait abandonner. et c’est ce qui le porta à refuser l’offre de son bienfaiteur reconnaissant. ‘ Je trouverai un moyen d’arranger tout cela, s’écria Rosalinde, c’est’ de les faire venir tous deux et de les placer anprès de nous. ” Le comteapplaudit à cette proposition, et fit venir le père, qui passa ainsi une vieillesse heureuse auprès d'Arno.
Quelques semaines après l’arrivée de Rosalinde au château, son ‘époux entreprit un petit voyage, et parcourut ses vastes domaines : pour s’informer de l’état véritable des choses. Partout il recueillit de nouveaux témoignages d’amour ; mais partout aussi ses regards furent consternés du spectacle de la misère, suite né-
# sen- |, emeuple LA g guer- “ loi, Avoure.
| jeune et qui ‘no at- [. d’eshéros.
, Sa pers mais
agénaire |:
e qui Le teur re- > d’ar-
est de
r auprès te pro” sa ainsi
Rosan petit :$ pour s, Pares d’afurent ite né-
cessaire des désastres passés. Par des mesüs res sages et ure économie bien entendue, il parvint à rappeler l'aisance et le bonheur : il exempta de plusieurs redevances ses vassaux, fournit des sommes d’argent à ceux qui ne pouvaient faire face aux dépenses que. nécessitaient leurs familles, ainsi que les amélioratioos dans leurs terres, et rétablit de cette mnnière les choses sur le pied où elles étaient avant l’invasion de Schoffeneck.
Deux années se passèrent ainsi, et partout des améliorations sensibles attestèrent d’une part la sage et prévoyante administration du comte, et de l’autre l'intelligence et l’activité des sujets. Lorsque les malheurs furent ainsi en grande partie réparés, Arno revint à son projet de faire du bien aux charbonniers qu'il n’avait point oubliés depuis le départ de. son épouse. Il communiqua à la comtesse le plan qu’il avait formé et que voici.
La vallée occupée par ces braves gens était, ainsi qu’il a déjà été dit, trop éloignée du village de la paroisse duquel elle dépendait pour que les charhonuiers pussent facilement et régulièrement suivre l'office divin. Jusqu’alors la corruption des mœurs n'avait point pénétré dans cette retraite ; mais cela était plutôt dû au peu de relations que les habitans entreteaient avec le voisinage, qu’à des efforts pour pratiquer la vertu, Tout le monde sait que
l’ignorance est la mère da vice, et ‘que tôt üù tard les bonnes mœurs sont en danger! si ia religion ne vient de temps en temps ranimer dans nos âmes le feu sacré de l’amour de Dies, et ne nous rappélle à nos devoirs. D’ailleurs, depuis le séjour de la comtesse, les charbonriers faisaient un peu plus de commerce qu’auparavant, ce qui les exposait à rapporter les mauvaises impréssions et à les communiquer aux autres. [létait nécessaire de contrebalancer l'effet de ces impressions, ce que la religion pouvait seule avec succés. É Arno fit donc part à son épouse qu’il avait résolu de fonder une église dans la vallée, et de la faire ériger en paroisse par l’évêque du diocèse ; ensüite d’y ajouter une école avec une rente pour le curé chargé de desservir: la petite commuue et de tenir l’école. Rosalinde approuva ce projet, ét ajouta : ‘ La petite
chapelle paraît parfaitement convenir à l’em-
placement de l4 nouvelle église ; car comme
elle est située sur une éminence, elle n’est
point sujette à être inondée en cas de grande blüie par le gonflement du ruisseau. La petite maison'que j’ai habitée pendant trois ‘ans pourra servir de logement au curé : le meuñiér; qui est un homme fort religieux, la cèdera saüs doute moyennant la somme que vous lui offrirez afin de l’indemniser ; quant au linge et aux ornemens d'église, je me #harge de les
tôt du si ia re animer > Dies, illeurs, arbonqu’auter Îles iniquer ntreba- ‘la re-
| avait ée, et ue du e avec rvir Ja salinde petite | l’em- OMME > n’est grandé La pe- 1$ ‘ans 2uñiér;, cèdera pus lüi inge et
de les
confecti (Cnner avec mes femmes d'ici au mo:
N | Mie accompagné de ln.
nt de ses domaines et de FT jé
“ he: Pauvre dans ce: Projet, dit le meua Dent d'un changement Me 3 °pérer parmi nous, ét dont les bobié 1énces sont Inappréciables, : La : présence |
d'un Prêtre au milieu de nous est déja une'ex:
ru uñe amélioration sensible être de nos Charbonniers. Une
na neveux béniront un jour la mémoire du F, CUX Comte auquel ils en seront ‘rede.
vables.? 1 en .
Ensuite le meunier demanda à Arno la per- |
Mission d’appeler quelques-uns des charbonniers les plus aisés et les plus influeus, pour Jeur annoncer ce dont il s’agissait. Ces braves gens furent de mêtie au comble de leurs vœux en apprenant ces nouvelles: ils s’ofrirent sur-le-champ à aider de tous leurs moyens l’entreprise projetée. Le comte, satisfait de l’empressement des charbenaiers, leur proposa tout de suite une chose fort essentiellee Comme le chemin qui conduisait à la vallée était non-seulement fort étroit et ne permettait presqué pas aux voitures de passer, mais encore était entreçoupé en plusieurs en= droits de rochers saillans qui en rendaient le passage dangereux, Arno fut d’avis de mettre eu bou ordre, cé chemin, afin de faciliter le transport des matériaux pour la construction de l’église. Ilannonçga que si les habitans de la vallée voulaient fournir tous les jours quelques hommes, il enverrait lui-même douze individus capables de conduire les travaux ; ce qui fut accepté: de sorte que le chemin fut parfaitement. bien arrangé, ce qui était déjà un avantage précieux pour la vallée.
Après cette première opération, on vit ar-
river toutes.les semaines des voitures chargées
de matériaux, et lorsque le printemps permit
aux ouvriers de mettre la main à l’œuvre, on treusa les fondemens d’une jolie église qui fut achevée au mois d'octobre suivant, sans Îles
our Ces le de : ils leurs SB=ierss t esait à et ne sser, 8 En= nt le ettre :r le ction ns de quellouze aux 5 in fut déjà
itare rgées
ermit e, on 3 qui ns les
décorations intérieur l’hiver.
Rosalinde et fon époux s'étaient plusieurs fois rendus sur les lieux avec
inspecter les travanx, rait dans son Château les 0 cristie, les nappes d’autel, lement des chantres et de
€#, qu’on y placa pendant
usement au milieu
de la vallée sur une petite éminence : Je chœur
régardait lorient et recevait les rayons du so eil levant. AY Montait par douze marches taillées dans le roc. Sur le plateau furent Plantés Autour de l’église des tilleuls et'des
ormes, Comme pour répandre leur ombre sur le bâtiment. Ds M..
Pour le jour de Pâques et Pab-
que plusieurs de ses religieux, dans Ja maison
occupée autrefois Par lac avait achetée du meunier bytère.
cer à toute | devait être
ceux-ci allumèrent Sur toutes le
4 Contrée la grande solennité ‘ui aux habitans 8 hauteurs voi.
D Dm Pr
An es daigné emilie tante “ons < Ami mien m0
sines des feux.de joie, et firent retentir lesaiss de joyeux cantiques.
L'église avait été ornée de guirlandes, de branches:de sapin, la seule verdure qu'il y eût alors.
.Le comte, sa famille et une foule de seigneurs arrivèrent sur les neuf heures.du matin pour assister à l'office divin, que le vénérable abbé:du couvent de Saint-Sauveur célébra aveë uue pompe qui frappatout le monde. Après la lecture. de l'Evangile, il monta dans la nouvelle chair, et adressa aux fidèles un discours pathétique pour faire ressortir les avantages qui résulteraieut pour eux de Ja constraction de ce temple.
Son discours fit couler les larmes de tous les yeux, surtout lorsqu'il appela les bénédictions du ciel sur la noble famille qui faisait un si bel usage de ses richesses en les consacrant à la gloire du Seigneur et au soulagement des hommes.
À l'issue de l’office divin, le comte et Rosalinde montèrent au presbytère, où avait été préparé un petit repas pour eux et leur auite. La gaîté la plus franche régna pendant tout le temps qu’on passa à table ; les vêpres furent chantées à l’heure ordinaire, et pour couronner dignement la fête Arno et Rosalinde distribuèrent aux enfans de la vallée des œufs de Pâques, aiasi qu’ilsle leur avaient promis le
egairs
sde y eût
le seimatin érable a avec Après a nougcours ntages ruction
à (ous nédicait un acrant
t des
osat été quite.
ut le urent nner istrifs de is le
jour où le comte avait retrouvé sa chère épouse. Cette heureuse journée, dont rien ne troubla la joie, laissa de profonds souvenirs dans l'esprit de tous les habitans de la vallée. Lorsque le comte et sa suite repartirent sur le soir, de nouveaux feux de joie furent allumés sur les hauteurs, et les charbonniers accompagoèrent leurs augustes bienfaiteurs jusque sur les frontières de leurs domaines.
L'église était donc construite, le presbytère acquis, le curé nommé et la commune heureuse. Mais il restait encore quelque chose à faire : il fallait pourvoir à l'existence du curé, du sacristain, et à l'entretien des bâtimens, car la plupart des charbonniers n’étaient pas encore en état de faire de grands sacrifices pour subvénir à toutes les dépensss que nécessitait tout cela. Arno vola à leur secours, et leur fitune donation aui mit le comble à sa générosité. Il fit dresser un acte par lequel il céda à l'église de la vallée une magnifique forêt dont les revenus devaient être employés aux usages susdits. Cette donation fut sanctionnée par un rescrit du prince, et resta à perpétuité attachée à la nouvelle paroisse. Parreconnaissance pour tous ces bienfaits, les habitans, d’un commun accord, donnèrent à leur vallée le nom de Val d’Arno, nom qui lui est resté jusqu’à nos jours. Souvent, lorsque le temps était beau pendant la saison des chaleurs,
ils s’assemblaient sous les tilleuls et racontalent, à leurs fils et petits-fils comment ils étaient parvenus à jouir de tous les avantages qu “ils possédaient alors, afin de’ provoquer dans l’âmes desjeunes gens Ja compassion envers les infortunés etles étrangers. Bientôt cette petite commune, qui ne consistait dans le principe que. dans une trentaine ‘de chaumières, devint un village florissant. Comme le meuuier avait été la cause première du séjour. de la comtesse Rosalinde dans la vallée en lui offrant sa maison, on donna le nom d’Oswald à AL rue principale du village L’histoire ‘de homme bienfaisant fut ainsi conseryée Se celle de Rosalinde et d’Arno, et leurs noms farent prononcés avec.une égale reconhaissance par la postérité la plus reculée. ‘ Pujsse la fecture de cette petite histoire inspirer aux personnes qui fa parcourront ces seutimens de charité chrétienne, base de !a véritable générosité et source de josissances que doit ambitionner tout cœur bien né ! La faculté dé faire du bien à ses semblables est en effet uñe des plus nobles prérogatives” de l'homme, et [ui procure les charmes du bouheur q qu'il s efforce en vain de chercher ailleurs,
L raconnent ils antages uer dans | envers it cette e prinmières, meu- Dur. de en lui
Dstbald
re fu:
| M ces Ja vé- S ue A ve de en
‘de DR eurs,
tm, * z
non