DE LA JEUNE DAME QUI A VIEIL MARY
En languissant et en griefve tristesse Vit mon las cueur , jadis plein de lyesse , Puis que^ l'on m'a donné mary vieillard. Hélas pourquoy? rien ne sçait du vieil art Qu'aprend Vénus l'amoureuse déesse.
Par un g désir de monstrer ma prouesse Souvent l'assaulx ; ^ mais il demande où est-ce ? Ou dort, peult estre; et mon cueur veille à part En languissant.
Puis quand je veulx luy jouer de finesse ,^ Honte me dict : a Cesse , ma fille , cesse , Garde-t'en bien , à honneur prens esgard. » Lors je respons : « Honte, allez à l'escart. Je ne veulx pas perdre ainsi ma jeunesse En languissant. »