A DAME JEHANNE GAILLARDE, DE LYON FEMME DE BON SÇAVOIR
D'avoir le pris en science et doctrine Bien mérita de Pisan la Cristine^ Durant ses jours ; mais ta plume dorée D'elle seroit à présent adorée, S'elle vouloit par volunté divine.^
Car tout ainsi que le feu l'or affine , Le temps a faict nostre langue plus fine De qui tu as l'éloquence asseurée D'avoir le pris.
Doncques, ma main, rends-toy humble et bénigne , En donnant lieu à la main féminine.^ N'escriptz plus rien en ryme mesurée, Fors que tu es une main bien heurée D'avoir touché celle qui est tant digne D'avoir le pris.
i. Christine de Pise ou de Pisan, femme savante et poëte du commencement du XV" siècle.