‹ Les œuvres, augmentées d'un grand nombre de ses compositions nouvelles par ci-devant non impriméesChapitre 247 sur 355 · I. Je vois · texte numérisé non relu

I. Je vois

A ANNE

L'heur ou malheur de vostre congnoissance Est si doubteux en mon entendement Que je ne sçay s'il est en la puissance De mon esprit en faire jugement; Car si c'est heur, je sçay certainement Qu'ung bien est mal quand il n'est point durable; Si c'est malheur, ce m'est contentement De l'endurer pour chose si louableJ

1. Cette épigramme est aussi attribuée à Mellin de Saint-Gelais, avec ce changement dans les quatre derniers vers :

L'heur est si grand que j'y crains changement , Et l'heur est mal, quand il n'est point durable, Au mal aussi y a contentement De l'endurer pour chose si louable.

A UNE DAME POUR l'ALLER VEOIR.

Endormez bien Argus qui a tant d'yeux Et faictes tant que Dangier^ se retire; Duisans- ne sont, mais par trop ennuiyeux A qui aller vers sa dame désire.

Là vous pourrez de bouche à loysir dire Ce, dont l'escript ung mot n'ose parler. Qu'en dictes-vous, ma dame, y dois-je aller? Non, je y courray, mes emprises =* sont telles. Comment courir! je y pourray bien voiler Car j'ay d'Amour avecques moy les aesles.

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