Aveuglé par les calomnies
Est bien la chose, en la terre habitable, La plus à craindre et la moins souhaitable.
Si m'en allay, évitant ce danger.
Non en pays, non à prince estranger.
Non point usant de fugitif destour, Mais pour servir l'autre roy à mon tour. Mon second maistre et ta sœur son espouse* A qui je fuz des ans à quatre et douze * De ta main noble heureusement donné.
Puis tost après, royal chef couronné, Sçachant plusieurs, de vie trop meilleure Que je ne suis, estre bruslez à l'heure^ Si durement que mainte nation En est tombée en admiration,* J'abandonnay, sans avoir commis crime, L'ingrate France, ingrate, ingratissime A son poëte ; et en la délaissant , Fort grand regret ne vint mon cueur blessant. Tu ments, Marot, grand regret tu sentis Quand tu pensas à tes enfans petis!
Enfin passay les grans froides montaignes* Et vins entrer aux Lombardes campaignes , Puis en l'Itale, où Dieu qui me guidoit Dressa^ mes pas au lieu où résidoit