‹ Les œuvres, augmentées d'un grand nombre de ses compositions nouvelles par ci-devant non impriméesChapitre 98 sur 355 · ADIEUX A LA VILLE DE LYON · texte numérisé non relu

ADIEUX A LA VILLE DE LYON

Adieu, Lyon qui ne mords point, Lyon plus doulx que cent pucelles , Sinon quand l'ennemy te poinct, Alors ta fureur point ne cèles.

Adieu aussi à toutes celles Qui embellissent ton séjour ; Adieu , faces claires et belles , Adieu vous dy , comme le jour, *

Adieu, cité de grand valeur.

Et citoyens que j'ayme bien.

Dieu vous doint la fortune et l'heur Meilleur que n'a esté le mien.

J'ay receu de vous tant de bien.

Tant d'honneur et tant de bonté Que voluntiers dirois combien; Mais il ne peult estre compté.

Adieu les vieillardz bien heureux , Plus ne faisans la court aux dames ,

I. Je suis tenté de comprendre claires et belles comme le jour: bien (jn'on puisse voir une lorution proverbiale dans dire adieu comme le jour.

i08 ŒUVRES DE CLÉMENT MAROT.

Toutesfoys tousjours amoureux De vertu , qui repaist voz âmes.

Pour fuyr reproches et blasmes,* De composer ay entreprins Des épitaphes sur voz lames, ^ Si je ne suis le premier prins.

Adieu, enfans plein de sçavoir, Dont mort l'homme ne deshérite :

Si bien souvent me vinstes veoir, Gela ne vient de mon mérite.

Grand mercy, ma Muse petite, G' est par vous ^ et n'en suis marry ; Pour belle femme l'on visite A tous les coups un layd mary.

Adieu la Sône* et son mignon Le Rosne qui court de ^ vistesse ; Tu t'en vas droict en Avignon, Vers Paris je prens mon addresse." Je diroys : adieu, ma maistresse; Mais le cas viendroit mieulx à poinct Si je disois : adieu jeunesse, Car la barbe grise me poinct.

Va, Lyon, que Dieu te gouverne!

Assez long temps s'est esbatu

i . Les reproches qui s'attachent aux écrits frivoles.

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