‹ Les œuvres de Monsieur de VoitureChapitre 144 sur 229 · I.KTTRES · texte numérisé non relu

I.KTTRES

sci{{iifur, lU! fait-il pas plus sombre ii MimsItM', depuis rpie Madame de Lungiicuilic n’y est plus 1 Au moins fait-il plus clair, et plus Itenu à Paris depuis <pi’ellc y est :

l’urior hic campos .Ether, et lumine vestil l'urpuri’o.

Le Monde, et la Fortune vont ainsi ;

hic apirnn rapn\

Forluna, cum slridore aruto i^iistulit, hic (MisuisM' gaudel.

Vous nous l’aiicz eniioyéc plus belle, plus aymable, et plus habile, c|ue nous ne vous Fanions donnée ; et toute grosse quelle est, elle met icy en feu plus de 1a moitié du Monde. .Irainus kinc lerror, snnetaque reuerenlia. quUl sil illud, quod tnntum perituii vident. le voudrois (|uo vous pussiez oùir tout ee (|u’elle dit de vous, cl nuec quelle estime et quelle amitié elle en parle. Quoy que. vous ne soyez point sujet aux passions, (n’est -ce pas Monsieur Cornifice Ylfet, qui sousiient celle opinion-là‘?) en vérité, vous seriez en quelque hazard. Elle vous remercie de l'auis du mariage. Elle n’en sçatioit encore rien d’asseiiré, et m’a commandé de vous faire de sa part mille compliments du meilleur tximr du monde. Vostre Italien, au reste, et son élégance, m’unt surpris. Tout de bon. Monseigneur, vous m’effrayez.

Tôt linguo', tutiilem ora aonaiit î

Il y a quelque chose de motif Irueux en cela. Celle bouche du douze fontaines, que l’on donnoit à Pindare, ne vous la peut-on pas donner à plus iiiste titre? Mais dans quelabysme auez-vous esté chercher, $e non vi pince preslanni quelta fede : et par quel art, ex re- i

bus damnutis, et iam nulli'^, S(,auez-vous tirer des bcautez et des j

grâces toutes fraisches, cl. toutes nouuelles? Cela, auec luUo Barlolini, et Bartolomeo IJini, estoit enseuely dans ma mémoire, stius le débris de mille autres choses, que le temps y a démolies. X'ous l’y avez fait reuenir quasi turc pustliminii, et ie ne vous puis «lire auec combien de plaisir, l’eus honte, en vérité, de ee que mon valet me vil éclater de rire, en lisant vue lettre, qu’il auoit entendu que l’on me donnoit de la part de Monsieur tl’Auaux ; ce Monsieur d’Aiiaux, si graiic, si si’ricux, si important dans l’esprit de tout le '

monde. Besardua rctuslis nouUalem darc, obsolelis nilorcm, fuslidilis graliam. .Mais piuir vous, cela vous est aysé : et vous en seatiez bien «Faut res.

r>K MONsitvn Kl-: vnri’vui;.

AV MliSMi:.

LETTilE CXCVI.

Il l'uul uuuiier, MoiiM'i^'iii'ur, que vous aue^ eu iiioy vue eslranj^e fs|jecc de Cuiniiiis. il ireiileiid jKts un mot de Finances : il ne va iainais à la Üii-ecliou,el à jteine inesine s'aiiise-t-il en six mois vne fois, d’écrire à sou Maistre. Mais, eu rec-omiwnsii, il joué la'au jeu, il fait des vers, il escril de belles lettres, et fait quekjuefois des combals aux tlainbeaux à iiiinuit. le me iiasie de m'accuser nioy-mesine, pt)ur arreslcr vos reprimendes. Car il nie semble que ie vous voy, auec vüstre visage de l’leni|)olentiaire, me reprocher encore mes ( ilympiades, et dire

Sprraliam iam «Irseriiis.'ic adulrscenliani :

(jauilebaiu ! ccce autein de iiitegro.

■Mais ic croy qu’il n’y a pas de boule à moy, de n’eslre pas plus sage dans mes vieux iours, que d’autres ne le sont dans leur Jeunesse. .Sa/ey Jlassi irh^wcnn, et poclicuin itiye.nium fuit, ner n'Ihuc sencc- (ute maturvm. le vous alloué jKiurtunl, que ie n’ay pas laissé d'en esire vu pou honteux , sd cela m’a arresté long-temps de vous escrire : outre que dans le chagrin où ie m’imagine que vous estes, de voir que vostre ouurage ne s’auancc jniint : j’ay cru que des lettres aussi peu serieu.ses que les miennes, ne seroient [>as de saison. Moy qui connois, Monseigneur, combien vous aymez votre pais : ie ne doute pas que vous ne soyez aitligé <le voir les diflicultoz qui naissent de iour en iour, et qui s’opposent au succez de 1a négociation qui est entre vos mains. Ce que ie vous puis dire là dessus : c’est que vous n’en douez estre touché, que pour l’interest public, et que le vostre particulier est entièrement à couuert. On est si bien persuadé de vos bonnes intentions, que toutes les fois que l’on si! plaint icy du retardement de la Faix, de ceux que l’on s’imagine (à tort peut-estre,) qui n’y font pas tout ce qu’ils pourroient : cela donne occtision de jiarler de vous, et en fait dire tout ce que vous seriez bien ayse d’entendre. C’est vne chose merueilleuse, que celte estoille qui vous a donné de tout temps l’amour des peuples. Il n’y a icy pas vu bourgeois, qui ne vous nomme, qui ne vous connoissir, i|ui ne vous loue. La France a mis en vous seul ce peu d’csperance (|ui luy reste. Voyant bien que la Faix ne se peut plus faire que par miracle, on croit que c’esl vous qui fera ce miracle-là : et dans la

LETl'UH^'^

consternation publique, vous estes le reconfort de tout le monde. Au reste, tout est icy tellement changé, les co*urs y sont si abbalus, les plaisirs si resserrez : que ie ne voy pins guère de choix entre le séjour de Munster et celuy de Paris. On n'y voit plus que des gens qui se plaignent, les vns que l’on leur osie leurs gages, les autres que l’on retranche leurs pensions : et il s’y trouue inesine desCkjminis de Surintendans, ()iii disent, qu’ils ne sont guère mieux traitiez (|ue les autres.

On y 'oil aussi .Sadé ,

Ou bien que tout soit badé, etc.

C’est, ce me semble, vn fragment d’vne piece de nostre ieunesse. Afin que vous iugiez, Monseigneur, si j’ay profité depuis ce temps-là, ie vous enuoye des vers que ic lis il y a trois ans, sur la maladie que I Monseigneur le Prince eut en Allemagne. Quelques considérations ' m’cmpescherent alors de les montrer. le ne les ay fait voir que de- I puis quelques iours. Ils ont esté assez bien receùs icy. Mais ie ne croiray rien de ce que l’on m’en dit, jusqu’à ce que ie sçache le iugement que vous en ferez, l•'ailes-moi riionneur, s’il vous plaist, de me mander, si c’est rien qui vaille : afin que si ie n’y reüssis pas, ie cesse d’estre Poète; et que ie me mette tout à fait à estre Financier. le ne puis finir cette lettre, sans vous dire, que Madame de Longticuille en receut dernièrement vne des vostres, dont elle fit vn cas merueilleux, et qui a esté extrêmement loiiée de tous ceux qui l’ont veüc. A dire le vray, elle le tiieritoit ; et il ne se peut rien voir de plus beau.

Nosti, .\atiplio, quàni degaiis si>cdator fornianim sicm.

Vous sçauez si ie me connois en ces sortes de laîautez. 11 n’y a que vous en France, qui puisse escrire de la sorte.

AV MESMi:.

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