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DES ÉGLISES ÉVANGÉLIQUES DE FRANCE

Deux noms se présentent tout d'abord à l'esprit lorsqu'on veut remonter aux origines de l'Institution des diaconesses, celui de son fondateur, le pasteur Antoine Vermeil, et celui de sa collaboratrice, M"0 Caroline Malvesin, qui fut à la fois la première diaconesse et la première directrice de l'œuvre. Qu'il nous soit donc permis de les rappeler ici et de montrer comment Dieu les rapprocha au moment où leur action commune pouvait devenir si utile, après avoir préparé chacun d'eux par une série de dispensations providentielles (1).

Antoine Vermeil était né à Nîmes le 19 mars 1799. Il appartenait à une famille huguenote, originaire de Picardie. Enfant, puis jeune homme, il se montra studieux et distingué. Après avoir un moment songé à la médecine il se décida pour le saint ministère et fît ses études de théologie à Genève. 11 fut retenu quelques années dans cette ville, où il se lit remarquer par sa prédication. De Genève il fut appelé à Hambourg comme pasteur de l'Eglise française, et de là, après une année de ministère, à Bordeaux, en l<S2/i. Ce fut à Bordeaux surtout qu'il donna la mesure de son activité chrétienne et de son talent organisateur.

C'était l'époque où la vie religieuse commençait à se réveiller dans nos Eglises. Mais cette vie avait peu de manifestations extérieures; tout était encore

(1) Pour ne pas fatiguer le lecteur par des notes répétées, disons une fois pour tontes que nous nous sommes aidé pour ce travail du rapport présenté par M, W. Monod à la fête du Jubilé de I Institution des diaconesses et d'une notice biographique sur M. Vermeil, rédigée à la même occasion par M. le pasleur Frank Vermeil.

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à organiser. On jugera du travail que dut s'imposer M. Vermeil, outre les soins de l'Église, en se rappelant que seize ans plus tard, au moment où il quittait Bordeaux, il avait mené à bien les entreprises suivantes : construction d'un temple (les Chartrons), avec écoles, acquisition d'un cimetière, création d'un Bureau de bienfaisance protestant, établissement d'une Société de bienfaisance composée de trente-six dames qui se partageaient les quartiers de la ville à visiter. Il créa à Bordeaux la première salle d'asile, sous la direction d'un comité mixte . dont il offrit la présidence au cardinal Cheverus, fonda la Société de prévoyance et de secours en faveur des veuves et des orphelins de pasteurs appartenant à l'Eglise réformée de France, et posa les bases de la Société chrétienne protestante de France qui servit de point de départ à la Société Centrale d'évangélisation, l'une des plus importantes du protestantisme français. L'énumération seule de ces œuvres montre comment s'exercèrent et se déployèrent les talents remarquables de M. Vermeil comme prédicateur, conducteur des âmes, administrateur bienfaisant. Cette activité extérieure ne nuisait en rien à sou activité spirituelle. Plein d'une « foi agissante par la charité », d'un zèle ardent et généreux, il cherchait constamment les occasions de s'employer et d'entraîner les autres à sa suite.

Sa translation à Paris, où il fut appelé comme pasteur en 1840, ne lui fit que plus vivement sentir les lacunes de notre Eglise. D'une part, il se demandait ce qu'on pourrait faire pour y introduire un esprit de discipline, de renoncement, de dévouement presque inconnu; de l'autre, il était préoccupé du désir de la doter d'une institution où pussent se former à la pratique des œuvres de la charité, des femmes chrétiennes désireuses de se consacrer entièrement au service de Dieu. Cette double pensée devait trouver bientôt son application dans la fondation de l'Institution des diaconesses.

Revenons brièvement en arrière pour voir comment Celui qui inspirait cette pensée à M. Vermeil préparait aussi les moyens d'exécution. Parmi les membres de son Église à Bordeaux se trouvaient deux sœurs originaires de Marseille, associées dans la direction d'un pensionnat de jeunes filles : M",c Gérard et M"8 Caroline Malvesin. Cette dernière, en particulier, s'employait depuis des années avec conscience et succès à l'éducation des jeunes filles, lorsqu'elle arriva à la plénitude de la foi par une conversion claire et décisive. A partir de ce moment sa sympathie native pour les pauvres et les petits, pour tous les êtres souillants, se transforma en un ardent désir de leur consacrer sa vie. Elle ne pensait pas à elle-même seulement dans son besoin de se dévouer : son

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ambition était de frayer la voie à d'autres femmes, libres de devoirs précis, désireuses comme elle de se donner, mais retenues peut-être par la pensée de leur faiblesse et de leur isolement. Quelle force elles pourraient trouver .1 se réunir, à multiplier en les mettant en commun leur activité, leurs expériences, leurs ressources de toute nature, l'élan de leur foi et de leur charité! A cette pensée de la force de l'association venait s'ajouter celle de l'utilité d'une éducation professionnelle en vue des œuvres de la charité. En attendant qu'une voie s'ouvrit à elle, ces pensées prenaient une forme plus nette dans son cœur et dans son esprit, et elle se décida, après un échange de quelques lettres avec M. Vermeil, à lui écrire pour se mettre à sa disposition et lui offrir ses services. Au même moment celui-ci lui écrivait de son côté pour la presser de venir à Paris partager ses travaux charitables et fonder cette Association de femmes chrétiennes qu'il rêvait depuis longtemps. Leurs services étaient d'avance réclamés pour diverses œuvres dont quelques-unes paraissaient urgentes, comme la création d'un Refuge pour les femmes tombées et les détenues libérées de notre culte, et dont les autres, déjà pressenties, n'étaient pas encore déterminées.

En même temps que Dieu préparait les ouvriers, il assurait les ressources. M. Vermeil avait su intéresser à ses projets quelques femmes chrétiennes éminentes par leur foi et leur charité. Une petite maison fut louée dans le quartier populaire du faubourg Saint- Antoine, et le 6 novembre 1841, la première diaconesse, .M" Malvesin, y accueillait la première repentie. L'Institution des diaconesses commença ainsi par l'œuvre du Refuge et dès le début le plus grand nombre des pensionnaires fut fourni par le Comité de l'CEuvre protestante des Prisons. En 18^2, dix détenues libérées de Saint-Lazare entrèrent au Refuge.

A mesure qu'un certain nombre de femmes dévouées venaient se grouper autour de la fondatrice de l'œuvre, et qu'on sentait se constituer un foyer de

MADEMOISELLE MAI \ l -IN

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force, on y faisait appel de côté et d'autre pour soulager de nombreuses misères matérielles et morales. D'autres femmes généreuses venaient avec leurs dons encourager et stimuler celles qui consacraient leurs forces au service de la charité. C'étaient celles que nous retrouvons comme initiatrices de la plupart de nos œuvres : .M"" Vermeil, tout d'abord, qui partageait tous les travaux et les préoccupations charitables de son mari. Avec elle et M. Vermeil, MmM Jules Mallet et Matter formèrent le premier Conseil de direction, qui s'adjoignit assez promptement M1'8 Temminck et la baronne Bartholdi-Walther, dont l'œuvre du Refuge et celle des diaconesses restèrent jusqu'à sa fin (187.")) les œuvres de prédilection. Peu à peu d'autres sè joignirent à ces ouvrières de la première heure. Différentes œuvres se fondèrent successivement autour de la première, formant ainsi une sorte d'école d'application, bienfaisante pour ceux qu'elle recueillait et soulageait, utile pour celles qui s'y exerçaient à la charité pratique et effective. Et c'était bien là le double but qu'avaient eu en vue les fondateurs de l'Association, ainsi qu'en témoigne l'article I" de ses statuts : « L'Institution des diaconesses est une association libre qui a pour objet d'instruire et de diriger dans la pratique de la charité active les femmes prolestantes qui viendront se dévouer dans son sein au soulagement des misères tant du corps (pie de l'âme et particulièrement au soin des malades, des enfants et des pauvres. »

Rappelons ces œuvres dans l'ordre de leur fondation : à celle du Refuge vinrent s'ajouter successivement, en 1842, une Infirmerie pour les enfants scrofuleux, due à l'initiative de Mme André-Rivet; en 1843, une première branche de notre œuvre d'éducation correctionnelle, le Disciplinaire, ouvert à des jeunes filles de sept à treize ans, et la même année une Maison de Santé pour femmes, renfermant une quinzaine de lits, grâce à un don considérable de Mme Eynard- Lull in; en 1844, la Retenue, seconde division de notre œuvre d'éducation correctionnelle pour des jeunes filles plus âgées, de quatorze à vingt et un ans, dont l'exemple et le contact étaient fâcheux pour les plus jeunes; en 1846, une Salle d'asile ouverte aux enfants du voisinage et une Ecole primaire, où pouvaient se former celles des diaconesses auxquelles on reconnaissait des aptitudes spéciales pour l'instruction et l'éducation; une œuvre d'Apprentissage où les jeunes fdlcs apprenaient la couture, le blanchissage, le soin des enfants et le service en général, et une Crèche pour recevoir dans la journée les petits enfants dont les mères étaient occupées dans les nombreuses fabriques du faubourg Saint-Antoine. Dès le début un modeste oratoire réunissait chaque jour pour le

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culte les habitants de la Maison, et le dimanche les familles du voisinage; en même temps La visite des pauvres s'organisait d'une manière régulière sous les soins des Sœurs de paroisse. En 1 8(>5 elle se compléta par l ad jonct ion de l'œuvre très utile de la Caisse des loyers.

Nommons celle de nos œuvres que nous considérons comme la principale, puisque c'est elle en quelque sorte qui alimente les autres:

notre École préparatoire de diaconesses.

Ce développement des œuvres ne pouvait se faire qu'avec un développement correspondant et simultané du personnel. Déjà plusieurs femmes de cauir avaient répondu aux appels de M. Vermeil. Quelques diaconesses venaient d'être reçues :

la province les réclamait pour diriger les œuvres qui se fondaient de tous côtés, « en suivant, dit un ancien rapport, les indications des circonstances, l'appel des nécessités présentes, l'inspiration charitable des bienfaiteurs qui contribuaient de leurs conseils éclairés comme de leurs libéralités ».

Les locaux primitifs devinrent rapidement insuffisants pour abriter toutes ces œuvres. D'autres part l'expérience montrait que le quartier avait été bien choisi et l'on cherchait une combinaison nouvelle, lorsque .M. Vermeil apprit

MADAME I.A liAKON.NE IIAKTIIOl.DI-WAI.TIIEK

qu'un immeuble était mis ni vente nie de Reuilly; mais il fallait se décider sur l'heure ou voir la propriété passer eu d'autres mains. Or il s'agissait de trouver une somme de 100,000 IV. pour devenir acquéreur, sans compter des frais au moins égaux de réparations, d'aménagements, etc. M. Vermeil résolut, d'acheter l'immeuble au moyen d'un emprunt portant intérêt : en trois jours il réunit une somme de 70,000 fr. pour le premier paiement et fit souscrire un emprunt total de 245,000 fr. dont l'œuvre est depuis quelques années complètement libérée. Nous retrouvons dans la liste des souscripteurs de cet emprunt les noms les plus respectés de notre protestantisme français.

Dés l'année 1846 une partie des œuvres se transportèrent rue de Reuilly. Au mois de janvier 1849, les arrangements étant terminés, tontes se trouvèrent réunies dans le local actuel. L'œuvre était dès lors administrée comme aujourd'hui par un Conseil de direction mixte qui se réunit chaque mois et un Comité de surveillance chargé du contrôle des comptes et des finances.

Ce n'était pas sans peine que l'œuvre s'était ainsi peu à peu organisée et qu'elle avait pris sa forme définitive. Le Conseil de direction et son vénéré fondateur étaient non seulement aux prises avec les difficultés financières, qui, bien que sérieuses, n'étaient pas les plus redoutables. Ils eurent longtemps à se défendre contre les accusations ou les insinuations de chrétiens qui prétendaient voir dans l'œuvre projetée un retour aux formes conventuelles, avec oppression des consciences, vœux de célibat, etc., tandis que rien n'était plus éloigné de leurs tendances et de leur largeur d'esprit. Leur meilleure défense était de poursuivre paisiblement leur œuvre. Peu à peu on prit confiance, les attaques malveillantes se ralentirent et tout marcha non sans peine, mais sans secousse violente. Les vraies difficultés étaient plutôt intérieures, inhérentes à la nature même de l'œuvre, résultant du fait de l'association d'éléments très différents : diversité d'âge, de position, de tempérament, de culture intellectuelle et religieuse. Respecter l'individualité de chacune en cherchant à la conserver et à la développer pour le bien commun, c'était la tâche intéressante, assurément, niais épineuse parfois, de la directrice; on comprend aussi combien il y fallait de tact et de charité.

.Nous ne pouvons nous attarder aux détails, quelque intérêt qu'ils puissent présenter. La petite semence était devenue un arbre vigoureux qui a continué à se développer d'une manière normale. Malgré quelques changements apportés par le temps et les circonstances, l'ensemble des œuvres s'est maintenu. Quelques-unes, moins indispensables ou entreprises ailleurs, ont fait place à de

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plus importantes. D'autres, par contre, se sont développées et agrandies : ainsi la Maison de Sanlé, autrefois très défectueuse et enelavée au centre même de nos bâtiments, a été, en 187:{, transportée dans un pavillon, construit pour sa destination spéciale, beaucoup mieux aéré et aménagé et comptant (>8 lits. L'œuvre d'éducation correctionnelle, au lieu de 7, puis 13 lits, en compte actuellement 52, et le Refuge proprement dit a dû, faute de place, être installé horde la Maison. Nous attachons une grande importance à assurer à nos jeunes filles une bonne instruction primaire. Les plus jeunes ont quatre heures de classe par jour, les plus âgées deux. Elle apprennent en outre la couture, le raccommodage, la buanderie, le repassage et s'exercent aux soins du ménage. Aucune ne nous quitte, à moins d'incapacité incurable, sans être en étal de gagner honorablement sa vie. La Salle d'asile continue à recevoir chaque jour de 80 à 100 enfants, et nous avons le jeudi une école de coulure pour jeunes filles.

La marche régulière, et à quelques égards fatalement monotone, de l'Institution ne l'a pas empêchée dans des temps exceptionnels de rendre des services exceptionnels aussi. Ainsi, dans les jours d'émeute populaire, la Maison « ouverte aux blessés du quartier, dit un rapport de l'époque, accueillait aussi des veuves, des mères de famille avec leurs enfants en détresse, tandis que les diaconesses, aimées et respectées, circulaient sans peine dans le quartier pour porter des secours et des paroles de paix ».

Et plus près de nous, pendant l'année 1870-71, tandis que les diaconesses de la Maison desservaient seules une ambulance installée dans les locaux scolaires du voisinage, confiée à leurs soins par l'intendance militaire, et prêtaient secours à l'ambulance Ghaptal, quelques autres accompagnaient l'ambulance I I bis de la Société de secours aux blesses militaires, qui put donner ses soins à plus de 1,500 blessés ou malades.

Par décret du 1er février J8G0 l'Institution des diaconesses fut reconnue d'utilité publique.

Dès le début ses principales ressources ont été les libéralités de nos coreligionnaires, dons, souscriptions, ventes biennales, augmentées de subventions annuelles de la préfecture de police pour l'œuvre d'éducation correctionnelle, et, jusqu'en 1880, d'allocations régulières de l'Etat et de la ville de Paris. Un certain nombre de donations ou fondations de lits gratuits par legs ont constitué à l'œuvre quelques rentes dont la plus importante est affectée à l'œuvre du Refuge.

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En 1842 l'œuvre avait un budget de 27,190 IV. en recettes et de 17,){29 IV. en dépenses. En 1802 les recettes sont de ,090 IV., les dépenses do «S<S,.'i:i7 IV. En 1882 les recettes sont de 180,695 IV., les dépenses de 155, 752 IV. En 1891 les recettes ont été de 162,566 IV., les dépenses de 162,264 fr. Ces chiffres indiquent des progrès considérables et il est à croire qu'ils continueront à s'accroître. Les i liantes aussi augmentent d'une manière très sensible sous forme d'impôts qui figurent dans nos dépenses de 1891 pour une somme de /i,<S8/i fr.; et depuis 1884 en particulier sous la forme de la taxe d'accroissement, par suite de laquelle à chaque décès ou démission d'une diaconesse nous avons à paver plus de •2,1)1)0 fr.

Il est intéressant pour nous de constater que la plus grande partie de nos ressources nous est toujours venue de la France même. Nous devons cependant mentionner avec reconnaissance une collecte faite chaque année à Genève et d'autres dons importants réguliers de la Suisse et de la Hollande.

Nous avons reçu depuis la fondation de l'ÇJîuvre, pendant le premier cinquantenaire* de son existence, dans la Maison de Santé, 10,757 malades <i 669 jeunes (illes en collection.

Cependant si les institutions vivent et se1 développent, les individus vieillissent et disparaissent, et Ton comprendra (pie les deux épreuves les plus sensibles qui pussent atteindre l'Institution des diaconesses, et à quelques égards la menacer, furent la mort de son fondateur, le pasteur Vermeil, qui succomba à une longue maladie en 1864, et la retraite de la fondatrice, après vingt-six années de travail soutenu. Dieu, dans sa bonté, y avait pourvu, d'une part en donnant dès la première heure à M. Vermeil pour collaborateur fidèle M. le pasteur Vallettc, qui était tout indiqué pour le remplacer à la présidence du Conseil de direction. De l'autre, trois ans avant la retraite effective de la soeur directrice, il avait amené dans la Maison celle qui devait lui succéder, MUe Waller, qui est encore aujourd'hui à la tète de l'œuvre. M 1,0 Malvesin, après avoir pu s'assurer de l'unanimité des suffrages des diaconesses, la présenta elle-même au Conseil de Direction (1869). A côté de dons très divers, elles avaient en commun ceux de la charité, du tact et d'un entier désintéressement. La nomination de la nouvelle directrice fut accueillie avec joie et sans arrière-pensée.

Après quelques années de retraite active à Changis, près Fontainebleau, M"'' Malvesin, sentant ses forces décliner, céda aux instances de ses amies et vint passer les dernières années de sa vie dans la Maison des diaconesses, où elle s'endormit au Seigneur comme une aïeule vénérée au sein de sa famille.

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M. le pasteur Vallette avait été rappelé de ce monde en \H~2 et remplacé à la présidence du Conseil par M. le pasteur Dhombres.

Les pasteurs qui ont prêté leur concours actif à l'œuvre comme aumôniers se sont succédé, le Conseil de Direction, le Comité de surveillance se sont renouvelés entièrement, et dans la liste des membres disparus nous aimons à relever, outre ceux que nous avons déjà mentionnés, les noms vénérés de M""" André- Walther, Dunant-Widmer, Frédéric Monnier, M1U Davillier, de MM. Jean André, baron de Bussierre, comte Robert de Pourtalés, Valdemar Monod — et combien d'autres! Mais l'esprit est resté le même, et « la maison n'est point tombée, parce quelle était bâtie sur le roc ».

Dans la séance d'inauguration qui eut lieu quelques mois après le commencement du service des diaconesses, « le pasteur Vermeil, dit le premier rapport imprimé, s'attachait à démontrer que l'Eglise et ses conducteurs trouveraient dans les diaconesses un personnel dévoué au soulagement des misères temporelles et spirituelles et les diverses œuvres chrétiennes leurs auxiliaires naturels, en même temps qu'il rattachait à l'Evangile, à l'Évangile seul, les principes qui étaient à la base de l'œuvre, l'organisation qu'elle s'était donnée, et les fruits qu'elle commençait à porter déjà ».

En célébrant l'année dernière le cinquantième anniversaire de cette première réunion publique, le rapporteur rappelait avec reconnaissance comment ce but avait été atteint et nommait les divers établissements confiés à nos sauirs, Maisons de Santé, Asiles de vieillards, Orphelinats. Pensionnats primaires, pies de nous dans les paroisses de Sainte-Marie, les Billettes, Belleville, Passy, Ncuilly, Nanterrc, et au dehors, dans les Eglises de Mazères, Uzès, Orléans, Orthez, Marseille, Audincourt, Montauban, La Rochelle, Cannes, Bordeaux,

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Lyon, Valence, Sedan, auxquels nous devons ajouter le quartier protestant de la .Maison centrale de Clermont (Oise), desservi par nos sœurs, à la demande de l'Etat, et deux établissements qui relèvent directement de notre .Maison, l'Ouvroir-Ecole de Livron (Drôme), et 1 Inlirmerie pour jeunes garçons des Ombrages (Versailles).

Ajoutons que c'est à la fidélité aux principes posés par les pieux fondateurs à la base de l'œuvre que nous devons attribuer son développement et sa prospérité. Mieux <[ue d'autres peut-être nous sentons le prix qu'il faut attacher au principe même de L'association librement disciplinée qui multiplie les forces en les combinant, aussi bien qu'à l'éducation professionnelle, non moins nécessaire pour la pratique des œuvres de la charité que pour tout autre travail. Nous usons de tous les moyens humains que conseillent la prudence et le bon sens. Mais nous devons reconnaître que sans l'Evangile nous serions sans force devant le mal sous toutes ses formes. En dehors de l'Evangile, en effet, quelle consolation aurions-nous à offrir au malade, quelle paix à l'affligé, quelle compensation au pauvre, quelle lumière à la conscience troublée, quel relèvement à ceux qui sont tombés, quel exemple aux enfants qu'il faut conduire dans la vie, quel rajeunissement au vieillard qui sent ses forces s'éteindre et la vie lui échapper ?

On nous demande parfois quels sont les résultats de nos œuvres. On comprendra d'après ce qui précède que les résultats que nous recherchons et les succès que nous ambitionnons le plus ne sont pas ceux qui peuvent toujours s'apprécier en ce inonde. Comme résultats sensibles nous pourrions citer la plupart de nos malades rendus à la santé, beaucoup aussi consolés, affermis dans la foi, préparés à un départ paisible. Dans nos œuvres de relèvement une forte proportion de jeunes filles ramenées au bien, à une existence honnête, laborieuse, souvent chrétienne. Mais à ces résultats directs il faudrait ajouter le bien qui se fait non seulement sous nos yeux, mais encore dans tous les établissements où nos sœurs ont porté leur activité. Aussi bien, Dieu accorde aux siens des encouragements proportionnés sans doute à leur foi; et ce que nous pouvons voir des fruits de notre travail est un gage de ceux que nous n'apercevons pas encore, mais que nous verrons un jour, nous en avons la confiance.

Encouragés, nous le serions encore davantage si le recrutement de nos diaconesses se faisait d'une manière plus facile et plus large; si beaucoup de jeunes filles ou de femmes isolées, dont la vie d'ailleurs est factice et vide, comprenaient qu'elles peuvent, dans une œuvre de ce genre, trouver un emploi utile

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