‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 129 sur 326 · DE L'ÉGLISE RÉFORMÉE DE PARIS · texte numérisé non relu

DE L'ÉGLISE RÉFORMÉE DE PARIS

La Société de bienfaisance des jeunes gens de l'Église réformée de Paris n'est pas uniquement destinée à venir en aide aux indigents, mais à faire du bien à ceux qu'elle charge de les secourir. C'est ce double but qui fait son originalité. D'un côté, par des dons soit en argent, soit en nature, elle travaille à soulager les pauvres protestants, en particulier ceux que les diaconats n'ont pu suffisamment secourir. Elle complète ainsi leur œuvre avec efficacité. Bien qu'on accuse souvent d'étroitesse ceux qui font des sélections dans leurs charités, notre Société a jugé plus sage de borner son champ d'action aux pauvres de notre Eglise, pensant qu'il vaut mieux secourir moins de gens, mais sérieusement, que de s'occuper d'une façon insuffisante d'un grand nombre de familles. Ce genre de charité qui consiste à ne donner aux pauvres que de l'argent, et lr> habitue à compter sur les secours comme sur des rentes est tout à fait contraire à l'esprit de la Société, « dont les membres doivent faire tous leurs efforts pour relever les indigents, en leur procurant de l'ouvrage, en s'occupant de leurs intérêts, en les aidant au besoin de leur appui et de leurs conseils ».

En un mot, les besoins moraux de nos pauvres, surtout puisque nous les choisissons parmi nos coreligionnaires, nous intéressent autant que leurs besoins physiques, et nous faisons dans nos visites tout notre possible pour le s encourager à fréquenter les églises, à envoyer leurs enfants aux écoles du dimanche, à lire la Bible; nous travaillons à les relever moralement en même temps que matériellement.

D'un autre côté, c'est aussi pour le bien des jeunes gens qui la composent que cette Société a été fondée. Elle les dirige dans leur charité en leur donnant les moyens de l'exercer pratiquement, et les met à excellente école pour les préparer soit aux diaconats (qui lui doivent déjà de nombreux membres), soit à toute œuvre de bienfaisance ou de philanthropie dans laquelle ils pourraient être appelés à entrer plus tard.

Tel est le double but de notre association ; disons un mot de son histoire et de son organisation. Elle fut fondée en 1866 par M. Systermans, aujourd'hui

ŒUVRES DE CHARITÉ

présidenl honoraire. Dès la première année de son existence, il Lui fut fait partout très bon accueil. « Vos jeunes gens! Mais j'en suis, » s'écria même .M. Guizot, à qui M. Systermans en parlait un jour. La guerre de 1870 affaiblit sensiblement la Société. Toutefois, après bien des efforts, elle est arrivée à regagner le terrain perdu. A la fin de 1892 la Société comptait 58 membres actifs répartis en quatre comités (comités de l'Oratoire et du Saint-Esprit, de Pentemont, de Belleville, de Sainte-Marie) et 38 membres honoraires.

Si le nombre des membres actifs n'a augmenté que de L3 depuis 1872, la collecte a donné en 1892 3,014 fr. 05 c, c'est-à-dire 500 fr. de plus qu'en 1891. Les cotisations des membres ont produit 5/i3 fr. Nous avons secouru 80 familles. Si nous ajoutons que depuis 1860, près de 200 jeunes gens protestants se sont succédé dans nos rangs, personne ne doutera que la Société ne soit appelée à faire du bien sérieusement et pratiquement.

Andhé Siegfried.

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