SOCIÉTÉ DE BIENFAISANCE DES DAMES DE BORDEAUX
La Société de bienfaisance a été créée pendant l'hiver de 1828 à 1829 et organisée dans le mois de mars 1829 sous les auspices du Consistoire et la présidence des pasteurs.
C'était comme un second diaconat, appelé à compléter," à doubler l'action du diaconat proprement dit. Bordeaux, divisé en 24 quartiers, eut 24 dames de bienfaisance comme il avait 24 diacres. Le diaconat donnait des secours en argent pour les loyers ou les besoins urgents des familles pauvres; la Société des dames donna des secours en nature : soupes, pain, bois, vêtements, etc. Au moment de la création de l'œuvre, les pasteurs en exercice étaient MM. François Martin, Maillard, Vermeil et Villaret. Ils présidaient, et leurs successeurs après eux, un trimestre chacun, à tour de rôle. Le Consistoire recevait pour la Société les dons et legs qui lui étaient destinés et lui en servait les arrérages; elle avait un trésorier spécial. Les lois nouvelles qui avaient mis l'Asile des vieillards, primitivement établissement consistorial, dans l'obligation de se constituer à part pour avoir le droit d'hériter, ont mis la Société des dames dans une obligation analogue. Après quelques hésitations elle s'est décidée, pour assurer son avenir, à se faire reconnaître à son tour comme établissement d'utilité publique, reconnaissance accordée par décret en date du 10 août 1890.
Dans ses nouveaux statuts la Société a conservé, autant que l'ont permis les nouvelles lois, les traditions, les formes, l'esprit de son règlement primitif. Les pasteurs de Bordeaux demeurent membres honoraires de la Société, et ils sont représentés dans la Société elle-même par leurs femmes. Ensuite une coin-
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mission d'enquête, dont ils font tous partie et avec eux le président de la Société du Prêt gratuit, le président du ~K' bureau ou bureau protestant de bienfaisance et le trésorier du diaconat, fournit au Conseil des dames les renseignements nécessaires pour le vote définitif des secours.
L'œuvre s'est largement développée en tous sens depuis l'origine. Elle s'occupait uniquement des pauvres habitants de la ville, elle admet aujourd'hui ceux de la banlieue. Non seulement les indigents inscrits sur les registres de la Société, mais nombre d'autres reçoivent tous les jours pendant les mois d'hiver une portion de soupe. Une distribution gratuite de soupe est également faite tous les jours dans les écoles" protestantes de filles et dans les écoles protestantes de garçons, au nombre de 8. Le budget primitif était de 7,700 fr. ; il est aujourd'hui de 21,000 fr. Les ressources de la Société proviennent d'abord de ses rentes : 5,000 fr. environ; ensuite d'une collecte annuelle faite à domicile par les clames elles-mêmes; enfin d'une grande Vente triennale, qui donne habituellement de 40 à 45,000 fr. et dont la Société partage le produit avec la Maison de santé et l'Asile des vieillards.
Depuis qu'elle est reconnue d'utilité publique la Société compte 25 dames au lieu de 24; la dame présidente n'a pas de quartier.
La Société a pour présidente Mmo Edouard Cruse, et pour secrétaires Mmes Emile Bosc et Desclaux de Lacoste.
J. Cadène.