BATIGNOLLES — SOCIÉTÉ DES AMIS DES PAUVRES
Cette Société est la fille de la Société des Amis des pauvres fondée à Paris, à la suite du Réveil, par le regretté pasteur Louis Meycr.
Fondée, il y a près de cinquante ans, par M. Louis Vernes, la Société des Amis des pauvres des Batignolles a rendu de grands services dans un champ de travail alors fort étendu, en stimulant l'activité des jeunes chrétiens qui ont fait, sous sa direction, leurs premières armes au service du Maître. Atteinte dans son existence par la dispersion de ses membres et par le long ébranlement causé par la guerre, elle s'est reconstituée, il y a une quinzaine d'années, sous la direction de M. le pasteur Charles Vernes. Elle compte une vingtaine de membres, dont les cotisations alimentent son modeste budget, mais, par leurs efforts pour procurer du travail à nos assistés et pour tirer d'affaire les familles que le chômage ou la maladie ont plongées dans la misère, ils ont obtenu des résultats bien supérieurs à ceux que de simples aumônes auraient produits. Tout en se renfermant d'ordinaire dans le champ de travail que lui offre l'Eglise réformée des Batignolles, ainsi qu'elle y est obligée par l'exiguité de ses ressources, notre Société tient à maintenir le principe posé par Jésus de la charité envers tout homme que Dieu place sur notre chemin, et elle n'hésite pas à secourir à l'occasion des misères d'un autre quartier de Paris ou d'une autre religion que la nôtre. Nous ne saurions oublier qu'il appartient aux disciples du Christ de réaliser dans toute sa largeur la parole du Maître : « L'Evangile est annoncé aux pauvres. »
Ce qui donne à notre Société sa physionomie propre, c'est qu'elle est à la fois une Société de bienfaisance et d'études sociales. Elle fait une place dans chacune de ses séances à l'examen d'une des nombreuses questions qui s'imposent aux amis des populations ouvrières, les logements à bon marché, le
ŒUVRES DE Cil A FUTÉ
taux des salaires, les conditions du travail, le repos du dimanche, les moyens de fortifier la vie de famille, la tempérance, l'épargne, etc. Elle s'efforce ainsi de faire acquérir à tous ses membres une instruction théorique et pratique, qui leur permette, partout où ils seront appelés à vivre, d'exercer efficacement la charité. Elle s'honore d'avoir compté parmi ses collaborateurs les plus dévoués un homme au cœur chaud, au zèle infatigable, M. le pasteur Gary, qui apportait dans l'étude de toutes les hautes questions l'ardeur généreuse de son beau-père, M. Frédéric Passy. La mort Ta enlevé prématurément à notre affection, mais il nous a laissé de précieux souvenirs. Puisse son exemple avoir parmi nous de nombreux imitateurs!'
Henry Dussaud.