MONTPELLIER — ASILE PROTESTANT
L'Asile protestant de Montpellier a été ouvert le 26 avril 1845, sous les auspices du Consistoire de cette ville. C'est à M. Jacques Pagézy, membre de ce vénérable corps, que revient l'idée de cette fondation charitable. L'Asile de Montpellier est entretenu exclusivement par la générosité des protestants de cette ville; jamais il n'a rien demandé au budget de l'Administration civile, dont il a voulu rester indépendant. Il recueille les pauvres malades ou infirmes de l'Eglise de Montpellier et remplace auprès d'eux la famille absente ou empêchée. Il reçoit aussi exceptionnellement quelques pensionnaires payants, surtout des vieillards dont le dénuement n'est pas absolu, mais qui, isolés ou privés des soins indispensables, ont besoin de l'assistance de leurs frères chrétiens. — L'Asile possède une salle de bains, une buanderie, des chambres particulières, et une salle de réserve pour certaines affections contagieuses ou épidémiques. Le prix de la journée n'y atteint pas 1 fr. 30 c. par jour. Cet établissement est situé près du vieux Temple; l'immeuble important qu'il occupe a été cédé généreusement par M. Vialars et Mme VTe Grand, née Vialars. Depuis de longues années, il est placé sous la direction médicale de M. le doyen honoraire Benoit, qui prodigue journellement à ses pensionnaires les soins les plus dévoués,
A. Alcais.
ŒUVRES DE CHARITÉ
NANTES (Loire-Inférieure) — ASILE PROTESTANT
L'Asile protestant de Nantes, qui existe depuis une trentaine d'années, est une maison hospitalière qui reçoit les vieillards, enfants et malades protestants des deux sexes, de Nantes, de la Bretagne, de la Vendée et de l'Anjou. Propriété d'une Société civile administrée par un Conseil de 9 membres, présidé par M. Durand-Gasselin, l'œuvre a pour directrice Mmc Bouvet et pour aumônier M. le pasteur Fargues. Elle est subventionnée par la ville et par le Conseil général comme par les dons des fidèles, des pensions et des legs. L'Asile rend de précieux services et a soustrait à la misère matérielle et morale bien des cillants et des vieillards abandonnés de la région.
MCE — ASILE ÉVANGÉLIQUE
Il a élé fondé en 1855; voici dans quelles circonstances. Nice faisait alors partie du royaume de Sardaigne. Le régime des hôpitaux, très défectueux en lui-même, était particulièrement mauvais pour les malades protestants que la pauvreté forçait d'y recourir : défaut de soins, obsessions constantes d'un personnel clérical, fort de son irresponsabilité et du mauvais vouloir de l'autorité à l'égard des hérétiques, encore en fort petit nombre dans la région. Un jour que M. le pasteur Léon Pi latte allait procéder à l'ensevelissement d'un de ses malheureux coreligionnaires, décédé à l'hôpital, il constata que le cadavre, abandonné dans un réduit malpropre, avait élé en partie rongé par les rats. C'en était trop. Il résolut de soustraire les pauvres de son Kglise aux déplorables conditions d'un tel svstème. Il se mit en quête d'un local; personne ne voulait louer un immeuble pour abriter des malades protestants. Après bien des recherches et des démarches infructueuses, on trouva une maison mal famée, dont le propriétaire, décidé à en expulser le tenancier comme mauvais payeur, ne pouvait tirer meilleur parti. D'ailleurs, au bout de quelques années, quand cet avisé propriétaire jugea sa maison suffisamment assainie, il signifia congé à l'Asile évangélique.
Force était de déménager: nouvelles difficultés. Le fondateur se heurtait soit à des refus de location, soit à des prétentions exorbitantes. Au surplus l'institution avait besoin de se développer; les 10 à 12 lits de sa. première installation étaient notoirement insuffisants. M. Pilatte ayant rencontré en deux membres de son Eglise, M. le colonel de Schérer et M. le comte de Saint-
ASILES, MAISONS DE SANTÉ
Georges, des auxiliaires aussi éclairés que généreux, résolut de construire; des chrétiens de diverses Eglises donnèrent leur concours à l'entreprise, et en 1 8(i-"> l'Asile avait une maison à lui, bien exposée au soleil, entourée d'un jardin, dans un quartier salubre et tranquille, alors presque à la campagne, maintenant en pleine ville, à quelques pas de l'un des plus élégants boulevards de la Nice nouvelle. Dix ans plus tard, l'œuvre ayant pris une extension parallèle à celle delà colonie protestante, l'édifice, qui se composait d'un sous-sol, d'un rez-dechaussée et d'un étage, fut élevé d'un second étage, et malgré cette adjonction il est aujourd'hui à peine suffisant pour les besoins auxquels il doit répondre.
Quelle est la destination de l'Asile évangélique? Ses statuts, approuvés par le décret de 1868 qui l'a reconnu d'utilité publique, la déterminent ainsi : 1° offrir gratuitement, ou moyennant une rétribution proportionnée à leurs moyens, l'hospitalité et les soins aux malades pauvres, protestants, de Nice et des environs; 2" mettre à des conditions analogues un certain nombre de lits à la disposition de protestants de toute nationalité et peu fortunés, auxquels le climat de Nice serait nécessaire ; 3° re- léon pilatte
cueillir temporairement des voyageurs fatigués, des enfants abandonnés, des jeunes personnes sans protection, et servir généralement, autant que possible, à l'exercice de la bienfaisance chrétienne envers les membres des communions protestantes; 4° offrir les avantages mentionnés au § 2 aux membres de la communion grecque, aussi longtemps qu'ils ne possèdent pas à Nice un établissement spécial pour eux. Le § 3, s'il a été jadis appliqué, parait depuis assez longtemps oublié.
L'Asile n'a plus que des malades ou des personnes délicates auxquelles le climat du littoral est nécessaire; ceux qui ne sont pas admis gratuitement paient une pension de 1, 2 ou 3 fr. suivant les avantages de la chambre qu'ils occupent.
ŒUVRES DE Cil. MU TE
Quant au développement tic l'œuvre, au point de vue des services rendus, quelques chiffres permettront d'en apprécier L'importance. Nous n'avons pas de données exactes pour les premières années : Ee rapport de 1864-65 indique 46 malades pour dix-huit mois; celui de 1807, en accuse déjà GO pour douzemois, c'est-à-dire le double; en L874, il y eu avait 82; maintenant on en compte 180 environ pour chaque exercice, représentant plus de 6,000 journées. Sur 180 pensionnaires soignés plus ou moins longtemps, 120 l'ont été gratis. — L'Asile peut loger à la fois une quarantaine de personnes. — La direction intérieure et le soin des malades sont confiés à une diaconesse assistée de gardemalades et de domestiques. L'administration de l'œuvre et la responsabilité financière appartiennent à un Conseil de 12 membres, dont 4 forment le Comité exécutif, représentant les diverses Eglises protestantes de Nice et l'Eglise russe. — Un Comité de dames visite les malades et prête son concours officieux au Conseil d'administration, pour ha bonne tenue de la maison et pour les collectes.
La construction de l'Asile et son mobilier ont coûté plus de 100,000 fr. Ee budget annuel d'entretien est de 16,000 fr. environ, sur lesquels un tiers représente les pensions payées par ou pour les malades; 2,600 fr. sont le revenu des legs capitalisés; le restant provient des dons et souscriptions, qui n'ont jamais fait défaut à une œuvre si éminemment philanthropique, internationale et chrétienne.