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ANNONAY — SOCIÉTÉ DE SAUVETAGE POUR LES ENFANTS ABANDONNÉS

La Société a été fondée en février 1891. Elle a son siège à Annonay et se compose de membres fondateurs, de membres correspondants, de toute personne présentée par deux membres et agréée par le Conseil d'administration. Elle est administrée par un Conseil de 12 membres que préside à tour de rôle un des pasteurs d' Annonay. Elle étend son activité à toutes les parties de la France. Ses statuts ont été approuvés et son existence a été reconnue par un arrêté du préfet de l'Ardèche, en date du 2 septembre 1891.

Elle a pour but de s'occuper des enfants des deux sexes, matériellement ou moralement abandonnés, maltraités, en danger moral, de pourvoira leur placement, de leur assurer les bienfaits de l'éducation religieuse et d une instruction à la fois scolaire et professionnelle.

Son mode d'action préféré est le placement familial. Elle ne s'interdit pas de placer les enfants dans des établissements spéciaux, quand leur caractère, leurs antécédents ou leur situation de famille l'exigent; mais la Société estime que la famille, quand elle est bonne, est le moyen d'éducation le moins coûteux et le plus efficace. Elle est d'ailleurs admirablement placée pour user de ce moyen. Il y a autour d'Annonay une vaste banlieue protestante dans les départements de la Haute-Loire, de l'Ardèche, de la Drôme même, où se sont conservées les habitudes de travail, la simplicité de la vie, la piété, les bonnes mœurs. Il est aisé d'y trouver des familles bien qualifiées qui s'inspirent de l'esprit de cette œuvre, accueillent ces enfants pour une minime rétribution et leur donnent une place au foyer et dans le cœur. Le prix de pension varie selon l'âge, d'autant plus élevé que l'enfant est plus jeune, pour s'éteindre vers douze ou treize ans. Les nourrissons coûtent 20 fr. par mois, les enfants 12 fr., 10 fr., et moins encore. La dépense moyenne n'a pas jusqu'ici dépassé 150 fr. par an. Dans chaque commune où la Société place des enfants, elle a un représentant qui veille à l'exécution loyale du contrat passé avec la famille adoptive. C'est d'ordinaire le pasteur de la paroisse, qui devient par là même, membre correspondant.

ŒUVRES SOCIALES

Les ressources de la Société se composent : 1° des pensions payées par l'Assistance publique, par les Sociétés de sauvetage, par les Eglises, les familles ou les protecteurs des enfants; 2" des collectes, souscriptions, dons manuels, etc. En principe la Société n'intervient dans le payement des pensions que comme intermédiaire. Elle laisse à qui de droit la responsabilité et la charge des dépenses. Elle ne vote de fonds que pour les Eglises trop pauvres, et dans les limites de ses ressources. Pour faire face à ces cas les plus intéressants, parce qu'ils sont les plus dénués de secours, la Société aurait besoin d'avoir à sa disposition un certain nombre de bourses de L)0 fr. chacune. Avec un fonds annuel relativement modeste, elle pourrait faire lace à tous les besoins, les responsabilités naturelles restant d'ailleurs toujours respectées.

La Société, depuis sa fondation, c'est-à-dire depuis deux ans environ, s'est occupée d'une trentaine d'enfants. Elle a donné les directions nécessaires au placement d une dizaine d'entre eux, en dehors de sa tutelle immédiate; 5 lui ont été repris, savoir : 2 par l'Assistance publique, qui les a renvoyés à leur département d'origine, 2 par leurs familles, un par Dieu au moment où la malheureuse enfant, après de lamentables tribulations, touchait enfin au port. Des 15 qui sont actuellement sous son patronage, une fille est placée dans un établissement d'éducation, 2 garçons sont en traitement dans un établissement hospitalier, les autres, savoir 6 filles et 7 garçons, sont placés dans des familles.

Notre Société, née de ce mouvement en faveur de l'enfance malheureuse qui a provoqué sur divers points de la France l'organisation d'oeuvres de sauvetage, est venue combler une lacune dans les institutions philanthropiques des Eglises protestantes. Elle a donné à son activité un caractère simple et pratique. Point d'administration coûteuse, point d'internat, point d'exploitation agricole ou industrielle. Toutes les ressources vont directement au sauvetage des enfants. Les recevoir de quelque point qu'ils viennent, leur assurer un bon placement, veiller à leur éducation, en faire d'honnêtes gens et, avec la grâce de Dieu, de bons chrétiens, telle est sa mission. Elle peut s'étendre à un nombre indéfini de pupilles.

La Société a pour administrateur délégué M. le pasteur Rey, pour trésorier M. Edouard Chapuis, à Annonay (Ardèche).

Rey.

RELÈVEMENT MORAL

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