‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 320 sur 326 · ASSOCIATION DES VEUVES PROTESTANTES DE PARIS · texte numérisé non relu

ASSOCIATION DES VEUVES PROTESTANTES DE PARIS

Nos Eglises comptent un grand nombre de veuves pauvres et chargées d'enfants. L'assistance chrétienne leur vient en aide d'ordinaire, en plaçant dans les asiles tout ou partie de leurs enfants. Cette manière de procéder est légitime toutes les fois que la mère est incapable de remplir sa mission éducatrice. Mais n'y a-t-il pas bien des cas où iL en va autrement et où ce mode d'assistance tranche des liens de famille qu'il n'est pas dans la volonté de Dieu de dénouer.

Des expériences répétées ont mis cette question au cœur de quelques chrétiens. Ils ont pu constater que, dans bien des cas, il serait possible de maintenir les familles éprouvées par la mort du père, par des secours dont la quotité ne serait pas supérieure aux frais qu'entraîne la pension d'un enfant dans un asile. Le paiement du loyer suffirait le plus souvent.

Mais à qui s'adresser pour recueillir les ressources nécessaires à une œuvre de ce genre? Il a semblé que la tâche revenait naturellement aux veuves de nos Églises, qui, frappées d'une épreuve semblable à celles des pauvres, étaient à l'abri des soucis du pain quotidien et trouvaient dans l'éducation de leurs enfants, conservés autour d'elles, l'adoucissement de leur épreuve.

Un appel dans ce sens a été adressé, à la fin de 1892, aux veuves protestantes de Paris. L'appel a été entendu et l'Association des veuves protestantes vient de se fonder.

Elle est bien modeste encore; elle n'a pas de passé et ne peut donc parler de ce qu'elle a fait. Elle doit se contenter de dire ce qu'elle veut faire, si Dieu bénit l'entreprise. Son objet est de mettre les veuves pauvres de nos Eg-lises en situation de garder leurs enfants auprès d'elles et de conserver leur foyer. A cet effet les dames veuves qui ont adhéré aux principes de l'Association se sont.

ŒUVRES DIVERSES

engagées à verser une cotisation et à prendre le patronage d'une ou de plusieurs veuves pauvres, qu'elles soutiendront de leurs conseils, de leur affection et de leurs secours. Il serait prématuré de donner des détails statistiques sur une œuvre naissante. Mais ses fondateurs ont l'espoir qu'elle contribuera à combler une lacune de notre assistance chrétienne.

L'Association n'est encore dirigée que par un Comité provisoire, présidé par M. le professeur Vaueher, 64, avenue du Bois-de-Boulogne.

Eu. Vaucher.

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