‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 42 sur 326 · DE L'ÉGLISE DE LA CONFESSION D'AUGSBOURG, A PARIS · texte numérisé non relu

DE L'ÉGLISE DE LA CONFESSION D'AUGSBOURG, A PARIS

La Mission intérieure de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg est la plus ancienne des œuvres de ce genre en France. Dés 1840, le pasteur Louis Meyer, frappé des besoins religieux de la nombreuse population de langue allemande qui se trouvait alors à Paris, fonda pour elle la Mission évangélique. En grandissant et en étendant son action à nos coreligionnaires de langue française, l'œuvre est devenue d'abord Mission allemande et française et enfin, depuis 1871 , Mission intérieure.

A travers toutes les transformations qu'elle a subies depuis cinquante-trois ans, la Mission a toujours poursuivi le même but : rechercher les membres* dispersés de l'Eglise, pourvoir à la desserte religieuse des groupes éloignés des cultes officiels, organiser ces groupes en paroisses, et, quand le développement

E VANGELISATION

de ces jeunes communautés était assez avancé el que les circonstances le permettaient, les remettre à l'autorité ecclésiastique, qui les constituait définitivement en paroisses. Au moment où la Mission a été fondée, l'Eglise luthérienne ne possédait qu'un seul lieu de culte à Paris. Elle en compte I I aujourd'hui. A une seule exception près, tous ont été soit fondés, soit au moins subventionnés j>ar La Mission. C'est elle encore qui a construit deux de nos églises, à La Yillelte et aux lîalignolles, et fondé un grand nombre d'écoles, emportées depuis pour la plupart par le mouvement de laïcisation.

La guerre de L870 a été la plus grave épreuve que la Mission ait traversée. Au moment où l'émigration alsacienne lui imposait de nouveaux devoirs, elle s'est trouvée séparée des Églises luthériennes, qui étaient ses appuis naturels. Elle a, depuis lors, à lutter contre de grandes difficultés financières et ne peut entreprendre qu'une petite partie de l'œuvre qui lui incombait.

Son budget, qui était de 4,000 fr. en 1843, s'éleva en moyenne à 70,000 IV. dans les années qui précédèrent 1870. Depuis 1871, il est de 30,000 fr. environ.

Elle n'entretient actuellement que \ postes, avant chacun leur pasteur. Dans l'enceinte de Paris, elle pourvoit aux besoins de la grande paroisse de La Villette, avec une église et plus de 400 familles, pour lesquelles le pasteur célèbre tous les ans une centaine d'actes pastoraux. Elle a 2 paroisses dans la banlieue nord et nord-est de Paris : à Saint-Denis et environs, une église, une école, 350 familles, 85 actes pastoraux par an; aux Quatre-Chemins (Pantin et Aubervilliers) et la banlieue nord-est, un oratoire, 100 familles connues du pasteur, sans parler du grand nombre de celles qui échappent encore et que le travail missionnaire fait découvrir presque chaque jour.

En Normandie enfin, à Elbeuf, la Mission a une paroisse ouvrière de 150 familles alsaciennes, venues en masse, après la guerre, se fixer dans cette ville industrielle. Ce groupe possède un oratoire et une école.

('/est parmi les plus pauvres et les plus abandonnés que travaille la Mission intérieure. Son champ d'activité est presque illimité, et elle demande à Dieu de lui donner plus de forces et plus de ressources pour lui permettre d'étendre une œuvre abondamment bénie dans le passé et de recueillir une riche moisson, qui n'attend que la faucille du moissonneur.

Le premier Comité de la Mission, en 1841, a été composé des pasteurs Mevcr et Vallette et de M. Rumpf, ministre des villes hanséatiques à Paris. Le président actuel de l'œuvre est M. O.-F. Krauss; son secrétaire, M. Ed. Vaucher.

Ed. Vaucher.

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