‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 62 sur 326 · SOCIETE EVANGELIQUE DE GENEVE · texte numérisé non relu

SOCIETE EVANGELIQUE DE GENEVE

Fondée en 1831, la Société évangélique de Genève, comme le dit l'article 1er de ses statuts, a pour but de travailler à l'avancement du règne tic Dieu. Elle ne se propose donc qu'une chose : prêcher Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. Elle ne se préoccupe ni des questions de nationalité, ni des différences de confession. Bien qu'elle ait son siège à Genève, son principal champ d'action est la France, et elle travaille aussi bien parmi les protestants qu'au milieu des catholiques. Si son but est unique, elle le réalise cependant par des moyens divers : 1° En faisant répandre aussi largement que possible, par des colporteurs, les saintes Ecritures en entier ou par portions détachées, et tout livre propre à instruire dans les choses de Dieu; 2" en plaçant à poste fixe des pasteurs ou des évangélistes dans des localités qui en sont privées; en préparant et en instruisant les jeunes gens qui se destinent au saint ministère dans son Ecole de théologie.

EVANGELISATION

Par la date de sa création, elle est la plus ancienne des Sociétés d'évangélisation en pays romand et fiançais. Dés la première année de son existence, la Société évangélique, qui avait institué à Genève un culte, une école du dimanche, (les écoles de la semaine, débutait en France par le colportage des Livres saints. Sept colporteurs, dont quelques-uns étaient français et qui devaienl être bientôt suivis par un grand nombre d'autres, parcouraient les départements du Jura, du Doubs, du Rhône, de Saône-et-Loire. Le succès de leur mission nécessitait en l<S:{/i la fondation d'un département d'évangélisation en France, et dans un remarquable discours le pasteur et professeur Louis Gaussen, un des fondateurs de la Société évangélique, rappelait les devoirs de l'Eglise de Genève envers le pays qui lui avait donné au xvie siècle les Farel, les Saunier, les Froment, les Calvin, les Th. de Bèzc. Trois ministres, puis promptement d'autres encore, la plupart jeunes Français qui avaient fait leurs éludes à l'Ecole de théologie, fondée aussi des 1831, sous la direction des Gaussen, des Merle d'Aubigné, des Galland, des Haevernick, des Steiger, plus lard des Pi Ici et des de Laharpe, créaient les postes de Tournus, de Màcon, de Chalon-sur-Saône , de Sornay, etc. ('/étaient Zipperlen, le futur directeur de l'Ecole de Courbevoie, Hoffmann, Duproix, Gharpiot, que l'on a appelé l'apôtre de la Bresse, etc. Ainsi débutaient dans la grande œuvre de l'évangélisation de la France, peu de temps axant la fondation de la Société évangélique de France, les Tronchin, les Vaucher, les Yicusseux, les Perrot de Pourtalès, les deux frères Gaussen, etc. Depuis son origine à ce jour la Société a fondé successivement en France, dans les départements de Saône-et-Loire, de la Drôme et de l'Isère, de Vaucluse, de l'Ardèche, dans le Poitou, la Vendée, la Saintonge, dans le Roussillon, etc., plus de 120 stations, dont la plupart sont maintenant des Eglises régulières, pourvues de pasteurs, nommés soit par l'Etat, soit par d'autres Associations indépendantes. En 1892 elle dirigeait 14 stations ou annexes dans neuf départements, savoir :

Dans l'ouest, les stations ou annexes d'Aulnay, de Courgé, de Rouillé, de Mouilleron; dans l'Aude, de Narbonne, etc., dans les Pyrénées-Orientales, de Perpignan, etc. ; dans l'Isère, de Grenoble et de Monteyuard, etc. ; dans le Vaucluse, d'Avignon; dans les Alpes-Maritimes, de Nice; dans l'Ain, de Nantua et d'Oyonnax, etc., dans la Haute-Loire, de Sainte-Florine ; dans la Drôme, de Châtillon .

En 1892 aussi la Société évangélique a occupé 70 colporteurs, travaillant dans V.) départements; ces colporteurs sont en grande majorité français.

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