‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 64 sur 326 · POUR LES PROTESTANTS DISSÉMINES · texte numérisé non relu

POUR LES PROTESTANTS DISSÉMINES

La Société genevoise de secours religieux pour les protestants disséminés célébrera cette année le cinquantième anniversaire de sa fondation. Les premières bases de cette œuvre furent jetées par quelques amis de l'Evangile, réunis chez le professeur Munier, le Lcr août 1843, à une époque où, presque simultanément, les chrétiens protestants de France, de Suisse et d'Allemagne sentaient impérieusement l'obligation de venir en aide à leurs frères dispersés en pays catholique. La nouvelle Société se rattacha immédiatement, tout en

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EVANGELISATION

gardant son indépendance, à une Association plus étendue qui t* ta i t alors en voie »lc formation, et qui comprend aujourd'hui les quinze Sociétés de protestants disséminés de la Suisse.

Les souvenirs de la vieille confraternité religieuse qui unit Genève aux Églises de France ne furent point étrangers à la formation de la Soeiété gencvoise. Celle-ci se proposa d'abord comme but « principal et aetucl », disaient ses statuts, de seconder pécuniairement la Société fondée à Nimescn l8.'$8pour l'évangélisation des réformés du midi de la France. C'est à ce rôle modeste d'auxiliaire d'autres Sociétés, mieux placées qu'elle pour surveiller l'emploi de ses subsides, que se borna d'abord l'association. Mais elle fut bientôt appelée à élargir le cercle de son activité.

Des que son existence fut connue. les demandes de secours affluèrent de toutes parts, et, grâce à la généreuse sympathie que la Société n'a cessé de rencontrer dans la population genevoise, elle a pu venir en aide chaque année à un nombre toujours croissant de communautés de disséminés, en France surtout, mais aussi en Suisse, en Autriche-Hongrie et dans quelques autres pays.

Plus d'une fois la Société a dû prendre elle-même l'initiative ou la direction de certaines œuvres. Ainsi, dès les premières années de son existence, elle lit visiter par des pasteurs nos coreligionnaires des départements de l'Ain, du Jura, de la Gôte-d'Or, de la Haute-Marne, etc. Ainsi fut créée la paroisse d Annecy.

Si la Société a pu servir d'une façon efficace la cause de l'Evangile en pays catholique, alors que l'intolérance religieuse semblait devoir opposer à son œuvre d'insurmontables difficultés, elle l'aura dû en très grande partie à l'homme éminen't qui fut son président pendant près de trente années, le pasteur et professeur Munier. Par son dévouement infatigable, ses lumières, ses relations personnelles 1res étendues, ce chrétien distingué a rendu à la Société d inestimables services. Rappelons que M. Munier, qui mourut en 1872, eut pour dignes successeurs les regrettés pasteurs Frédéric Le Fort, secrétaire depuis 1843, président de I87'i à 1886, et Théodore Claparède, secrétaire, viceprésident, puis président, de 1864 à 1888.

Le total des ressources dont a pu disposer la Société pendant les quaranteneuf ans de son existence dépasse la somme de 1 ,0.*>0,000 fr. Les deux tiers de «elle somme on1 été employés en faveur d'oeuvres françaises. Les subsides ont eu des destinations fort diverses : traitements de pasteurs et d'instituteurs,

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