‹ Les œuvres libertines. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 50 sur 155 · LVIII LA VIE DE CYRANO DE BERGERAC · texte numérisé non relu

LVIII LA VIE DE CYRANO DE BERGERAC

livres dix sols, dont soixante-huit au sieur de Lescolle, marchand drapier ; quinze livres dix sols à François Gervais, tailleur ; quatorze livres à Michel Crespinet, cordonnier; cinq livres dix sols pour un chapeau de deuil ; sept livres dix sols pour jarretières, aiguillettes et crêpes ; quatre livres dix sols pour un grand bas de serge à botter ; trente sols pour un autre bas de chausse de treillis noir. Abel ne dépensa que cent dix livres dix sols ; la différence porta sur le cordonnier : huit livres, au lieu de quatorze livres.

La réputation de solvabilité des deux héritiers de M. de Mauvières était si douteuse que le médecin, Du Chesne, se faisait payer à chacune de ses visites. Elie Pégou, en bon confrère, Tavait probablement prévenu de ses propres déboires.

La longue maladie d'Abel de Cyrano avait nécessité d'adjoindre à sa servante une jeune fille : Françoise Jourdain et son ancienne domestique Geneviève Blondeau (1), pour le veiller tour à tour. Françoise reçut dix livres, et Geneviève douze livres pour quatre mois de gages, et, en outre de ses gages, un ciel de lit de tapisserie rouge et noire, rideaux, dossier, bonnes grâces de serge d'Aumale rouge, haut-de-chausse de vieux drap couleur de biche, pourpoint de cuir, et un vieux manteau de deuil. Ces dernières libéralités des deux frères sont à leur honneur.

Les exécuteurs testamentaires d'Abel de Cyrano devaient se heurter, dès le premier jour, à de sérieuses difficultés. Nicolas Choppin, avocat en Parlement, fit apposer les scellés sur « le cabinet et autres endroitz » de la maison dudit défunt, sous le prétexte que le sieur de Mauvières était son débiteur au jour de son décès de cinquante livres de rente, qu'il tenait par transport de M* Camus, huissier, son beau-père. Les oppositions faites auxdits scellés ne furent levées qu'un mois et demi après, (c 9 mars. De plus, Abel 11 de Cyrano, âgé seulement de vingt-trois ans, étant mineur, le Bailli du Palais rendit, le 6 mars 1648, une sentence lui désignant pour curateur notre Savinien Cyrano de Bergerac. L'inventaire de la succession, commencé le 11 mars par devant maîtres Cartier et Quarré, notaires au Châtelet, se termina le 15 du même mois, en présence

(1) Voici un acte des Archives de Seine-et-Oise concernant Geneviève Blondeau : « Promesse et contrat de mariage entre Pierre David, marchand tanneur à Chevreuse, d'une part, et Geneviève Blondeau, servante d'Abel de Cyrano, d'autre part, 28 février t630. » [t. 47) (E 6.586)

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