‹ Les œuvres poétiques d'André de RivaudeauChapitre 20 sur 35 · FIN DE LA TRAGEDIE · texte numérisé non relu

FIN DE LA TRAGEDIE

D'ANDRE DE RIVAVDEAV

Gentilhomme du bas Poictou CONTENANT LES COMPLAINCTES

A ANTOINETTE D'AVBETERRE

TRËS-VERTVEVSE DIME DE SOVBIZE

sEa Dame, s'il me pouuoit arriuer d'oublier Z quelquefois les biens et faueurs qu'il vous ^ a pieu me faire, ie ne penseroy pas pouuoir après honnestement viure. le mettray peine de les recognoislre non pas selon leur mérite, mais selon la mesure de mon pouuoîr. Au temps que vous feistes quelque seiour à Poitiers, vous daignastes estimer le peu de lettres que î'auoy en ceste grande ieunesse, et pour ce respect vous me feistes beaucoup de plaisirs et courtoisyes es affaires où i'employé vostre crédit pour mes amis , tant vers M™* de Sauoye qui estoit alors encore en France, que vers M™" de Crammont. Vous me feistes cet honneur de luy présenter à ma requeste l'œuure chrestien d'Albert Babinot, el l'auancer par vostre tesmoignage et recommandation. Toutes ces obligations me semblent si grandes , que

je n'en veux iamais estre quite , et si ne désire rien tant que de m'en deslier par vne infinité de seruices, pour le moindre desquels ie vous voué la portion qui me contente mieux, et que i'ay la plus chère de toute mon œuure. le suis bien marri que c'est en la partie moins sérieuse de mon estude et de mes lettres, vous suppliant prendre en bonne part la petitesse de mon présent , attendant que ie traite les plus graues choses et plus dignes de ma profession , que i'espere faire paroistre quelque iour en la parole et à la gloire du Fils de Dieu, que ie prie, Madame, bienheurer vostre excellente vertu et de vous donner très- longue et très-heureuse vie, pour le soulagement de tant d'hommes qui se maintiennent par vostre bienfait.

A la Groizardiere , le second iour de may 1565.

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