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« de n^étre pas plus bête qu'nn autre. » Dan» les rates moments de loisir que lui laissait la clientèle da pti* tron, il se mît donc à lire et à écrire, à écrire, pals'à lire. Son opiniâtreté lai réussit.
Il pensa alors ^ à se mettre à son compte, » c'est^-à-* dire à fonder un établissement dont il fàt maître et seigneur^ et comme la pierre angulaire de tout établissement est une femme, il se maria d'abord. Le fait eut lieu le 28 messidor an ii. Pierre trouva dans Marie-Madeleine MaroUes une femme simple et pauvre comme lui, mais non moins énergique et bonne. Quelques mois après, une boutique de maréchaUferrant s'ouvrait à Matbanvilliers , et le nom de Pierre Genty s'étalait en grosses lettres et en fer-à-cheval au-dessus de la porte.
C'est là, — qui le croirait? — que les honneurs terrestres vinrent assaillir Pierre. Le Directoire te nomma maire de Matbanvilliers. Le bon marécbaI4errant n'en fut point du tout enorgueilli et ne négligea pas un instant ses anciens administrés pour les noti* veaux. D'ailleurs, l'extrême fécondité de Marie-Mnkte^ leine y eût mis bon ordre. Les boucbes se multipliaient, chaque année, au logis, et pour y fournir, il fiUlaif , bon gré, mal gré, ferrer, ferrer toujours.
La petite commune de Matbanvilliers n'offrit bientôt
p!«i^ as^ezde ressources. 11 la fallat quitter^ Vers 1809, Pierre tranâporta son établissement à Armentières (F/Qire;).
Ici, tout change de face. On a du travail, et les enfants, déjà grands, mettent à leur tour la main au marteau. Le chef de la famille connaît enfin le repos*, il en profite...
Hélas ! il n'en devait pas profiter longtemps. Le 10 juin 1821, Pierre Genty est atteint d'une fluxion de poitrine, et le 16, il meurt, à peine âgé de 51 ans. . Cette existence, on le voit, n'a rien que de très-ordinaire. C'est celle de tout homme né pauvre. Cependant elle se détache des existences ordinaires en un point. Pierre Genty était poète, poète à sa manière. « Je n'étais pas, dit-il dans l'une de ses épitaphes (il a'efi est consacré deux), je n'étais pas le maréchal des poètes-, mais j'étais le poète des maréchaux. » Ce jugement qu'il porte sur lui-môme est vrai et donne la mesure de son rare bon sens. La poésie de Pierre Geitlty semble, en effet, écrite sur une enclume et à gm0<jb& coups de marteau. — Mais qu'importe? La poésie, de quelque façon qu'on l'entende et dans qiAelqilie < langue qu'on l'exprime, n'est-elle pas toujours la poésie?...
î^0m. n'avons point connu Pierre Genty. L'aïeul
était déjà sorti de ce inonde, quand le petit-fils y entra. C'est l'un de nos regrets.
AcH. Gentt.
Paris, fe <8 novembre 1862.
L' BAON GUIEU Z-ÊE BAON