‹ Les œuvres poétiques en patois percheron de Pierre Genty, maréchal-ferrantChapitre 31 sur 44 · LA GRENOUILLE ET LE BOEUF · texte numérisé non relu

LA GRENOUILLE ET LE BOEUF

Un jour, une jeune Grenouille , grosse au plus comme un œuf, vit un bœuf si pourri gras, tellement dodu , qu'il en faisait, ma parole, craquer sa culotte. Celait un manger digne du bon Dieu.

Aussitôt (il fallait qu'elle fût ivre), aussitôt la voilà qui se travaille, qui s'enfle, qui se gonfle de vent ; jamais on ne vit rien de plus singulier.

— « Je suis grosse comme lui, » faisait-elle ; « plus grosse...» — « Pas encore, ma fille, t> lui répondit de dedans la verdure une Grenouille plus âgée qui souriait. — « M'y voilà ! » —

« Pas encore. » — La triple bète en fit tant et tant à sa tète qu'elle finit par se rompre toute la peau, se creva la panse et tomba dans l'eau.

Certains, qui veulent manier la plume, feraient mieux, comme moi, de battre Tenclume. Je n*en sais pas long, mais cela ne fait rien : au moins, ce que je fais, je le fais bien.

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