‹ Les œuvres poétiques en patois percheron de Pierre Genty, maréchal-ferrantChapitre 41 sur 44 · MON TESTAMENT · texte numérisé non relu

MON TESTAMENT

Un feu me ronge la poitrine; maintenant, pour le sûr, je n'irai pas loin. Adieu, vous tous, voisins et voisines. Il faut^ sans retard, faire le grand chemin. Il le faut! mais, en vérité, c'est rude ; si je le fais, c'est sans mon aveu. Franchement, je crois cette route-là bien laide... A la volonté du bon Dieu!

Auparavant, il faut régler ses comptes avec ceux qu'on laisse derrière soi. Procédons-y, quoique, à mon avis, cette besogne-là n'ait rien de bien gai

Je ne meurs pas aussi riche qu'un évéque; mais, si je meurs sans sou ni maille, sur ma maison pas d'hypothèque ;

c'est quelque chose par le temps qui court. Bois, au grenier, du cidre en cave ! Mes enfants, vous avez de quoi faire du feu et de quoi faire bouillir la marmite.,.. A la volonté du bon Dieu!

Maintenant, mes enfants, que j'ai fait le notaire, qu'on courre chercher M. le curé ; j'ai à lui conter quelque chose : avant de mourir, il faut tout régler. J'ai mille fois ferré sa bourrique; à lui à me ferrer, cela m'est dû. Je lui donne à mon tour ma pratique... A la volonté du bon Dieu!

APIGRAM

ËPIGRAMME

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