‹ Les oiseaux dans les harmonies de la natureChapitre 36 sur 54 · OISEAUX SÉDENTAIRES ET OISEAUX DE PASSAGE · texte numérisé non relu

OISEAUX SÉDENTAIRES ET OISEAUX DE PASSAGE

Il est de principe que l’élimination ne doit pas être moins permanente que la production. Aussi, dans notre vallée, les oiseaux comme les insectes, les mammifères et les poissons appliquent-ils et proportionnent-ils constamment leurs éliminations à la variété et à l’abondance de la production.

Pour l’accomplissement et la régularisation de ce travail, nous avons des oiseaux sédentaires et des oiseaux étrangers qui, à certaines époques,, viennent prendre part aux travaux des sédentaires.

Cette répartition des travailleurs ailés, si favorable à la production de notre vallée, n’est qu’une fraction ou partie de combinaison d’une répartition beaucoup plus générale et essentielle à la régularisation des éliminations dans l’Europe et dans l’Afrique.

En effet, en raison de son organisme, l’oiseau

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n’eût pu, quand viennent la disette et la gelée de riiiver, s’enfoncer en terre et s’engourdir comme les insectes ; d’un autre côté, le privilège qu’il a de voler lui rend faciles les plus grands déplacements. 11 était donc naturel d’utiliser la rapidité de cet agent, non-seulement pour les éliminations qui nécessitent de fréquents déplacements dans une même contrée, mais encore pour celles qui exigent des voyages de long cours.

C’est ainsi que la plupart des oiseaux du Nord, quand l’hiver vient, descendent en France, en Algérie, en Guinée, et même quelques-uns dans le sud de l’Afrique, pour revenir au printemps dans leur pays natal.

Le besoin, de la part des oiseaux de passage, de pousser des explorations sur de grandes surfaces, quand le moment est favorable, afin de déterminer, d’après la saison et le temps^ quels doivent être les lieux les plus propices aux passages et aux stations, nous amène aussi en automne, en hiver et au printemps, quelques oiseaux de l’Orient, du Midi et de l’Océan.

L’oiseau ne stationnant que là où il trouve une nourriture facile, c'est-à-dire là où il y a surabondance, il s’ensuit que, dans notre vallée, comme partout, au moment où une partie des sédentaires est elle-même éloignée pour ses migrations, les éliminations sont parfaitement régularisées.

Une centaine, tel semble être, avons-nous dit, le nombre des industries principales et distinctes aux époques où l’élimination est en pleine activité.

En effeG à l’automne, les migrations hivernales dans le Midi d’oiseaux plus ou moins nombreux.

appartenant à 130 environ de nos 139 espèces sédentaires ; l’arrivée, les passages et les stations variées et le plus souvent alternées de 147 espèces des parties septentrionales, orientales, méridionales et occidentales de l’Europe, se combinent de telle sorte que ce chiffre de la centaine est toujours atteint.

A certains moments de Tautomne et du printemps, nous avons beaucoup plus de cent espèces d’oiseaux; mais presque toutes viennent plutôt continuer, par des procédés un peu différents, le travail interrompu par le départ de nos sédentaires, qu’en accomplir un nouveau.

Avec les rigueurs de l’hiver, les travaux de l’élimination diminuent très-sensiblement. Pendant les gelées et les neiges, je n’ai constaté qu’un très-petit nombre d’espèces.

C’est grâce à cette répartition de travaux, opérés, d’après les saisons et les jours, par nos sédentaires et nos voisins souvent éloignés, que les éliminations se régularisent et s’équilibrent aussi bien dans les grandes régions qui nous avoisinent que dans la nôtre.

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