‹ Les oiseaux de l'est du Canada [microforme]Chapitre 60 sur 102 · FAMILLE—ALCEDINIDÆ. MARTINS-PÊCHEURS · texte numérisé non relu

FAMILLE—ALCEDINIDÆ. MARTINS-PÊCHEURS

Attendu qu'il n’y a qu’une seule espèce de cette famille au Canada la description de cette espèce servira pour la famille entière.

390. Le Martin-pêcheur. (BELTED KINGFISHER). Ceryle alcyon. L, 13:02. Planche XVII B.

Traits distinctifs. Avec sa grosse touffe hérissée et son dos ardoisé, le martin-pêcheur ne peut guère être confondu avec aucun autre oiseau d'Amérique. Les pieds faibles, les trois doigts en avant avec les deux extérieurs réunis (figure 36, P. 26) sur la moitié de leur longueur, et les surfaces singulièrement grossières des doigts sont des signes distinctifs des marins-pêcheurs.

Indications sur le terrain. Sa huppe hérissée et sa grosse tête, sa coloration générale et son habitude de rester perché sans mouvement au bout d'une perche surplornbant la rivière, puis de plonger avec fracas, permettent de reconnaître facilement le Martin-pécheur à l'état vivant.

Nid. Ordinairement sur le sol, à l'extrémité d'un tunnel percé dans le paroi d'un talus. Habitat. Toute l'Amérique du Nord: couve partout où il se trouve au Canada.

Tous les habitués des eaux Canadiennes connaissent le martin-pécheur.

l' s'installe immobile sur une perche qui domine la rivière, afin de guctter le Poisson qui peut se trouver au-dessous. Tout-à-coup il s’enlève. rest suspendu un moment dans l'air et se précipite dans l’eau avec grand fracas Pour remonter un instant après avec un malheureux poisson dans son large bec et disparaît au tournant du cours d’eau. Dans la région qu’il fréquente journellement le martin-pécheur connaît toutes les perches ou les branches du haut desquelles il peut avoir une bonne vue sur ses lieux de pêche. I] ne fréquente pas seulement les cours d'eau, on le remarque également au bord des étangs, des lacs et même de la mer. Ces oiseaux pêchent quelquefois à des distances considérables de leurs nids et souvent on les aperçoit

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dans des endroits où les talus dont ils ont besoin pour faire leurs nids sont rares. Cependant ils s'adaptent aux conditions qui se présentent, si bizarres soient-elles; ils utiliseront, par exemple, la terre qui s'attache aux racines d'un arbre renversé ou les paroïs d'un fossé d'égouttemeut.

Valeur économique. Le martin-pécheur se nourrit de menu poisson et l'on ne saurait dire sans hésitation si oui ou non cela constitue un grave danger au point de vue économique, Les tout petits poissons que capture cet oiseau dans nos grands cours d’eau, étangs ou lacs, sont certainement sans importance mais lorsqu'il fréquente les petits ruisseaux à truite réservés, il peut parfois commettre des dégâts sérieux. Leur influence sur les grandes rivières où l'on pêche le saumon est moins évidente. Ordinairement le poisson qu'ils prennent se compose de petites perches, ablettes barbeaux et autre frétin qui fréquente les eaux chaudes de surface où peu profondes. Le nombre de poissons-gibiers qu'ils prennent ne saurait être bien grand. Quant aux eaux réservées à la culture de la truite, c’est une autre question. Les poissons dont ils se nourrissent en ces endroits sont relativement assez gros et, même s'ils ne sont pas très nombreux, le pêcheur à la ligne ne peut Pas voir cet oiseau d’un bon œil.

Sur les rivières à saumon les martins-pêcheurs sont très mal vus et les gardes-pêche s’'emploient ordinairement à en réduire le nombre par le fusil et au piège, chaque fois que l’occasion s’en présente: ils offrent même des primes pour leurs têtes et leurs nids. On peut se demander jusqu'à quel point ils ont raison, Dans beaucoup de ces cours d’eau les poissons ne trouvent guère d'autre nourriture que les plus petits individus de leur propre espèce. Tous les gros poissons, sauf les reproducteurs du printemps, se nourrissent des petits. Le fretin se nourrit évidemment de micro-0organismes et de planctons, de saumoneau, ct ainsi de suite. Ce sont les saumoneaux que prend le martin-pêcheur. Or, si le nombre final de saumons adultes dépend des saumon ‘aux, si le saumoneau constitue la phase critique de la vie du saumon, au delà de laquelle ses chances de survivre sont considérablement augmentées, le martin-pécheur est susceptible de commettre des dégâts appréciables; mais si, d'autre part, cette phase critique se produit plus tard, pendant la vie marine du poisson, par exemple, le résultat de l'enlèvement de même un nombre considérable de digitales sera sans importance. De toute façon il faudra plusieurs martinspêcheurs pour faire autant de tort qu'un seul relativement petit poisson dans les eaux fréquentées par le saumon. Il st ble aonc que le bien et le mal se contre-balancent à peu près dans le cas du aartin-pêcheur.

Ordre—Pici. Pics.

Ce groupe répandu par tout le monde est une division plutôt hétérogène Comprenant de nombreuses subdivisions et les Opinions sont très partagées quant à leurs exactes relations. Il n’exist > au Canada qu’une seule famille de cet ordre—Picidae, les Pics.

FAMILLE—PICIDÆ. PICS.

Description générale. Les pics sont des oisaux faciles À reconnaître. Ils ont soit trois soit quatre doigts, et, comme chez les Coucous, deux sont situés en avant et sont armés d'ongles recourbés leur permettant de bien se cramponner après l'écorce rugeuse des arbres. Chez l’un des groupes celui des pics À trois doigts, l'un des doigts postérieurs fait défaut. Le bec est droit, fort et se termine en forme de ciseau (figure 41, p. 27). La queue est bien développée, pas remarquablement longue mais forte et hérissée, usée par le frottement contre les rugosités de l'écorce.

Traits distinctifs. Les particularités des pieds, du bec, et de distinctifs,

la queue constituent de bons signes

Indications sur le terrain, Cet oiseau grimpe sur les arbres; vole par une série de coups d'ailes

rapides interrompus par de Courtes pauses, ce qui donne à son parcours une direction onduleus formant comme une succession de festons.

Nid. Dans des trous creusés dans les arbres ou dans les souches.

Le pic est très connu par sa faculté de se maintenir avec ses doigts sur des surfaces verticales ou surplombantes. Son fort bec en forme de coin se prête admirablement à la perforation du bois d'où il peut extraire des larves de xylophages ou autres insectes, La langue est modifiée en une longue lance extensible munie d'une pointe aigue et armée de barbes minuscules lui permettant de retenir sa proie transpercée et l’extraire du bois. Les os hyoïdes sont tellement longs qu’à son état normal de repos, ils s’enroulent par dessus la base de la tête, le long de la Couronne, et, chez certaines espèces, pénètrent les narines au-dessous de l'étui du bec °t er n appuient leurs extrémités près de la pointe du bec. Pour leur faciliter ,e travail la langue est enduite d' ne matière visqueuse à laquelle se prennent les petits insectes. Quelques-uns de ces Oiseaux, par exemple les «pic maculé» qui ont le bout de la langue élimé de façon à ressembler à une sorte de brosse qui doit servir évidemment à recueillir la sève.

Valeur économique. Il ne peut guère y avoir de doute quant à l'utilité des pics, si l’on excepte le pie maculé. Ils sont presque entièrement insectivores. Ils poursuivent les vers percebois en formant des trous même dans des arbres d'apparence saine et sont ainsi plutôt utiles que nuisibles,

393. Le Pic chevelu. (HAIRY WOODPECKER). Dryobates villosus. L, 9.40. esque exactement semblable à l'espèce suivante mais Plus gros. Planche XVIII A.

Traits distinctifs. Le pic minule est la seule espèce avec laquelle on peut confondre cet oiseau. est surtout par la taille qu'on le reconnaîtra, Mais il y a aussi le blanc des plumes extérieures de la queue qui est intact au lieu d'être rayé de noir.

Indications sur le terrain. La coloration blanche maillée de noir caractérise le genre, et c'est par la taille qu'on le distingue du pic minule.

Nid. Dans des trous approfondis dans des arbres sains ou des souches.

Habitat. Le pic chevelu avec ses diverses sous-espèces se trouve dans toutes les régions boisées du Canada et couve partout sauf peut-être dans les parties méridionales de l'Ontario. SOUS-ESPÈCES. Cette espèce, dans l'est du Canada, comprend deux races géographiques le pic chevelu de l'Est qui est l'oiseau type, et le pic chevelu du Nord, D. ». leucomelas. ( dernier est ordinairement mais improprement représenté comme l'oiseau du Canada méridional Il est légèrement plus gros et habite plutôt le nord, il s'avance seulement Par accasion dans +: régions habitées, en hiver, mais ne se montre peut-être jamais dans la région des grands lacs in

férieurs.

Le pic chevelu est nommé d’après ses plumes blanches sur le dos, lesquelles retombent sur les bordures noires d’une manière éparse et lâche de façon à représenter Vaguement une touffe de cheveux. C’est l’un des pic: communs et il représente bien le type de la famille par ses habitudes. On ne le rencontre pas aussi familièrement autour des habitations et des vergerque le pic minule, car il préfère les bois aux vergers et aux arbres feuillus.

Valeur économique. Le 77 pour cent de la nourriture de cette espèce se compose d'insectes; ce sont en partie des escarbots mais il Y a aussi des fourmis, des silphes et des mouches à scie; le 22 pour cent se compose de matière végétale, Presque entièrement de fruits sauvages,

394. Le Pic minule. (DOwNY WOOD-PECKER). Dryobates Pubescens. L, 6.83. Planche XVIII A.

Traits distinctifs. Le pic minule se distingue du précédent par 8

; L a taille plus petite, et les rayures noires sur les plumes extérieures de la queue.

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Indicetioms sur le terrain. La taille est la meilleure indication. Nid. ans des trous creusés dans des arbies morts et dans des souches.

… Habitat. Le pic minule avec ses diverses sous-espèces occupe toute la zone tempérée de l'Amérique et couve au Canada partout où il s trouve.

SOUS-ESPÈCES. Cette espèce comprend plusieurs races géographiques, celle de l'est du Canada—le pic minule du Nord, D. p. medianus—ne se distingue de l'oiseau type que par une légère différence de taille.

Le pie minule est notre pic le plus commun. Il vient tout près des maisons et se sent tout à fait à l'aise dans les vergers et au milieu des arbres ombreux des villes et des pares. Comme il habite le Canada toute l'année, c'est un oiseau particulièrement utile au cultivateur.

Valeur économique. Ce pic étant le moins sauvage de toutes nos espèces et se rapprochant des fermes et des habitations où il rend les plus grands services, est un oiseau extrêmement précieux. En fouillant dans toutes les fentes et crevasses des arbres feuillus et des arbres fruitiers, et en les perforant pour extraire les insectes qui sont plus au fond, cet oiseau complète très bien le travail des mésanges et des sittelles. De fait, ces trois espèces voyagent souvent en compagnie pendant l'hiver et très peu d'insectes sont oubliés quand toutes les trois travaillent ensemble. L'alimentation du pic minule est la même que celle du pie chevelu, mais, comme l’on pourrait s’y attendre en raison de sa plus petite taille et de sa présence plus commune en été, elle comprend un plus grand nombre des plus petits insectes. Ce sont les divers coléoptères qui composent la majeure partie de sa nourriture et elle capture plus de larves de teignes, y compris {a teigne des tentes et la pyrale des pommes.

400. Le Pic arctique. (ARCTIC THREE-TOED WOODPECKER). Picoides arcticus. L, 9-50. Plarche XVIII B.

Traits distinctifs. Ce pic n'a que trois au lieu de quatre doigts et le dos est d'un noir uniforme.

Indication sur le terrain. Si l'on excepte le pic à tête rouge, c'est le seul pic à dos noir de l'est du Canada. On reconnatt l'espèce à son dos noir et le genre À la tache jaune sur la couronne du mâle. (Planche XVIII B).

Habitat. Les forêts de conifères du Nord. et vers l'ouest jusqu'aux provinces des prairies.

C’est un oiseau des forêts de conifères du Nord, qui se présente rarement à la vue d’un observateur ordinaire sauf sur les confins des régions habitées où il apparaît régulièrement.

Valeur économique, Ce pic devient plus important pour la protection des forêts de conifères contre les fléaux d'insectes importés ou autres qui ont considérablement augmenté en ces dernières années.

401. Le Pic d'Amérique. (AMERICAN THREE-TOED WOODPECKER). Picoides americanüs. L, 8-75. Presque absolument semblable au pic arctique, sauf que le milieu du dos est rayé de blanc.

Traits distinctifs. La couronne jaune chez le mâle est un signe distinctif du pic d'Amérique. On peut distinguer cette espèce de la précédente par son dos rayé de blanc au lieu d'être tout noir. Si l'on excepte le pic À ventre rouge, c'est le seul de l'espèce dans l'est du Canada qui ait le dosrayé.

Indications sur Le terrain. La couronne jaune du mâle et les raies blanches au milieu du dos.

SOUS-ESPÈCES. C'est le pic d'Amérique de l'Est—La race type de l'espèce—que l'on rencontre dans l'est du Canada. Dans l'Ouest, il présente d'autres formes.

C’est un oiseau beaucoup plus rare que le précédent mais il lui est identique au point de vue des habitudes et de l'habitat ; il y en a cependant des sous-espèces répandues dans les montagnes de l'Ouest.

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Par suite de Ja destruction inmodérée de ce Magnifique oisenu qui était autrefois très répandu, on ne le trouve plus Maintenant que dans les parties retirées des forêts du Nord, Le No Vulgaire de +4 ‘ock-ofthee Woods" qui lui est assigné est devenu Par Corruption dans le Nord, ‘Wood. cock”" et l'emploi de ce nom pour cette espèce est une source de confusion et de malentendus. Le pie à huppe écarlate n'est pas proprement dit un un oiseau gibier: il] n'est pas ‘tenu en arrêt par le chien”, ne peut pas être chassé par les méthodes habituelles des chasseurs et il est trop petit pour être servi sur In table, mais il est très précieux Pour la conservation des forêts. Il faudrait done une loi sévère pour le Protéger au point de vue tant économique que sentimental.

Valeur économique. Le pie à huppe écarlate

°C Cantonne maintenant dans les régions les plus sauvages,

! Il est Principalement utile pour la Protection des arbres forestiers et, Par conséquent, c'est Un oiseau précieux pour le Marchand de bois. Son régime d'alimentation est à peu près le même que celui des autres pics mais il est plus robuste, ce qui lui permet le creuser plus profondément et d'extraire des larves et des insectes qui sont À l'épreuve d'un oiseau moins Puissant,

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