SOUS-ORDRE—CYPSELI. MARTINETS ET LEURS CONGÉNÈRES
Un sous-ordre très répandu composé d’une famille dont nous n’avons
dans l’est du Canada qu’une seule espèce.
FAMILLE—MICROPODIDÆ. MARTINETS.
Les martinets de l'Amérique du Nord sont divisés en deux sous-familles dont une seule, Chæturinæ est représentée dans l’est du Canada.
Sous-famille—Chaturine. Chætures, Martinets à queue épineuse.
Les martinets forment un groupe d'oiseaux ressemblant superficiellement aux hirondelles, mais ils sont d’une structure très différente, la similitude étant occasionnée par des besoins communs et non par des rapports mutuels. Nous donnons, sous le titre spécifique qui suit, une description qui s'applique à la famille entière.
423. Le Martinet des cheminées. (CHIMNEY swirr). Chæœtura pelatica. L, 5-43. Planche XXI B.
La couleur brun de suie uniforme devenant plus claire à la gorge et plus foncée
e pour faire reconnaître l'oiseau. On le reconnaît aussi tout de suite À ce
que les tuyaux des pennes de la queus (figure 39, p. 27} dépassent les barbes sous forme d'épines hérissées et aiguës.
Indications sur le terrain. Leurs singulières ailes, longues, étroites, en forme de massue, que l'on remarquera très bien dans l'illustration; le battement rapide et presque continu des ailes; la coloration profondément foncée; et l'habitude de pénétrer dans les cheminées sont des signes distinctifs et caractéristiques.
Nid. Autrefois dans le tronc des arbres creux ou dans une fissure de rochers et, maintenant, sur la majeure partie de son habitat, dans des cheminées abandonnées. Le nid est une solide structure de buchettes cimentées ensemble au moyen d'une glu naturelle sécrétée par les glandes salivaires. Les nids comestibles qui sont si recherchés par les épicuriens chinois se composent d'un
Habitat. L'est de l'Amérique septentrionale en allant au nord jusqu'aux limites des terres
C’est une espèce intéressante, ressemblant à l’hirondelle quant à son apparence extérieure et à sa manière de Poursuivre les insectes, mais elle est d’une structure bien distincte de celle de l’hirondelle. C’est un curieux exemple d’un développement parallèle de caractères absolument différents déterminé par des besoins de même nature. Les habitudes de cet oiseau ont complètement changé depuis l'apparition de j’homme blanc, et, après avoir abandonné les arbres creux, il ne compte plus guère maintenant que sur les cheminées pour y établir son nid. On ignore où ce martinet va passer l'hiver. Il ne faut pas cependant exagérer ce mystère, car il y a un grand nombre de martinets dans l'hémisphère occidental qui ressemblent beaucoup à celui-ci et on l’a probablement perdu de vue dans ses refuges d’hiver ou confondu avec des congénères étroitement alliés. Le martinet est la plupart du temps au vol et s’arrête rarement pour se reposer sauf dans une cheminée ou un autre creux. A l’automne, avant la migration, de grands nombres se rassemblent et, vers le soir, viennent s’abriter dans une vaste cheminée pour y passer la nuit. On peut les voir, sur la brune, sillonner l'air en tous sens auprès de la cheminée de leur choix. et, lorsque le soleil se couche, tournoyer jusqu’à ce que, ayant redressé leurs ailes verticalement au-dessus du dos ils se laissent tomber en battant des ailes dans ce refuge de nuit les uns à la suite des autres comme dans un semblant de gouffre en miniature, Ils se cramponnent en masses, par centaines, aux parcis verticales de la cheminée comme autant d’amas de suie. Parfois il en est un, mal affermi, qui se détache et tombe de quelques pieds en faisant lâcher prise à d’autres au-dessous de lui. On entend un moment battre des ailes, puis un résonnement de fines brisures qui tombent jusqu’à ce que les oiseaux se cramponnent de nouveau et s'installent pour la nuit.