‹ Les oiseaux de la province de Québec [microforme]Chapitre 72 sur 92 · BARN SWALLOW · texte numérisé non relu

BARN SWALLOW

Adulte 4. Parties supérieures d'un bleu d'acier lustré, avec

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les ailes et la queue noirâtres, faiblement teintées de la couleur du dos ; queue très fourchue : toutes les pennes, à l'exception de celles du centre, portent une tache blanche vers le bout au bord intérieur : front, menton et gorge d'un brun roux foncé : reste des parties inférieures d'un blanc roux ou châtain clair, avec un collier interrompu sur la poitrine, d'un bleu d'acier ; couvertures inférieures de la queue, d'un brun roux. Longueur 575-775; ailes 4.60- 4.90 ; queue 3.70-4. 10.

La © est semblable au 3, mais sa livrée est moins vive.

Les jeunes lui ressemblent ; mais ils sont peu lustrés : le plumage est plus obscur et la queue est à peine fourchue.

L’Hirondelle des granges habite l'Amérique septentrionale et niche depuis le Mexique, au nord, jusqu’au pays des fourrures. A l'automne, elle émigre jusque dans l’Amérique centrale et l'Amérique du Sud.

Cette Hirondelle se montre commune dans les paroisses environnantes de Québec, à St-Joachim, à l’île d'Orléans, à St-Denis et probablement dans toutes les paroisses de la côte sud du fleuve. M. Wintle dit qu’elle est commune à Montréal, et qu’elle se voit depuis le 19 mai jusqu’au 20 août. Elle est rare à Godbout (Comeau), ainsi qu'à Anticosti (Schmitt).

Semblable à la précédente, elle construit son nid avec de la boue et quelques brins d’herbes ou de paille qu’elle fixe aux chevrons à l'intérieur des granges ou autres constructions, ainsi que dans les fentes de rochers, dit-on ; l’intérieur est garni de plumes; ses œufs sont au nombre de quatre ou cinq et fort ressemblant à ceux de la précédente, La ponte a lieu à la fin de juin ou au commencement de juillet.

On la voit revenir chaque printemps au même nid pour y faire sa ponte.

Comme la précédente, cette Hirondelle est très com. mune dans certaines localités à la campagne ; elle vit également dans une espèce de demi-domesticité avec l’homme qui la protège à cause des services qu’elle lui rend par le grand nombre d’insectes ailés qu’elle détruit.

De son côté, elle aime le voisinage des habitations de la ferme, non seulement pour les insectes qu’elle y trouve, mais encore pour la protection qu’on lui accorde et la facilité qu'elle a de fixer son nid à l’intérieur des granges.

L'Hirondelle des granges est une de celles qui volent et se soutiennent dans l’espace avec le plus de grâce et d'aise, et dans son vol de bas en haut, comme dans ses mille évolutions aériennes, elle exécute tous ses mouvements avec une parfaite aisance, et semble à peine faire des efforts pour les accomplir.

Elle glisse dans l'air avec la plus grande rapidité et rase parfois la surface de l’eau, soit pour y boire ou pour s'y baigner.

De toutes celles qui nous visitent, cette Hirondelle est bien certainement la plus élégante et celle dont le chant est le plus agréable À entendre,

“ Dès le commencement d'avril, dit Maynard, avant que la neige soit complètement disparue, on aperçoit le matin deux ou trois Hirondelles des granges perchées sur le toit de quelques Constructions. Leurs plumes dressées sur leur

à de petites boules. ” Plus tard dans la journée, on en voit quelques-unes voltiger çà et là dans l'air limpide. Et lorsque le printemps est arrivé, on les voit Par centaines poursuivre les petits insectes et faire diverses évolutions aussi rapides qu'élégantes. De toutes les espèces de cette famille, les Hirondelles des Branges, sont les plus gracieuses et chantent le plus délicieusement. Tout le long de l'été elles voltigent au-dessus des prairies verdoyantes et autour des

tures, elles les remplissent de leurs mélodies enchanteresses, et réjouissent de leur ratiage leurs compagnes qui gardent le nid de terre habilement fixé aux poutres supérieures. Les femelles regardent d'un œil attentif À travers les plumes de l’intérieur du nid et font entendre aux moissonneurs de superbes mélodies pendant que ces derniers travaillent à mettre le foin en grange.” (1)

Voici maintenant ce que dit Audubon de cette Hirondelle :

“ Ilest un plaisir bien peu goûté, jouissance cependant que j'ai souvent savourée, et que je ne Manque jamais de saisir

(1) Maynard, Birds of Eastern North America, p, 74.

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toutes les fois qu’elle se présente. ‘Tout est plein de vie: les chaleurs de l'été ont fait mûrir les plantes des champs, les fruits de nos vergers sont tout juteux, et dans nos jardins, les fleurs ont revêtu leur plus somptueuse toilette, leurs plus vives couleurs. Toute souriante, la nature semble Jeter un maternel regard de complaisance et d’admiration Sur cette riche parure dont elle a couvert le sol. Accompagné de ses robustes gars dont il dirige les travaux, le laboureur, levé avec l'aube, promène surses champs, jusqu'à l'heure où midi vient lui Commander un peu de repos, les durs instruments de son État tout à la fois si humble et si grand. Les actives abeilles ont abandonné le calice des fleurs odorantes, qui, penchées sur leur tige paraissent accablées par la chaleur du jour. Les troupeaux recherchent les frais ombrages et sont mollement étendus sous quelque arbre au luxueux feuillage, pendant que les laboureurs assis dans l'herbe épaisse, au bord d’un clair ruisseau, prennent leur frugal TéPas, se Contentant pour toute boisson d'étancher leur soif dans l'onde cristalline qui murmure doucement à leurs pieds. Maintenant tout est repos; un calme sommeil vient clore les paupières, la nature elle-même veut s'associer à l’universel silence, Mais, voici renaître le bruit et la vie, l'heure de l’assoupissement a vécu, et c’est avec un regain de force que chacun reprend sa tâche.

“ Regardons ensemble cette hirondelle qui passe au-

us de nos têtes ; comme elle glisse rapidement tout autour de nous, elle va, revient, et dans son vol, toujours gracieuse, elle fait entendre son gentil ramage, et semble nous conter tout son bonheur. Voici qu’elle vient d'entrer dans la grange, Suivons-la dans ses quartiers d couchés dans le foin vert à l'odeur forte et pén contemplons en silence tout son donc : à tous les chevrons du toi

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nouvelles provisions. Plus loin, c’est encore un nid, mais celui là tout plein du joveux babillage des petits, qui lissent gravement leurs plumes toutes neuves, secouent leurs ailes d'un petit air d'importance et guettent l'arrivée du père et de la mère.—Les voici! Et comme d'un seul élan tous les petits becs sont grand ouverts pour la becquée ; quelle riche provende ! quel festin *—Ouvriers de la onzième heure, retardés par la chute d'un nid devenu trop vieux ou attardés en chemin, un autre couple est laborieusement occupé ici à disposer en rangs pressés, sur le flanc d’une poutre, la terre humide mélangée de brins d'herbes. I] se fait tard, la saison s'avance, mais ils se hâtent tellement qu’ils viendront sans peine à bout de leur entreprise,

“Je voudrais pouvoir compter tous les hôtes de la grange, aussi je vais d'abord dénombrer tous les petits, puis j'ajouterai deux fois le nombre des nids.—Là ! cest fait ! Ils sont plus d’un cent !

‘ La nuit s'annonce, le soleil disparu à l'horizon s’est éteint dans une frange de pourpre qui s’en va mourante. Soigneusement, le maître est venu fermer les grandes portes de la grange. Les dernières hirondelles qui gagnent leur gite rentrent par contrebande, se faufilant sous le toit, là ou quelques planches trop courtes laissent pénétrer un peu d'air dans les fenils. L'obscurité n'est Pas encore assez complète dans le vaste bâtiment pour les empêcher de trouver leur nid. Maintenant perchée sur le bord, chaque hirondelle procède à sa petite toilette du soir. La paix, l’harmonie règnent dans chaque famille, et c’est sans querelle, sans piailleries que chacun prend le repos qu’une longue journée de labeur lui fait doublement goûter. Comme eux, je vais m’endormir dans la fraîcheur des foins coupés pour rêver aux aimés qui tout là-bas m'attendent, me désirent.

“ L’orient est tout rose, rose aussi toute la nature, l'air est calme, pur, délicieux. Comme chassés du nid, les oiseaux s’envolent rapidement ; la grange est bientôt pleine de leur gai ramage. Joyeux, ils vont reprendre leur joyeuse besogne. Qu’heureuse est leur vie; comme est délicieux le monde qu'ils habitent, Ici c’est un petit chanteur qui, tantôt dressé sur l'extrême bord de son nid, d’un air espiègle, semble défier au chant son voisin, et jette À plein gosier

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les notes les plus hautes de son répertoire, tantôt la tête penchée vers sa douce compagne, semble prêter une oreille attentive au tendre gazouillement qu'elle fait entendre pendant qu’elle couve, avec une inlassable sollicitude, ses petits œufs gris perle. Les vaillants ont déjà quitté la grange, ils tournoyent dans les champs, dans les vertes prairies, sur le bord du ruisseau et je vais suivre leur vol. L’herbe est encore tout humide, une dernière goutte de rosée tremble au bord de chaque feuille et le solei: dans toute sa gloire monte rapidement dans le ciel bleu, tandis que la nature comme pour un royal époux déploie devant lui sa merveilleuse parure. Les laboureurs s’en vont à leurs travaux observant les hirondelles dans leur vol ; elles s'élèvent bien haut dans l’espace et leur promettent une belle journée. Des insectes sans nombre bourdonnent partout ; comme l'oiseau ils sont en quête de leur déjeuner et glissent rapidement dans l’air frais et embaumé. D'un imperceptible mouvement de sa queue l’hirondelle les suit, elle s'approche, et, c'est fait: l’un après l’autre les petits insectes sont gobés par l'oiseau qui, sans effort, monte, descend, vole ici à gauche ou à droite en des courbes savantes, s'élance

ailleurs et disparaît en un clin d'œil. Qui pourrait calculer dans une heure le nombre de ces évol utions si compliquées ; je n’en sais rien ; mais ce que je sais fort bien c’est que ce nombre doit être fort élevé, car à vitesse ordinaire, l’hirondelle couvre un mille dans une minute.

“Maintenant sur le bord sablonneux d’un lac ou d'une rivière elle prend ses ébats, elle sautille légèrement, bat des ailes, trempe le bout de ses fines pattes dans l'eau, y plonge avec volupté le bec et relève la tête, semblant déguster en vrai gourmet un vin des meilleurs crus, lisse soigneusement ses plumes, puis d’un vol rapide regagne son nid cueillant au passage les insectes qu’elle rencontre, Mais son nid est peut être inachevé; peut-être encore a-t.il besoin d’urgentes réparations ; voyez-la alors transporter une boulette de terre ou saisir une plume abandonnée là Par une oie stupide ou un orgueilleux coq ; à défaut de plume elle s'emparera d'un brin de foin pour l'incorporer à la terre humide et donner plus de solidité à son manoir.

“La matinée s'avance, la chaleur est accablante, les

animaux ont l'air abattu, l'hirondelle toujours légère, indifférente, passe et repasse au-dessus des troupeaux cachés sous les arbres et fait justice de quelques mouches importunes. Bientôt elle va rejoindre ses petits perchés sur une clôture ou leur enseigne à conserver leur équilibre sur une branche légère. Là, en famille, on commère, on caquette, on becquette; mais tout À coup comme pris de remords à la pensée de tout ce temps perdu, l'oiseau s'élance dans les airs et continue sa chasse.

“ Jeunes et vieilles, les hirondelles se sont assemblées sur le toit de la grange. Les rayons du soleil ont l'air moins brillants, l'automne s'avance et après lui, les froids de l'hiver. Bientôt le faîte de la bâtisse est tout grouillant d’hirondelles, car les voisines, perdues çà et là, sont venues au conseil. C’est alors peut être que les vieux parents expliquent aux petits tout abasourdis qu'il faut s'enfuir bien loin, car le froid engourdit les insectes et fait mourir les oiseaux. Il faut donc courir ailleurs, chercher le bienfaisant soleil. La conversation semble devenir générale, questions et réponses s’entrecroisent et sans doute il ya bien des choses à dire, car de jour en jour le ramage devient plus fort. Des éclaireurs s’élancent en avant enseignant aux novices la course À suivre. Survienne une nuit légèrement froide, le lendemain plus piquante, c'en est assez; et par un gai matin, la troupe s'élève droit audessus des arbres et s'élance en avant. Le grand voyage de la migration est ouvert”. (x)

Genre IRIDOPROCNE, Coues.

Queue non fourchue, mais simplement échancrée, plumage en dessus lustré ; dessous blanc,

Iridoprocne bicolor, (VikiLr.) Coues, 614.

L'’Hirondelle bicolore.

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