‹ Les oiseaux de neige [microforme]Chapitre 8 sur 32 · NOVEMBRE · texte numérisé non relu

NOVEMBRE

Jours de deuil ! plus de nids sous le feuillage vert ! Les chantres de l’été désertent nos bocages ; L'on n’entend que le cri de l'oiseau dans les cages,

Avec les coups de bec sonores du pivert.

De jaunissants débris le gazon s’est couvert ; Les grands bœufs tristemeut reviennent des pacages ; Et la sarcelle brune, au bord des marécages,

Prend son essor pour fuir l'approche de l'hiver.

Aux arbres dépouillés la brise se lamente ; A l'horizon blafurd, l'aile de la tourmente

Fouette et chasse vers nous d'immenses oiseaux gris...

Des passants tout en noir gaguent le cimetière ; Suivons-les, et donnons notre pensée entière,

Pou # un iustant, à ceux que la mort nous a pris!

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Le givre étincelant, sur les carreaux gelés, Dessine des milliers d’arabesques informes ;

à Le fleuve roule au loin ses banquises énormes ; |

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De fauves tourbillons passent échevelés.

M Sur la crête des monts par l'ouragan pelés, De gros nuages lourds heurtent leurs flancs difformes ;

Les sapins sont tout blancs de neige, =t les vieux ormes

Dressent dans le ciel gris leurs grands bras désolés.

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Des hivers boréaux tous les sombres ministres Montrent à l’horizon leurs figures sinistres ;

Le froid darde sur nous son aiguillon cruel,

Evitons à tout prix ses farouches colères ;

Et, le verre à la main, narguant les vents polaires,

Réchauffons-nous autour de l’arbre de Noël !

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