‹ Les oiseaux de proie drame en cinq actes de Adolphe Dennery par mm. Labiche et Arthur de BauplanChapitre 16 sur 103 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

CilA ( EAURAYN VUD. MALGIRON.

MAUGIROR.

Ahçà! dites-moi donc. Madame Bernard...

CBATEAURAVKAHD.

Tenez, mon citer Maugiron, voilà à quoi tou« pensez, vous! Vous dites : Comment ! madame Bernard a une fille, etCiiuUtoi»rayiianl.qui l’a envoyée chez moi, à Paris, avec une recommandation; Ciiaieauraynard, qui m’u fait lui prêter trois fois plus d'argent qu elle ne* pourra jamais ui eu rendre, ne tn u pas une seule fois parlé de celle fille?

MAUGIROR.

C’est vrai, et je désire savoir...

CHATHAU U AYR ARD .

Vous ne saurez rien.

MAUGIROR.

Mais...

CHATEAURAYRAHD.

Mon citer Maugiron, voulez-vous me seconder? je me charge de doubler votre fortune.

■ adoroh.

A quel prix?

CHATEAU n A VR ARD.

Soyez donc tranquille, ce n’est pas au prix de votre délicatesse ! Je ne fais pas de ces marchés-là, rauu cher.

maugiror.

Est-ce à dire qu'entre nous, à nos propres yeux, il 11e nous reste ni probité ni honneur?

C1UTEAURAYRARD, nul.

Oh ! ri fait, il doit nous en rester beaucoup, nous en dépensons si peu !

MAUGIROR.

Enfin, que faut-il faire?

CHAT KAURAYRARD .

D’abord, donnez à madame Bernard tout l'argent qu'elle vous demandera, donnez sam compter à ce jeune Henri de Clarnariu> que nous attendons.

maugiror.

Mais ces messieurs dont vous avez tout à l'heure et cillé l'appétit lui mangeront son argeut et le mien...

CHATEAURATNARD.

Cent mille écus!... Belle misère ! qu'importe qu'il niante celle soiiiioe en folies, en débauche?!, t.e n’est pas son argent qu'il me faut...

mahuhon.

Qu’est-ce donc?

CHATEAURAYNARD.

Silence!.».

(On entend rouler onfi voiture.)

SCftNE VI.

Us Mi»», HKt.KNK, lllf.IIK.SI.. M“ BERNARD.

HIl.tM', KWltnt ‘ft U n*i«a».

Les voilà, ce sont elles, maman.

(M" 1 * Bernard entre par i • fond. .ii.ixjy&i »ur Us bra» de Thème.) M*" HERNAHD.

Miidc ‘inoisclle de Guéraiidu !

THÉRÈSE

Que de mnerciments nous vous dosons, mademoiselle, continu i vous êtes bonnes, vous et madame la duchesse!

Oh ! ne me retnt-rricz pas. . .

M* 1 * BERNARD, *|*I«o»»dI M.iiifiir»* m Clul'jnrataini.

Monsieur Chatcaiiraynurd, mon sieur Maugiron . permettezmoi de vous présenter ma fille...

MAIK.IMON.

le suis fort aise, mademoiselle, de faire voire connaissance.

ClIAIt At’HAX.NARD, ba*.

Comment la trouvez-vous?

MAI '.MON, h»».

Très-belle!

M™ BERNARD

C’est grâce à monsieur, Thérèse, que j’ai pu venir prendre les eaux, et qu’il t’a été permis de venir m v retrouver.

IBEKkSC.

Croyez, monsieur, que nous ferons tous nos efforts pour nous acquitter promptement.

MAUG1ROW.

Prenez garde, mademoiselle, vous allez ino faire penser qu’il vous tarde de vous débarrasser d’un peu de reconnaissance pour moi.

THERESE

Non, monsieur, quand nous nous serions acquittées par notre travail, nous n'en reste' ions pis moins vos obligées.

HLLÉNE.

Votte travail ?

M“* BERNARD

Elle brode comme une fée, le produit de son aiguille s'ajoute chaque jour au peu que nous possédons; sans cela, comment aurions-nous vécu pendant ma longue maladie?

THERESE

Ma mère... je vous eu prie .

IIÉLINB.

Entrez vous reposer, madame Bernard; moi. je garde ruadenioisillc, je la conduirai k ces belles ruines qui sont au bas de la montagne.

M*"* BERNARD

Mais...

HF.IÈNE.

Oh! je n'aime pas qu’on me résiste. Allez , entrez la, près de nia mère... Mademoiselle et moi nous irons ensemble dans la calèche; allons, prenez mou liras...

M we RERNARD.

Moi... que je...

HÉLÈNE

Allons donc! aux eaux, on est entre amis... en famille. .

(Elle conduit M*"* Bernard dan* la mviyiu. Thérèse la regarde avec attendrivvem'-nt.)

H"* BERNARD

Au te voir, messieurs.

MAIGIRON.

Au revoir.

LHAIÉAIRATN.AAU.

Au revoir, madame Bernard, au revoir.

HÉLÈNE, rr^-uni a Tb.'rrtr.

! b bien? qu 'avez-vous donc k me regarde i ainsi ?

THÉRÈSE

n la première fois de ma vie, je voudrais, être autre chose q-t * -impie ouvrière.

P ni quoi donc?

THÉRÈSE

P-.ur pouvoir devenu voire amie.

HELENE

Ll-cc qu’il y a besoin de cela? Venez, parlons. (ziw* must.)

CHATBACRATKARD.

Eli bien?

MAIGIRON.

Je prêterai à I«t mère rie cette belle fille cinq cent» louis, si elle m n . les demande.

CUATEAtRAYNARD.

Mauvais sujet... voilà, comme disait ce monsieur Rennepont, l’oiseau à deux tètes qui sc réveille.

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