THÉ R
Un seul, monsieur!
CHATEAURATNARD, riant.
Rien qu'un?
THÉRÈSE, a»« l w*.
Je dirai que vous voulez sa mort , parce que moi, votre femme... et sa parente à lui, j'hérite de son immense fortune...
CUATEAÜRNATARD , fort*.
Malheureuse!...
THÉRÈSE
Ah ! vous ne souriez plus maintenant !
CHATEAURATNARD, lire énergie.
Qui vous a appris ce secret?... Qui vous a dévoilé ce mystère?... Répondez donc!...
THÉRÈSE
Qu’importe? Il suffit que Je le publie pour mettre la vie de Henri à l'abri de vos coups !...
CHATEAURATNARD.
Vous oserez !. .. Allons donc, je suis fou !... Pour prouver cette parenté, il faut dévoiler votre naissance; il faut déshonorer votre mère!... Vous ne l'oserez pas, vous dis-je!...
Ma mère!.- Mais je ne la connais pas, monsieur... Je sais seulement que mon père était un Clamarins, et j'ai la copie d'un acte qui prouve qu'il m'a reconnue pour sa fille.
CHATEAURATNARD.
Malédiction!... Mais ce sont tous mes secrets!... mais c’est toute nia fortune!... mais c’est toute ma vie qu’elle tient dans ses mains!...
THÉRÈSE
Est-ce que vous avez cru, par hasard, que je vous abandonnerais, sans les dérendre, les secrets de la vie de ceux que j'aime ?.. . Ah ! vous allez fouiller dans les mystères les plus som * bres des familles!... Ah! vous spéculez sur les sentiments les plus sacrés!... ah! vous mettez à prix, vous cotez vilement l'amour d'une mère pour sa fille, le saint dévouement d’une fille pour sa mère!... Vous tordez le cœur à de pauvre*, femmes pour en extraire de l'or, et vous croyez que pas une ne vous résistera, que pas une n’osera relever la tête?... Vous vqps trompez, monsieur , car voilà que je me dresse devant vous, que je vous regarde en face et que je vous crie : « Je vous ai donné mon bonheur!... Je TOUS al vendu ma vie!... J'ai payé votre impôt, monsieur!... mais respectez ma mère !... »
• CHATEAURATNARD.
Avez- vous songé que c'est une lutte sans relâche, sans pitié que vous engagez là ?
THÉRÈSE
Oui. ’ ,
CHATEAURATNARD.
Avez-vous songé que ce mariage, qui nous rive l'un à l'autre, m'a fait votre maître?
Oui.
CHATEAURATNARD.
Que je ne vous ai pas prise par amour, que je ne sais même ns si vous êtes belle, que ma colère est violente et que ma laine est terrible?
THERESE, iw força .
Oui! mais je vaux huit millions, monsieur.
CHATEAURATNARD.
Huit millions!
THÉRÈSE
C'est la fortune de monsieur de Clamarins, celle dont vous voulez me doter.
Elle sait tout...
CHATEAURATNARD, à paru THÉRÈSE.
Et voilà ma force, à moi!... Ah! ah! la belle vie que la mienne ! mon mariage est un empire où je règne en maîtresse absolue! Mes caprices sont désordres, mes ordres sont des lob! car je vaux huit millions!... Époux humble et soumis, vous serez aussi plein de tendre sollicitude!... Si je soutire vous tremblerez pair ma vie... car je vaux... huit millions! Vous parliez de votre haine; mais je puis la braver sans danger, je puis mépriser vos menaces, je puis rire de votre colère, car je vaux huit millions.