‹ Les ombres chinoises de mon pèreChapitre 18 sur 180 · CENDRILLON, LA LÉE · texte numérisé non relu

CENDRILLON, LA LÉE

LA FÉE

Eh bien ! Cendrillon, es-tu contente de moi ?

Oh! ma bonne marraine, qu’est-ce que je vous ai donc fait pour que vous me fassiez tant de bien ?

LA FÉE

Tu étais malheureuse et tu m’as sauvé la vie.

CENDRI L.LON OU LA CHATTE MERVEILLEUSE. - ACTE Ier. 25

CENDRILLON

Oh! c’est sans intérêt d’abord.

LA FÉE

Mais dis-moi : est-ce que cette belle toilette là ne te donne pas envie de sortir pour la montrer ?

CENDRILLON

Dame! c’est bien naturel.

LA FÉE

Et où voudrais-tu aller?

CENDRILLON

Oh ! je sais bien où.

LA FÉE

Allons, parle-moi franchement.

CENDRILLON

Je n’ose pas... mais puisque vous êtes fée, vous devez bien le savoir.

Au bal, où sont tes sœurs?

CENDRILLON

Comme vous avez deviné ça !

LA FÉE

Tu aimes donc bien la danse?

- ACTE Ier.

CENDRILLON

Oh ! ça c’est vrai. Quand j’entends un violon, mon pied se lève de suite.

LA FÉE

Eh bien ! tu iras.

CENDRILLON

Vrai? mais si mes sœurs me reconnaissent.

LA FÉE

Pas plus que si elles ne t’avaient jamais vue, je te l’ai déjà dit.

CENDRILLON

Mais est-ce que j'irai à pied, belle comme me voilà ?

Ce n’est pas mon intention; voilà justement une citrouille, tu vas y entrer.

CENDRILLON

Vous allez me faire rouler au bal dans une citrouille?

LA FÉE

bu m’y fais penser; regarde s’il n'y a rien dans la souricière.

LA FÉE

Oui, vraiment.

CENDRILLON

Est-ce qu’elle va rouler toute seule, sans chevaux ni cocher?

— ACTE Ier.

CENDRILLON (se retourne).

Je vais y voir (elle regarde dans la souricière). Ma marraine, il y a un gros rat et deux souris.

Eh bien! touche-les toi-même avec ma baguette.

CENDRILLON

Moi, ma marraine? Oh! j’en ai trop peur.

LA FÉE

Tu en as peur, eh bien, je vais les toucher moi-même.

(Elle touche la souricière. La citrouille , la table et la souricière disparaissent, ainsi que Cendrillon. On voit à leur place une jolie calèche attelée de deux chevaux avec un cocher, Cendrillon est dedans.)

Tu peux aller, maintenant.

- ACTE Ier.

CENDRILLON

Seule ?

LA FÉE

Je veille sur toi.

CENDRILLON

Je vous en prie, car je ne suis pas plus tranquille qu’il ne faut... tout ca m’a...

LA FÉE

Ne crains rien, mais à une condition, c'est que tu sortiras de la salle au premier coup de minuit.

Au premier coup de minuit, ma marraine?

LA FÉE

Il le faut, et si tu laissais passer l'heure, maîtresse, voiture et cocher, tout reprendrait sa première forme.

CENDRILLON

J’y ferai attention.

LA FÉE

Allons, au revoir.

CENDRILLON

De tout mon cœur.

LA FÉE

Tu m’entends bien? à minuit ! fouette cocher.

CENDRILLON

Un moment, cocher!... Dites-donc, ma marraine, s'il vous prend fantaisie de redevenir chatte d’ici à ce soir, vous trouverez votre panier sous le garde-manger.

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