SCÈNE IV
On entend de loin HARPAGON criant :
Au voleur! à l'assassin! au voleur! au meurtrier (il entre) \ Juste ciel! je suis perdu, je suis assassiné; on m’a volé mon argent. Justice! Qu’est-il devenu?... Qui a pu le prendre?... Ah! mon Dieu, où est-il?... et que ferais-je pour le trouver? Où aller? Mon pauvre argent, mon cher ami, on m’a privé de toi. J’ai perdu ma consolation, ma joie, tout est fini pour moi et je n’ai plus que faire au monde! Sans toi, il m'est impossible de vivre. C’en est fait; je n'en puis plus, je me meurs, je suis mort, je suis enterré. Ah! n'y a-t-il personne qui veuille me ressusciter en me rendant mon argent. Sortons, je veux aller quérir la justice. Allons, vite, des gendarmes, des juges, des prisons, des bourreaux. Je veux faire pendre tout le monde.