Les orateurs de la révolution
La première édition de cet ouvrage, tirée à petit nombre en 1882, est depuis longtemps épuisée. Quand je l'écrivis, j'étais professeur de littérature française à la Faculté des lettres de Poitiers, et je me plaçai surtout à un point de vue littéraire.
Aujourd'hui, je concevrais autrement ces études sur la Révolution française, c'est-à-dire que je les concevrais d'une manière plus historique. J'y appliquerais la méthode avec plus de rigueur, me documentant mieux, usant moins de mémoires rédigés après les événements, m'abstenant davantage déjuger les hommes et les œuvres, visant à une impartialité plus objective.
Je dois dire qu'à relire cet écrit, vieux de près d'un quart de siècle, je ne m'y suis pas toujours reconnu, et il m'a semblé, par moments, que je prenais contact avec les idées et les goûts d'un étranger. J'ai eu l'impression que le style de cet étranger sentait un peu l'huile, à certains endroits, et qu'il y avait là, parfois, quelque gravité juvénile, quelque redondance professorale, un zèle trop ému. Cependant je n'ai rien à changer à l'esprit du livre, aux résultats, aux vues générales. ♦Et il m'a paru qu'il s'y trouvait des faits, des textes, des renseignements dont l'ensemble pouvait être aussi utile en 1905 qu'en 1882.